Mulhouse

L’esclavage moderne qui ressemble à l’ancien

Brève
11/08/2019

Un jeune Mulhousien de 24 ans est dans le coma depuis jeudi 8 Août. Il effectuait une livraison de plats cuisinés pour le compte de Deliveroo, société pour laquelle il est en contrat depuis presque deux mois.

Mais ce jour-là, il fait une très mauvaise chute dans une descente. Il souffre d'un traumatisme crânien important et son état de santé inquiétant nécessite son transfert dans un service spécialisé à Colmar, à l'hôpital Pasteur. Sa famille et ses proches craignent qu'il ne reste paralysé à vie ou lourdement handicapé.

Dans la presse locale, une proche du cycliste qui travaille elle aussi pour Deliveroo dit sa colère contre cette société, dont elle dénonce le système. La cycliste passe en revue ce qui attend le futur prestataire : condition de travail dangereuse, statut opaque, couverture sociale insuffisante.. C'est de l'esclavagisme moderne.

La livreuse détaille le fonctionnement du site. « Sur les réservations de planning, on peut réserver 50 à 55 heures, mais dans la réalité, certains cyclistes réservent jusqu'à 80 heures par semaine... Cela fait plus de dix heures par jour à un rythme de fou. La plupart des livreurs travaillent entre six et huit heures par jour dans des conditions extrêmes.»

Derrière le travail « ultra-moderne » fixé en temps réel par connexion et le mode de livraison en vélo soi-disant écolo, il reste la vieille exploitation et la rémunération à la tâche d’un autre siècle.

Groupe PSA

Opération « les prendre au mot »

Brève
28/07/2019

Pour les six premiers mois de 2019, PSA annonce un « bénéfice opérationnel » de plusieurs milliards ; très exactement 3 338 000 000 euros, en hausse de 10,6%.

Le journal patronal Les Echos parle d’un succès « insolent ». La stratégie ? « Maintenir une marge importante », c’est-à-dire vendre cher à ceux qui peuvent payer, et « réduire la masse salariale » à environ 11% du chiffre d’affaire.

Le journal ajoute que PSA dispose de 7,9 milliards d’euros de liquidités pour affronter l’avenir. Cette « santé insolente » s’est bâtie sur l’exploitation de milliers de travailleurs.

Pour assurer leur avenir, eux-aussi peuvent légitimement préparer l’opération « revendiquons notre part ».

Territoriaux de Mulhouse :

A travail permanent, emploi permanent…

Brève
18/07/2019

Avec son projet de réforme de la fonction publique, le gouvernement veut généraliser encore plus la précarité, alors que déjà un agent sur cinq est contractuel.

Sur les quelque 3 100 agents de la ville et de la communauté d’agglomération de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, près de 450 sont contractuels. Ils peuvent rester des années en CDD ; seulement vingt postes ont été ouverts à la titularisation en 2018.

Les femmes sont les plus nombreuses et cumulent précarité avec bas salaires, étant souvent à temps non complet, comme dans le secteur périscolaire.

Mais le gouvernement voudrait encore « flexibiliser la gestion des ressources humaines » en recourant plus aux CDD, y compris avec un temps de travail inférieur à 50 %, et aussi à des contrats de projet (à durée non définie, le temps d’une mission).

Tout cela pour continuer à faire des économies dans les services utiles à la population. Du travail, il y en a en permanence et de plus en plus : il n’y a aucune raison que ces collègues ne soient pas embauchés de manière permanente.

Grandes fortunes professionnelles

Au bonheur des riches

Brève
12/07/2019

les grandes fortunes s'envolent

Le magazine Challenges a publié son classement des 500 plus grandes fortunes professionnelles. On y voit que, pendant que les plans de licenciements continuent, les revenus des travailleurs diminuent et la précarité augmente, ça va très bien pour les familles bourgeoises.

On trouve, parmi les premières, la famille Bindschedler, à la tête du groupe d’étanchéité Soprema, qui a vu sa fortune plus que tripler depuis 2016, passant de 700 millions à 2,5 milliards d‘euros.

Le président suisse du groupe a choisi de domicilier le siège social à Strasbourg. Comme quoi, contrairement à ce que serine la propagande patronale, les capitalistes, non seulement ne sont pas écrasés par la fiscalité de l’Etat français, mais bénéficient de conditions favorables pour augmenter fortement leurs profits.

Sélestat ; grève aux urgences

Des économies inhumaines

Brève
12/07/2019

Les urgences victimes de l'austérité

Après beaucoup d’autres, les Urgences du centre hospitalier de Sélestat se sont mises en grève mardi 8 juillet pour dénoncer les conditions d’accueil des patients et protester contre le manque de personnel. Les urgences ont été construites pour 17 000 passages par an, il y en a actuellement 33 000 ! L’effectif des soignants n’a pas suivi et le nombre de lits est tout à fait insuffisant.

Dans le nouvel hôpital voisin à Obernai, l’Agence régionale de santé ne veut toujours pas ouvrir les lits qui permettraient de soulager Sélestat. Et de son côté, la ministre Agnès Buzyn fait mine de croire qu’une prime de 100 € pour les soignants allait résoudre le problème.

De quoi se mettre en grève d’urgence !