L'Alsace :  Nathalie Arthaud (LO) : « Ça ne peut plus durer »

Article de presse
05/02/2010

Nathalie Artaud, porte-parole de Lutte Ouvrière. Photo S.G.

À Strasbourg, la nouvelle porte-parole nationale de Lutte Ouvrière est venue soutenir la liste alsacienne de Julien Wostyn aux élections régionales. Elle croit plus que jamais à « l'explosion sociale ».

« Les travailleurs ont les moyens d'action parce que ce sont eux qui font tourner la société », estime le professeur d'économie-gestion d'Aubervilliers, qui incarne Lutte Ouvrière au plan national depuis 2008. Si Arlette Laguiller s'est retirée, le discours, lui, ne change pas : « On ne mentira pas avec des promesses, on dira la réalité si on veut retrouver le chemin des luttes. Il n'y a pas de recette miracle : c'est sur nos propres forces qu'il faut compter. Notre seule solution est de s'adresser aux nôtres, aux travailleurs. »

La mise sous contrôle des banques et des entreprises suit cette logique. Face aux plans de licenciement, aux délocalisations, Nathalie Artaud veut que les salariés aient « le droit de dire ce qui se passe sous leurs yeux. Ils sont là quand des sales coups se préparent, ils ont les moyens de les dénoncer. Il faut imposer la levée du secret des affaires et du secret bancaire ». Pour l'instant, elle fustige « les procédures judiciaires » qui attendent les salariés qui révéleraient des informations de ce genre.

« Rapport de forces »

Les solutions du parti trotskiste ne passent pas par les élections mais par « un rapport de forces » avec « le grand patronat ». « Le conseil régional ne peut pas l'empêcher, ni le gouvernement, ni même Sarkozy », juge-t-elle. « Les grands groupes n'ont pas de limites. On l'a vu avec Total qui se permet de licencier 800 personnes dans la situation actuelle ».

Même si « l'explosion sociale » de grande ampleur ne s'est pas produite, elle ne saurait tarder d'après la porte-parole qui s'appuie sur mai 68 : « La veille de mai 68, personne ne l'avait vu venir » rappelle-t-elle. « Je suis convaincue que ça explosera parce qu'on ne peut pas écraser les gens indéfiniment ». Cela passera-t-il par LO ? « La minorité de nos jours peut faire les réalités de demain », répond-elle.

Sailesh Gya

© L'alsace, Vendredi le 05 Février 2010