L'Alsace :  Municipales : Porter la voix de « l'opposition ouvrière »

Article de presse
26/02/2014

Gilles Schaffar mènera une liste Lutte ouvrière aux municipales à Colmar, avant tout pour dénoncer le « recul des conditions de vie du monde du travail ».

C'est la surprise du prochain scrutin colmarien. Absente du jeu en 2008 mais déjà en lice en 2001, Lutte ouvrière (LO) a constitué une liste à Colmar (notre édition du 21 février). Elle sera conduite par Gilles Schaffar, 35 ans, professeur de lettres et d'allemand, qui représentait le parti trotskiste aux dernières législatives dans la 1re circonscription. Installé à Colmar depuis un peu plus d'un an, il a déjà été candidat en 2001 et 2008 à Strasbourg sur les listes LO.

Outre Colmar, Lutte ouvrière présente des listes à Strasbourg, Mulhouse et Ensisheim. « L'objectif était d'être présent dans les grandes communes d'Alsace », commente Gilles Schaffar, qui a commencé à constituer la sienne au mois de décembre. L'équipe sera composée à parts égales d'encartés et de sympathisants. Le recrutement n'a pas posé de problème : « Ce sont des gens issus des classes travailleuses, ouvriers pour beaucoup d'entre eux. Le recul actuel des conditions de vie des travailleurs les renforce dans leurs convictions. »

« Le monde du travail ne croit plus au Père Noël »

Dans cette élection, la liste veut faire entendre la voix d'un « monde du travail qui ne croit plus au Père Noël ». « Les politiques des gouvernements qui se suivent visent à sauvegarder les intérêts d'une petite minorité de très riches », commente Gilles Schaffar, qui cite la dernière hausse de la TVA ou le Pacte de responsabilité.

Le candidat assume pleinement ce glissement de l'enjeu local vers le terrain national. Il ne se fait « pas d'illusions » sur les moyens d'actions à l'échelle municipale, ni sur les élections en général. Pour « changer la situation du monde du travail », Lutte ouvrière privilégie toujours les « luttes collectives ». Mais Gilles Schaffar plaide pour une « opposition ouvrière » : « Les municipales seront un test pour le gouvernement. On ne veut pas laisser le monopole de l'opposition à la droite et l'extrême droite. »

La tête de liste rappelle aussi que Colmar est « une ville industrielle, avec une importante composante ouvrière », et que la région a été durement touchée l'an dernier par plusieurs plans sociaux ou fermetures d'usines, comme chez Mahle Pistons : « En l'espace de quelques semaines, quasiment 1000 emplois ont été touchés. » De quoi donner une résonance particulière aux mesures défendues par LO : interdiction des licenciements, répartition du temps de travail entre tous, transparence de la comptabilité des entreprises, indexation des salaires sur l'inflation...

Pour porter ces idées, la liste de Gilles Schaffar mènera une campagne traditionnelle de terrain, sur les marchés ou devant les entreprises, avec un accent sur le quartier Europe. « Pour que les gens entrent en lutte, il ne suffit pas d'un mot d'ordre sur Facebook... » Les militants de LO seront notamment présents dans les rues de Colmar le 5 mars.

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Clément Tonnot

© L'alsace, Mercredi le 26 Février 2014

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