DNA Strasbourg :  Lutte ouvrière dans la bataille

Article de presse
08/03/2014

Fidèle aux rendez-vous électoraux, Pierrette Morinaud mène la liste Lutte ouvrière aux municipalesde Strasbourg. Objectif : « Faire entendre le camp des travailleurs ».

À maintes reprises candidate aux législatives, Pierrette Morinaud mène pour la première fois une liste aux municipales. « J'étais en général deuxième, mais mon camarade Roland Robert n'habite plus Strasbourg ; il fallait que quelqu'un prenne la tête de la liste pour défendre nos idées », explique cette enseignante de français retraitée. Militante Lutte ouvrière depuis 1969, elle est plus que jamais « révoltée - et non pas indignée - contre l'aberration du système ».

La liste Lutte ouvrière n'a pas spécifiquement préparé de programme en vue des municipales à Strasbourg. Elle s'intitule « Faire entendre le camp des travailleurs », une formule qui résume bien la vacation de cette candidature. « Il faut que les travailleurs puissent dire qu'ils sont résolument contre la politique des gouvernements qui se succèdent », martèle, déterminée, Pierrette Morinaud. Selon elle, tous, sans exception, sont inféodés « à la bourgeoisie et au grand capital ».

Elle fustige ainsi le « pacte de responsabilité » lancé par François Hollande, qui va alléger les charges sur les entreprises, « et conduire l'État à faire des économies sur les services publics, les transports, la santé, l'éducation... ».

La liste Lutte ouvrière est composée « pour moitié », estime Pierrette Morinaud, de candidats qui ne se sont jamais engagés dans une élection. Leurs motivations ? « Ils sont franchement écoeurés par tout ce qu'il se passe, certains sont des gens qui ont été licenciés, ils savent qu'on s'est servi d'eux pour faire des profits et maintenant on les regarde comme des parias. Ils ne trouvent pas de réponses à leurs problèmes auprès des autres partis mais n'ont pas envie de s'abstenir, de se résigner. »

LO défend un programme qui ne varie pas suivant les élections. Il comprend : l'interdiction des licenciements et le partage du travail « pour mettre fin au chômage », l'indexation des salaires, pensions et allocations sur la hausse des prix, l'ouverture des livres de comptes des entreprises « qui font des profits par milliards et distribuent des dividendes à quatre chiffres ».

Selon la tête de liste LO, un maire « n'a pas les moyens de faire des choix ». Du moins, il lui est impossible de répondre « à ce à quoi aspire une grande majorité de la population : un emploi en CDI, à temps plein, avec un salaire décent ; au mieux peut-il verser quelques larmes hypocrites sur le sort des travailleurs ». Pour conclure, Pierrette Morinaud entend préciser un point : « Lutte ouvrière est un parti communiste révolutionnaire ». Composer avec « le système » pour tenter de gérer une ville ne l'intéresse pas vraiment.

JU. M

© Dna, Samedi le 08 Mars 2014

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