Le Pays :  Les salaires avant le Grand Soir

Article de presse
25/02/2010

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, est venue apporter son soutien, hier, à Michel Treppo, tête de listeaux régionalesen Franche-Comté. Rencontre avecdes salariés aux portesde PSA à Montbéliard.

« Mon patron touche 7000 euros par jour et moi, je gagne 1300 euros par mois pour nourrir toute ma famille. Alors, je suis venu écouter la voix des travailleurs sacrifiés », lâche un salarié du Ferrage.

Nathalie Arthaud, qui a fêté ses quarante ans la veille, écoute. Ceux qui réclament « des sous pour le turbin ». Pas aussi célèbre qu'Arlette mais la même fougue dans la voix et le même sens de la formule. À Sochaux, les travailleuses et travailleurs n'ont pas oublié Arlette mais cela ne les empêche pas de faire un bon accueil à celle qui l'a remplacée à la tête de Lutte ouvrière. « Il reste des bus chez Peugeot ? », interroge-t-elle alors qu'elle voit passer les salariés transportés. « Dans la région lyonnaise, ils les ont tous supprimés ».

Elle embraye : « Combien y a-t-il d'intérimaires ? » Christian Driano, syndicaliste, se renseigne : « 1700 intérimaires et 200 contrats à durée déterminée ».

« Des Kleenex recyclables »

Un salarié ajoute : « Ce sont les mêmes qui ont été jetés, puis repris. Ils représentent la moitié des ouvriers des chaînes de montage. Ce sont des Kleenex recyclables ». Et voilà Nathalie Arthaud lancée dans une tirade anti-patronat, anticapitaliste... « Les constructeurs automobiles ne sont pas gênés pour faire les caisses de l'État et les caisses publiques tout en continuant à presser les travailleurs et à aggraver l'exploitation. Les grands groupes n'ont pas de limites et ce ne sont pas les conseils régionaux qui vont leur en mettre... L'espoir de changement viendra d'en bas. Il faut renouer avec les mobilisations puissantes. Il ne faut pas se battre pour un plat de lentilles. Qu'on se partage le travail entre tous ainsi que les salaires ».

Nathalie Arthaud ne croit guère au changement par les urnes. Alors pourquoi se présenter : « Pour ne pas laisser la politique aux notables et pour faire entendre la colère du monde du travail dans ce ronron électoral ». Michel Treppo, tête de liste en Franche-Comté, est d'accord : le bulletin de vote ne sert à rien. Gauche et droite sont au service des capitalistes qui tirent les ficelles.

Patricia Louis

Patricia Louis \ LE PAYS