Eurométropole de Strasbourg :  La direction cherche à masquer… son irresponsabilité

Echo d'entreprise
15/04/2020

(source : wikimedia)

La semaine dernière, la direction de l’Eurométropole de Strasbourg a enfin décidé d’équiper en masques les agents qui travaillent à la collecte des déchets. Il lui aura fallu près de trois semaines. Et il lui aura aussi fallu revenir sur ce qu’elle disait : en effet, quelques jours avant cette décision elle argumentait encore sur le fait que des masques n’étaient pas nécessaires, en s’appuyant sur l’avis du Haut Conseil de la Santé Publique. La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, s’était appuyée sur le même avis pour déclarer qu’« il n’y a pas besoin d’avoir des équipements de protection particuliers ».

Preuve qu’elle n’assume pas vraiment sa politique, quand le journal les Dernières Nouvelles d’Alsace a demandé à pouvoir suivre des agents de la collecte, la direction a donné son feu vert… à condition que cela se déroule après la fourniture des masques !

Schaeffler – Haguenau :  Les patrons organisent le déconfinement avant l’heure

Echo d'entreprise
14/04/2020

Depuis une semaine, l’usine Schaeffler d’Haguenau, qui compte en temps normal près de 2000 salariés et fournit roulements et pièces pour l’industrie automobile, reprend sa production. L’effectif sur le site atteint au moins les 400 personnes.

Un syndiqué CGT de l’usine, cité par les DNA de ce jour, raconte : « d’un côté on me dit de rester confiné à la maison, je fais mes courses au drive pour ne croiser personne, et de l’autre je côtoie des centaines de collègues… pour faire de la ferraille ! Ce n’est pas tout à fait logique ! »

Schaeffler, c’est un trust qui compte de près de 80 000 salariés, qui a fait plus de 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, et qui permet à la famille Schaeffler, principal actionnaire, d’être une des premières fortunes d’Allemagne. Dans le cadre de la société capitaliste, cette puissance économique donne à un groupe comme Schaeffler le droit d’imposer sa logique, celle du profit, qui n’est effectivement pas celle de la santé des travailleurs.

 

SNCF :  Un président qui ne manque pas d’air

Echo d'entreprise
31/03/2020

manifestation du 28 décembre contre la réforme des retraites

Le 27 mars, le président de la SNCF Farandou s’est adressé à tous les cheminots dans un communiqué. Comme il est de bon ton de le faire en ce moment, il a invoqué l’unité nationale et la continuité industrielle. Il n’a pas reculé devant les phrases ronflantes comme « nous sommes tous SNCF » ou « les cheminots font de grandes choses quand ils savent qu’ils servent l’intérêt général ».

C’est pourtant grâce à lui et à ses prédécesseurs que les cheminots travaillent sous divers statuts dans quatre sociétés anonymes distinctes, et que le recours à la sous-traitance ne cesse de croître.

Et pour ce qui est de l’intérêt général, celui de la population et des travailleurs, les cheminots l’ont défendu par deux mois de grève contre une réforme des retraites qui appauvrira  les familles populaires, et que soutenait  Farandou…

Agglomération mulhousienne  :  Les éboueurs face au virus

Echo d'entreprise
25/03/2020

Ramassage des déchets : travail très utile

A Mulhouse, et ailleurs, les éboueurs continuent à assurer le ramassage des déchets ménagers.

Comme d'autres travailleurs appelés à assurer des activités essentielles, ils ne le font pas sans crainte pour leur santé. Il y a la peur de se contaminer entre collègues ou au contact des bennes et de ramener le virus dans leur foyer. Beaucoup ont le sentiment d'être toujours de ceux qui ne comptent pas, des oubliés… alors que leur travail est indispensable. Des mesures ont été mises en place, mais elles apparaissent insuffisantes. Avec la pénurie générale de matériel de protection, les masques ont tardé à être fournis. Et la circulation intensive du coronavirus dans la région n'empêche pas une autre attitude maladive, celle de certains chefs qui continuent à mettre la pression.

Pour les travailleurs, ce n'est pas uniquement la résistance contre le virus qui doit s'organiser.

PSA :  Non à la baisse des salaires !

Echo d'entreprise
25/03/2020

Plein de fric

Le ministre de l’Économie a reçu le patron de PSA pour lui assurer qu’il ne perdrait pas d’argent dans cette crise.

C’est l’État qui va payer le chômage partiel. C’est tout bonnement insupportable que PSA pompe de l’argent public pour ça alors que le groupe a fait 3,6 milliards d’euros de bénéfices l’an dernier et aurait largement les moyens de payer lui-même.

En revanche, le fait que les travailleurs du groupe perdent 16% de leur salaire net avec les mesures de chômage partiel, ça n’est vraiment pas le problème de ce gouvernement au service des riches.

