L'Alsace :  Nathalie Arthaud, seule « candidate communiste »

Article de presse
02/04/2012

Nathalie Arthaud, candidate de Lutte Ouvrière, hier à Strasbourg. Photo Jean-Marc Loos

Une centaine de personnes ont assisté, hier après-midi, au meeting de la candidate de Lutte Ouvrière, à Strasbourg.

Nathalie Arthaud, professeur d'économie-gestion de 42 ans, porte-parole de Lutte Ouvrière depuis 2008, se présente comme une militante « communiste révolutionnaire ». « Rien à voir avec le Front de gauche », réplique-t-elle quand on l'interroge sur son concurrent Jean-Luc Mélenchon. « Ce n'est pas parce que le PC soutient Mélenchon qu'il est devenu communiste. Sa perspective, c'est de changer de gouvernement. Son modèle, c'est Mitterrand », dénonce-t-elle, en observant que les communistes « n'avaient pas empêché Mitterrand d'imposer la rigueur, à partir de 1983... »

À contre-courant

Son idéal à elle et aux militants qui l'entourent, ouvriers à PSA Mulhouse ou à General Motors, plonge ses racines « dans la Commune de 1871, ou dans la Révolution russe après la Première guerre mondiale ». Ne craignant pas de parler de « lutte des classes », Nathalie Arthaud veut « mettre les travailleurs au pouvoir ». « Depuis quatre ans, nous sommes plongés dans la crise et on n'en voit pas la sortie. Il faut que l'économie soit gérée de la façon la plus fraternelle et la plus démocratique possible, sur d'autres bases que le profit », assure-t-elle, en mettant en avant trois propositions. Ainsi, elle veut « interdire au grand patronat de licencier et l'obliger à répartir le travail entre tous, sans perte de salaire ». « Alors que les revenus des PDG s'envolent, je revendique aussi une augmentation des salaires et des retraites. Et leur indexation sur les prix », martèle-t-elle. Une telle indexation sur l'inflation existait sous le gouvernement Barre... Enfin, elle veut « faire la lumière et contrôler l'argent qu'il y a dans les caisses des entreprises ». « Les grands groupes sont assis sur une montagne de cash, mais ont recours au chômage partiel pour faire payer pendant ce temps les salaires par l'État », dénonce-t-elle.

Revenant à la crise, elle prédit que le futur président devra faire face à des grèves et face à la rue, comme en Grèce et en Espagne. Lui rappelle-t-on que Lutte Ouvrière apparaît comme ultra-minoritaire ? Nathalie Arthaud rappelle : « Le lot des révolutionnaires est d'être à contre-courant. Jusqu'au moment où une petite goutte d'eau fait déborder le vase... »

Yolande Baldeweck

© L'alsace, Lundi le 02 Avril 2012

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