L'Alsace :  Lutte ouvrière mise plus sur la rue que les urnes

Article de presse
10/03/2010

Christian Rousset, 4e sur la liste Lutte ouvrière : « L'utopie, c'est de croire que les choses changeront toutes seules. » Photo C.T.

« Rien ne remplace la lutte sociale », martèle Christian Rousset, 4e sur la liste Lutte ouvrière, pour qui les Régionales constituent surtout une tribune.

Quelles que soient les échéances électorales, nationales ou régionales, le discours de Lutte ouvrière ne varie pas d'un iota : contrôle des banques, levée du secret bancaire, partage du travail, interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits... Le parti trotskiste assume sans complexe ne pas avoir de propositions régionales à défendre devant les électeurs : « La Région n'a pas les moyens de réduire les injustices créées par ce gouvernement, ni de corriger les conséquences de la crise. Elle ne crée pas d'emploi, elle se contente de donner des subventions », commente le Colmarien Christian Rousset, technicien à l'Inra et 4e sur la liste conduite par Julien Wostyn.

Pourquoi, alors, présenter une liste ? « Par ces élections, notre électorat peut faire savoir qu'il est en colère, qu'il n'a pas envie de payer les pots cassés de la crise financière. On s'adresse clairement à ceux qui sont victimes de la crise. » Reste que pour LO, ce n'est pas dans les urnes, mais sur le pavé que ces « victimes » pourront se faire entendre : « Rien ne remplace la lutte sociale. Ce ne sont pas nos bulletins de vote qui vont changer la donne. Mais c'est important de pouvoir se compter, de voir qu'on est nombreux à vouloir descendre dans la rue. »

Au rang des principales préoccupations de Lutte ouvrière, pour ces Régionales, « le chômage et la faiblesse des salaires » : « Les deux sont liés, estime Christian Rousset. Les patrons se servent de la pression du chômage pour diminuer les salaires. C'est une façon de régner par l'injustice. » Pour le candidat, il y a aussi urgence à « renflouer les services publics, plutôt que les banques » : « Au lieu de subventionner les entreprises pour créer des emplois qu'elles ne créent pas, on peut en créer directement là où il y a des besoins, dans les services publics. »

Ce qui différencie Lutte ouvrière des autres partis d'extrême-gauche ? « On fait attention à ne jamais propager d'illusion électoraliste », martèle Christian Rousset, tout en refusant le terme « d'utopiste » : « L'utopie, c'est de croire que les choses changeront toutes seules. »

Clément Tonnot

© L'alsace, Mercredi le 10 Mars 2010