Macron prétend vouloir protéger tout le monde, mais il y en a qui sont plus protégés que d’autres.

Eurométropole de Strasbourg :  Ceux qui font et celui qui parle

Echo d'entreprise
24/03/2020

Eboueurs de l'Eurométropole (wikipedia)

À l'Eurométropole, nous sommes nombreux à encore travailler sans le matériel de protection nécessaire : ceux qui accueillent les enfants des soignants, ceux qui sont en contact avec le public, les balayeurs, les éboueurs. Il est indispensable que nous soyons protégés, et s’il y a un problème de matériel, l’organisation du travail doit s’adapter.

Car pour expliquer cette situation, le président de l’Eurométropole Robert Herrmann a dit que dans un contexte de pénurie de matériel de protection priorité devait être donnée aux personnels soignants. Opposer différentes catégories de travailleurs entre elles, c’est plus facile que de mettre les moyens matériels pour régler le problème pour tous.

Et c’est fort de café venant d’un homme qui fait partie de ce monde de politiciens bourgeois responsables des politiques locales et nationales de destruction de l’hôpital public et des services utiles à la population.

Punch Powerglide (ex-GM) Strasbourg :  La direction voulait produire à tout prix, les travailleurs ont été plus responsables qu'elle

Echo d'entreprise
19/03/2020

Manifestation des travailleurs de Punch (ex-GM) en 2016

A Punch, le dimanche 8 mars la direction téléphonait aux travailleurs du SAV (service après-vente) pour leur annoncer qu’un travailleur du secteur était touché par le Covid-19 et hospitalisé. Le secteur était donc fermé et les travailleurs priés de rester chez eux.

la semaine précédente, les jours de chômage et de congés qui avaient été annoncés étaient annulés.

Suite au confinement de toute la population par Macron, le 16 mars, la convocation d'un CSE extraordinaire mardi 17 au matin laissait présager de la fermeture de l'usine Punch de Strasbourg qui fabrique des boîtes de vitesse pour ZF en Allemagne, autant dire rien de bien essentiel pour la survie des habitants enfermés chez eux.

Oh surprise ! la direction a annoncé que, bien au contraire, l'usine allait continuer de tourner et même que des intérimaires seraient embauchés pour répondre aux besoins du commanditaires ZF.

Autant de cynisme, d'aveu public que la santé des travailleurs sur les chaînes de production passe loin derrière l'appétit du patron de faire du fric à n'importe quel prix a fait monter la fièvre chez les travailleurs. D'autant plus qu'un nouveau cas avait été diagnostiqué en Fonderie ce mardi 17.

La CGT, suivie par la CFDT, a appelé les travailleurs, ce mercredi 18 au matin à l'entrée de l'équipe, à faire usage de leur droit de retrait. Devant la quasi-unanimité des travailleurs, la direction s'est dépêchée de convoquer deux délégués des deux syndicats à une nouvelle réunion. Là le patron en personne a insisté en suppliant presque les représentants des syndicats de continuer le travail jusqu'à vendredi. Mais devant le refus déterminé des représentants du personnel et des travailleurs, la direction a reculé et, à 10 heures du matin, elle annonçait que l'usine serait fermée pendant 4 semaines.

Rien tel qu'un coup de colère des travailleurs pour faire entendre raison aux patrons.

Hager - Bischwiller  :  débrayage pour de meilleurs moyens de protection

Echo d'entreprise
18/03/2020

Ce mardi, une quinzaine d’employés de l'usine Hager de Bischwiller ont refusé de retourner au travail après la pause de 14 heures. Ils entendaient protester contre l’insuffisance des précautions sanitaires mises en place : sur la chaîne de montage, ils doivent en effet manipuler les mêmes pièces et le même matériel sans gants ni masques, avec des distances de sécurité insuffisantes entre eux.

Après plusieurs réunions avec la direction entrecoupées de périodes de travail, la direction annonçait en fin de journée qu’elle arrêtait la production jusqu'à la fin de la semaine, le temps de prendre des mesures.

Hager, groupe spécialisé dans les installations électriques, fait partie de ces grandes entreprises industrielles familiales allemandes – 11500 salariés dont près de 2800 en Alsace – qui réalise environ deux milliards d’euros de chiffre d’affaires. Bref le groupe a largement de quoi financer les mesures de protection réclamées par les travailleurs, et même de payer à 100% les travailleurs à rester chez eux le temps nécessaire. Malgré la crise sanitaire, pour les patrons, la priorité c’est le profit, un virus que seule la mobilisation collective des travailleurs peut combattre.

Julien Wostyn :  PSA Mulhouse : témoignage sur l'attitude de la direction dans le contexte de l'épidémie

Echo d'entreprise
18/03/2020