A propos des élections du 23 mars 2014

Communiqué
23/03/2014

Le fait marquant de ces municipales est une abstention record pour ce type d'élection. Elle affecte particulièrement l'électorat populaire qui avait l'habitude de voter à gauche.

C'est donc clairement un désaveu du gouvernement socialiste et de sa politique ouvertement pro-patronale et anti-ouvrière.

Les premiers résultats semblent également indiquer une progression significative du Front national. Pour une part, cette progression vient sans doute de l'électorat traditionnel de la droite gouvernementale, dégoûté par les scandales répétés et la guerre des chefs.

Une partie de ces votes vient cependant d'une fraction de l'électorat populaire qui, frappé par la crise et les licenciements, par déception, a cru marquer son désaveu du gouvernement socialiste en votant pour des listes du Front national, c'est-à-dire contre son propre camp.

Ce n'est certainement pas une mobilisation de la gauche électorale, et encore moins des désistements dits républicains entre grands partis déconsidérés, qui pourront s'opposer à la montée électorale du Front national, mais une reprise de confiance des travailleurs en eux-mêmes et en leur capacité à résister aux attaques du grand patronat.

Pour ce qui concerne les résultats de Lutte Ouvrière : nous avons présenté 204 listes dans 182 villes différentes, partout sous le sigle « Lutte Ouvrière faire entendre le camp des travailleurs ». Cette présence est à comparer à celle de 2008 : nous étions sur 188 listes dans 168 villes différentes, dont 118 listes LO.

Un nombre plus important d'électeurs des classes populaires ont pu, en votant pour nos listes, exprimer leur approbation du programme de lutte que LO a avancé pendant sa campagne.

En ce début de soirée, les votes en faveur de nos listes se maintiennent par rapport aux élections municipales de 2008 et sont en progression par rapport aux élections présidentielle et législatives de 2012.

Ces votes ont confirmé l'existence dans ce pays d'un courant, certes minoritaire, qui refuse le choix entre les différents partis qui, au-delà de leur rivalité, défendent tous l'ordre capitaliste et qui, par là même, sont dans le camp de la grande bourgeoisie.

Les négociations, les manœuvres, les combinaisons, en vue du deuxième tour commencent dès aujourd'hui. LO ne participera à aucune de ces négociations. Tout en rejetant la droite et l'extrême droite, elle ne veut pas cautionner, même indirectement, l'équipe Hollande-Ayrault qui se prétend socialiste mais qui gouverne en fonction des seuls intérêts du grand patronat et des banquiers.

Au deuxième tour, nos électeurs ne pourront plus exprimer les exigences qu'ils ont exprimées au premier tour en votant pour les listes LO. Il leur appartient de voter selon leur conscience, de voter blanc... ou de ne pas voter du tout.

Ce qui comptera pour l'avenir, c'est que celles et ceux qui, en votant Lutte Ouvrière, ont approuvé les mesures nécessaires pour défendre les conditions d'existence des travailleurs continuent à les défendre et à les populariser afin que les travailleurs en fassent leurs objectifs de combat lors de leurs affrontements, inévitables, avec le grand patronat et le gouvernement.