Limousin

"L'or gris" et la grande misère de l'aide à domicile

Brève
27/06/2022

Dans la région limousin, où la proportion de personnes âgées est très importante, les besoins en aides à domicile sont croissants. Les conditions de travail des travailleuses et travailleurs à domicile sont devenues intenables, notamment depuis la crise sanitaire. Les salaires tournent autour du SMIC et à l'exception des associations qui privilégient un peu plus les temps complets, les entreprises lucratives d'aide à domicile multiplient les contrats courts et les temps partiels.

Il y a un total manque de contrôle des aides publiques attribuées à ces entreprises lucratives qui augmentent sans cesse les réductions du temps d'intervention au domicile et accordent des défraiements dérisoires voire inexistants pour les travailleurs. Comment peut-on demander à une intervenante de réaliser le lever, la toilette, l'habillage et le petit-déjeuner d'une personne dépendante en 20 ou 30 minutes ?

Les salariés, souvent des femmes, à temps partiel imposés, courent les petits contrats à droite à gauche et les CDD dans plusieurs structures, tandis que les retraités dépendants, qui doivent de plus en plus payer pour vivre les aides accordées ne suffisant pas, réduisent d'eux - même les heures de prestations.

L'état se désolidarise totalement de l'accompagnement de la fin de vie, en demandant sacrifice sur sacrifice aux aides à domicile et aux associations qui en dépendent, quand dans le même temps des groupes cotés en bourse font du profit sur la vie de femmes et d'hommes avec de l'argent public.

Angoulême (Charente)

Cités HLM : les charges explosent, la colère aussi

Brève
11/05/2022

Les habitants de plusieurs grands ensembles HLM ont reçu des régularisations de charges liées au chauffage collectif : en moyenne, c’est 50 % de plus par rapport à l’an dernier. Les organismes HLM disent que c’est dû à l’envolée du prix du gaz. Une locataire témoigne que son rappel de charges est passé de 650 à 935 euros : « quand j’ai reçu la lettre, mon cœur s’est mis à battre à 200 à l’heure. Depuis je n’en dors plus la nuit. Du coup, spontanément, des locataires, la plupart mères de famille, se sont rassemblées à une vingtaine en bas d’un immeuble pour clamer leur indignation, leur colère en public et devant la presse.

Les bailleurs, qui n’ont pratiquement pas informé et prévenu les résidents, allèguent la flambée du prix du gaz. À quoi une locataire répond : « ils nous disent que c’est à cause de la guerre en Ukraine ; mais les charges, elles augmentent depuis 2018. »

Il n’est pas sûr que l’intervention des associations de locataires pour tenter d’apaiser cette colère suffise. Oui, c’est la révolte des locataires et leur capacité à s’organiser qui peut faire reculer cette attaque des organismes dits « sociaux » et des autorités pour faire payer les familles populaires. Alors qu’il ne se passe pas une journée sans qu’on nous annonce que l’argent coule à flot pour les riches et les grandes entreprises, en particulier celles qui spéculent sur le gaz ou les produits pétroliers.

CHU de Limoges

A bas la mascarade de la certification !

Brève
11/05/2022

Mobilisation au CHU avant le Covid !

La sacro-sainte "certification", obligatoire auprès de la Haute Autorité de Santé Publique a débuté le lundi 9 mai au CHU de Limoges.

Un certains nombre de médecins , à l'appel du collectif inter - hôpitaux et soutenus par la CGT, ont décidé de la boycotter. De 70 à l'origine, ils sont maintenant près d'une centaine à avoir rejoint le mouvement, dont beaucoup de chefs de services.

Les critères à remplir pour être certifiés n'ont rien à voir avec ce qui serait nécessaire pour de véritables soins de qualité, pire même, ils écartent tous les problèmes de manque d'effectif et de lits. Selon l'un des chefs de service du collectif : "Des experts indépendants viennent dans un hôpital et utilisent un manuel de certification. Ce manuel complexe, préparé par le cabinet de conseil Cap Gemini pour 180.000 euros, compte 131 critères. C’est fait pour ne pas voir les vrais problèmes de l’hôpital."

Et il ajoute : "La certification de l'hôpital c'est l'orchestre du Titanic qui continue à jouer alors que le bateau coule !"

Safran Helicopter Engines - Bordes (64)

Un débrayage réussi

Brève
06/05/2022

Jeudi 5 mai un débrayage d'une journée était organisé sur le site de Bordes prés de Pau. 400 travailleurs, dont quelques dizaines venant de l'usine voisine de Bidos, se sont retrouvés pour protester contre les augmentations de salaires dérisoires que propose la direction. 

Alors que les dividendes des actionnaires de Safran ont augmenté de 16% l'année dernière, la direction ne donne que 1,5 % d'augmentation générale. Encouragés par la grève que mènent les travailleurs des sites de Villaroche et de Corbeil depuis le début de l'année pour une augmentation de 200 euros pour tous, les travailleurs de Bordes et Bidos étaient bien décidés à manifester leur colère. Tous ont apprécié de pouvoir se retrouver et de prendre le temps de discuter, bien conscients que ce sera par leur lutte qu'ils pourront faire reculer leur direction.

CCAS de La Rochelle (Charente-Maritime)

Grève pour des embauches

Brève
02/05/2022

Le Centre communal d’action sociale (CCAS) a mis en place le 14 février un « pôle handicap », qui mobilise 16 auxiliaires de vie à domicile pour s’occuper spécifiquement de 65 personnes handicapées, semaine et week-end. Cet effectif est nettement insuffisant, d’autant qu’il se réduit souvent à 12 compte tenu des roulements. Ils n’ont pas le temps de s’occuper correctement des personnes handicapés, de les laver, les sortir, et disent se sentir « maltraitants ».

En grève unanimement du 28 mars au 4 avril, ils ont aussi manifesté le 30 mars devant le siège de l’agglomération de La Rochelle pour réclamer un effectif minimal de 23, ainsi qu’une prime les dimanche et jours fériés.

Ces agents payés au Smic doivent utiliser leur voiture personnelle pour se rendre au domicile des bénéficiaires, et sont mal remboursés de leurs frais d’essence, avec parfois deux mois et demi de retard. C’est dire le mépris de leur employeur. Ils ont eu bien raison de s'être fait respecter par la grève, qui a débouché sur des promesses d’embauches et des aides temporaires en attendant.