Hôpital de Sélestat

Les travailleurs ont le sens des responsabilités, pas les gouvernements

Brève
25/03/2020

Respirateur (wikipedia)

En 2016 l'Agence Régionale de Santé (ARS) organisait la fermeture du service réanimation de l'hôpital de Sélestat. N’y avait-il alors plus de besoins en la matière ? L’année 2015 faisait état de 535 patients reçus en service de réanimation.  Contre cette décision aberrante, les agents hospitaliers ainsi que la population du bassin de Sélestat s’étaient mobilisés, mais l’ARS n’en avait pas tenu compte.

Aujourd’hui, pour faire face à la pandémie et en raison de la saturation des services de réanimation des hôpitaux de Strasbourg, Colmar et Mulhouse, celui de Sélestat va rouvrir. Comme le dit une infirmière citée par la radio France Bleu : « On aurait préféré ne pas fermer à l’époque et ne pas ouvrir dans ces circonstances […]. Heureusement, la moitié de l’équipe de réa travaille encore à l’hôpital. L’ancien médecin réanimateur à la retraite a aussi accepté de revenir nous aider. »

D’un côté il y a les gouvernements, dont l’ARS est un instrument, qui ont supprimé des milliers de lits d’hôpitaux, des services entiers à travers tout le pays. C’est que dans le même temps il fallait pouvoir verser des milliards de cadeaux aux entreprises. Et de l’autre il y a les travailleurs de l’hôpital, qui constatent et dénoncent depuis des années cette destruction méthodique du système de santé, et qui sont en première ligne.

PSA Mulhouse

Bas les masques

Brève
24/03/2020

Masques et masques

« Le Groupe PSA a fait don de plus de 130 000 masques » d’après les médias. A 30 centimes le masque, ça représente un « cadeau » de 40 000 euros. Pour un groupe multimilliardaire, c’est vraiment trois fois rien.

Même quand la direction de l'entreprise veut faire semblant de participer à l’effort collectif, elle ne peut s’empêcher de se faire de la publicité de façon minable.

Et pendant que d’une main PSA donne quelques milliers de masques, la direction fait encore travailler des milliers de travailleurs sur certains sites du groupe en France, les exposant à la maladie et prenant le risque d’engorger les hôpitaux déjà débordés. Leur fausse générosité ne masque pas ce scandale.

CHU de Mulhouse

Des économies qui tuent

Brève
24/03/2020

Macron l'anti héros

Le fameux « hôpital militaire de campagne » installé lundi 23 mars sur le parking du principal hôpital de Mulhouse, le Moenchsberg, a commencé à accueillir ses premiers patients, les plus gravement atteints. C’est bien sûr un soulagement, mais avec trente lits au total, il sera malheureusement rapidement lui aussi complet. Jusqu’à aujourd’hui, certains malades graves étaient convoyés par hélicoptère dans des hôpitaux moins surchargés. 

Que la situation actuelle nécessite tout cela est proprement scandaleux. Depuis des mois, des personnels de cet hôpital, en particulier des Urgences, s’étaient mobilisés pour demander les moyens nécessaires à l’exercice de leur fonction, vitale au sens propre du terme. La grande majorité des médecins des Urgences avaient démissionné. Du mépris, la sourde oreille, puis quelques miettes : voilà quelle a été la réponse de la direction, et derrière elle, de la Santé Publique, donc du gouvernement. Et toutes les économies réalisées toutes ces dernières années sur la santé, les malades du covid -19 la paient aujourd’hui par des soins réalisés dans des conditions quasi impossibles. Et même pour certains, par la mort.

Gare de Strasbourg

Irresponsabilité sur toute la ligne

Brève
18/03/2020

La gare de Strasbourg

En ce qui concerne les mesures de protection des travailleurs, c’est un euphémisme de dire que la direction SNCF de la gare de Strasbourg a été lente à réagir.

C’est mardi matin seulement qu’elle a consenti à fermer les guichets suite au fait que des intérimaires aient essayé d’exercer leurs droits de retrait. Au technicentre, il aura fallu que deux ouvriers tombent malades pour qu’elle commence à réfléchir à rationnaliser l’emploi des agents et demande à la majorité de rentrer chez eux, laissant sur place les seuls agents d’astreinte. Sur les quais, les agents d’escale se sont enfin vus proposer des masques. À la conduite ou au contrôle, il a fallu insister pour obtenir gel et lingettes désinfectantes et il n’y en a pas eu pour l’ensemble des agents en service.

