Mulhouse

Une distribution de masques qui mériterait une distribution de claques

Brève
14/05/2020

Un docteur qui n'inspire pas confiance

Rottner, premier adjoint au maire, vient d’annoncer la distribution de masques "grand public" à la population mulhousienne ce week-end, samedi 16 et dimanche 17 mai, dans 13 gymnases et un drive au stade de l'Ill. Il assure que les conditions de sécurité seront respectées pendant la distribution. Il paraît cependant difficile de se réjouir de cette nouvelle.

Le déconfinement a commencé ce lundi 11 : l’accès aux masques aurait dû être possible au minimum avant cette date. Et dans une des villes les plus touchées par la maladie, il est quand même surréaliste qu’il ait fallu attendre plus de deux mois d’épidémie pour que quelques masques soient distribués ainsi ! Un par personne avant d’obtenir le prochain : c’est dérisoire.

Les autorités ont commencé par affirmer que porter un masque était inutile, elles ont même nié les recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elles l’ont depuis rendu obligatoire dans les transports en commun, et distribuent des amendes pour l’imposer, alors que les pouvoirs public sont incapables d'en fournir gratuitement à la population. Sur cette question des masques comme sur toute épidémie, ce déconfinement mal ou pas préparé, nos dirigeants ont clairement failli.

Région de Mulhouse

Un système éducatif déjà malade avant l'épidémie

Brève
14/05/2020

Le corona est content

A Mulhouse, la rentrée commencera à partir du 18 mai avec l'accueil des enfants de CM2. D'autres communes de l'agglomération ont annoncé qu'elles ne rouvriraient pas les écoles dans l'immédiat. Beaucoup d'inquiétudes demeurent : y aura-t-il assez de place pour accueillir les enfants par petits groupes, assez d'enseignants pour les encadrer, de personnel et de moyens pour nettoyer et désinfecter, comment faire respecter les gestes barrières aux plus petits...?

L’épidémie agit comme un miroir grossissant sur toutes les failles dont souffre déjà l’éducation : manque d'enseignants, classes surchargées, manque de personnel pour le nettoyage ou la cantine, constructions inadaptées au nombre d’élèves...

Dans ce domaine, comme dans d'autres, le gouvernement ne compte pas mettre les moyens nécessaires. Comment s’en étonner, puisque la seule chose qui motive ses décisions est de satisfaire un patronat pressé de voir les parents salariés reprendre le chemin du bureau ou de l’usine ?

Gare de Strasbourg et déconfinement

y'a de quoi flipper

Brève
14/05/2020

La gare de Strasbourg s’est transformée en flipper géant. Du sol au plafond, on trouve des stickers partout : des couloirs de circulation, des ronds matérialisés et de véritables rampes de lancement pour atteindre les guichets. Manque plus que la musique et on peut commencer une partie.

Cela ne remplacera pas les contrôleurs et les agents d’acceuil dont les postes ont été supprimés. Il y a pour le moment peu de trains en circulation et donc peu de voyageurs.

Lorsque le trafic augmentera et en heure de pointe, par contre, ça risque de tilter.

Travail saisonnier

Le persil de la colère

Brève
07/05/2020

(source : wikipedia)

En Alsace, le travail de tri a lieu à la chaîne, dans un hangar de maraîcher. Des cagettes de persil plat ou frisé arrivent, qu’il faut trier, peser, mettre en bouquet, vérifier et mettre en caisse.

Les beaux discours sur la sécurité au travail et les mesures d’hygiène sont loin d’être appliqués. À l’arrivée au travail, la température de chacun est prise, mais n’est pas donnée à voix haute, donc on ne sait pas ce qu’affiche le thermomètre.

Il y a bien du gel hydroalcoolique à l’entrée avec un panneau disant qu’il est obligatoire de s’en servir mais une fois près du tapis, il n’y en a plus. Sur chaîne, les postes sont censés respecter les mesures de distance.

En réalité, il y a trois personnes de chaque côté du tapis, travaillant debout, à 30 ou 50 cm les unes des autres, toute la journée, sans masques. Elles sont encore plus serrées quand une personne supplémentaire est installée sur un poste pour trier la même cagette, pour aller plus vite. Et aucun test n’est fait pour savoir si certaines ont ou non le virus.

Si des travailleurs se sentent mal, il y a la pression des chefs, qui n’hésitent pas à dire qu’on « pollue l’équipe » et qu’on ne va pas assez vite.

Venant pour une saison, les travailleurs sont logés. S’ils demandent une autorisation de déplacement à l’employeur pour aller faire des courses, la réponse est qu’on ne devrait pas sortir. Ils devraient donner leurs listes de courses le mardi pour que celles-ci arrivent seulement le jeudi.

Cela n’empêche pas de les faire travailler et dormir les uns sur les autres, sans test, sans masques, sans sécurité. Et dans les chambres, il peut y avoir jusqu’à trois lits, les uns à côté des autres.

Dans cette société de patrons, la santé des travailleurs passe après la productivité et les profits !

Hôpital de Mulhouse

Une situation encore dramatique

Brève
22/04/2020

Pauvre hôpital

Le nombre d'arrivées nouvelles à l'hôpital Moenschberg étant aujourd'hui inférieur à la somme des guérisons et des décès, la tension redescend un peu, lentement, à l'hôpital. Pour autant, quasiment tous les lits de réanimation sont occupés, et plus de 500 autres lits restent dédiés au Covid. Sur la trentaine de patients se présentant quotidiennement, la moitié doit être hospitalisée.

En plus, le nombre de personnels en arrêt maladie lié au Covid était de 675 en fin de semaine dernière : c’est une augmentation de plus de 50% en huit jours. Dans ces conditions, et alors que plusieurs vagues de soignants venus de différentes régions sont déjà sur place, l’hôpital vient à nouveau de lancer un appel urgent pour renforcer les équipes.

Et au-delà du combat quotidien pour faire face, la situation des prochains mois et semaines inquiète. L’hôpital va devoir prendre en charge un nombre très important de patients dans une unité de réveil post-réanimation Covid. 300 malades graves devraient passer par cette unité qui ne comporte pour le moment que douze lits… Et il y a tous les autres, les interventions repoussées y compris pour des pathologies lourdes.

Toute l’impréparation des pouvoirs publics des dernières semaines, leurs tergiversations venant après des décennies d'économies, ont directement conduit à cette situation sanitaire désastreuse. Les hôpitaux dont celui de Mulhouse n’étaient pas du tout en mesure d’absorber le choc. Comment aurait-il pu l’être, alors que même sans épidémie les moyens manquent au quotidien ?