Mais en termes de négligence et de mépris, les travailleurs des entreprises sous-traitantes sont particulièrement concernés. Comme à Onet ou Derichebourg, où il n’y a pas de consignes, pas de matériel à disposition, et même les plus anciens avec des problèmes d’asthme ont dû venir travailler.

Côté paie, là aussi, la direction de la SNCF, dans certains chantiers, n’a pas hésité à demander aux cheminots de prendre sur leurs congés.  Et certaines primes liées au fait que conducteurs et contrôleurs doivent dormir hors de chez eux ne seront  ni versées ni compensées.

Pour les différents patrons de la gare, la santé de leurs affaires passe avant celle des travailleurs.

Après le premier tour des élections municipales

Le camp des travailleurs, l'affirmation d'un courant minoritaire certes mais bien vivant

Brève
16/03/2020

Nous remercions les 818 électeurs qui ont voté pour les 5 listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs » en Alsace : 155 à Colmar, 108 à Ensisheim, 232 à Mulhouse, 111 à Schiltigheim et 212 à Strasbourg.

En votant pour les listes Lutte ouvrière, présentes dans 240 villes à l'échelle du pays, les électrices et les électeurs du monde du travail ont pu exprimer leur rejet des partis au gouvernement et leur refus des partis d’opposition qui convoitent leur place. Les uns comme les autres ont en commun de préserver l’ordre social fait pour enrichir toujours plus ceux qui sont déjà riches de l’exploitation de leurs salariés et pour pousser vers la pauvreté ceux qui ne possèdent rien sauf leur capacité de travail. Lorsqu’ils sont à la tête de l’État, les uns comme les autres gouvernent au profit de la classe privilégiée.

Le vote des électeurs de Lutte ouvrière est un geste politique important pour l’avenir. Il témoigne de la présence, dans un certain nombre de villes, d’un courant politique qui conteste la dictature du grand capital et qui est convaincu qu’il est nécessaire de la renverser. Ce courant reste modeste, mais sa présence est un gage pour la renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire.

Le seul moyen d’empêcher le capitalisme en crise d’entraîner toute la société dans sa faillite est que renaisse le mouvement ouvrier révolutionnaire, pour combattre jusqu’au bout le pouvoir de la grande bourgeoisie et de son État. La société ne peut pas éviter la plongée dans la barbarie en continuant à être guidée par la course au profit des plus riches, qui s’oppose aux intérêts les plus élémentaires de la collectivité.

L’épidémie de coronavirus elle-même, que les hommes finiront par maitriser, met en lumière les ravages de l’organisation capitaliste de la société. En France comme dans de nombreux pays, la course à la rentabilité et aux économies affaiblit depuis de longues années le système hospitalier au point de l’asphyxier. Il est de moins en moins à même de faire face à ses tâches ordinaires et, à plus forte raison, à l’imprévu.

Le gouvernement réduit aujourd’hui les activités sociales et éducatives. Mais, dans l’industrie, par exemple dans l’automobile, les chaînes de production continuent de tourner, au mépris de la santé des salariés qui prennent les transports et sont regroupés, parfois à plusieurs milliers, pour le profit de Renault, PSA ou Toyota. On manque de masques, de gel hydro-alcoolique, de respirateurs, mais il faut produire des voitures ! Ce mépris de classe provoquera peut-être l’explosion sociale.

La crise boursière découlant de l’agitation spéculative des groupes financiers, est une menace plus grave encore que le coronavirus. Elle est l’expression de la faillite du système économique et social actuel.

La renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire, indispensable pour combattre et vaincre la dictature du capital, n’est pas une affaire électorale. Elle exige l’irruption des exploités sur la scène politique.

Lutte ouvrière fait appel à tous ceux qui se sont reconnus dans la politique qu’elle a défendue, pour qu’ils apportent leur contribution à ce que le « camp des travailleurs » se donne un parti qui représente ses intérêts de classe et qui se donne pour but l’émancipation de la société.