CHU de Bordeaux

CHU de Pellegrin, ça craint

Brève
27/04/2020

Comme partout dans les hôpitaux, le personnel soignant du CHU de Pellegrin a rapidement manqué de protection et a déploré un changement incessant des protocoles médicaux. Ceux-ci étaient changés au jour le jour en fonction des stocks disponibles. Un jour, le port des gants était obligatoire, le jour suivant ça ne l’était plus. Pour les masques FFP2, on disait aux soignants qu’ils étaient de rigueur, et maintenant on leur dit que le masque chirurgical suffit.

Concernant les surblouses jetables, il y a une telle pénurie qu’on leur demande de les laver, au risque qu’elles se désintègrent. Au niveau des tests, ils effectuent 250 tests par jour et ils comptent passer à 2500 tests/jour d’ici le 11 mai. Un chiffre qui reste encore insuffisant si on le rapporte à tous les besoins pour tester correctement la population de la région. Rien que les hopitaux de Bordeaux comptent plus de 12000 agents et pour l’instant ils ne sont pas dépistés.

La semaine dernière à l’hôpital Pellegrin, il y avait 156 soignants malades dont 76 cas avérés et 80 suspicions avec des symptômes. Un chiffre sous-estimé et qui ne fait que monter. Un triste reflet des carences des autorités de santé et de l’État face à l’épidémie, dont le personnel a pâti, dans le public comme dans le privé.

 

Saint Junien (Haute Vienne)

Le coronavirus : une aubaine pour le luxe

Brève
26/04/2020

La ganterie de luxe Agnelle basée à Saint Junien s'est lancée dans la fabrication de gants "anti-coronavirus" ! Elle fournit les gants des stars de la planète ou des premières dames comme Carla Bruni, Brigitte Macron et... Mélania Trump. Elle travaille pour les marques comme Dior, Givenchy, Ralph Lauren, Agnès B ou Calvin Klein .

"Lavable, le gant en tissu sera dotée de pastilles tactiles sur l’index et le pouce permettant de naviguer facilement sur les écrans des téléphones ou des tablettes"... "Nous avons fabriqué un prototype de gant très souple, agréable à porter dans une matière très stretch, qui fait une jolie main " ... "Il va falloir apprendre à vivre avec (...) cette sécurité nécessaire tout en conservant notre liberté et en gardant à l'esprit une certaine idée de l’esthétisme"...  Le prix : 45 € !

Il faut dire qu'Agnelle n'a guère de clientes chez les femmes de ménage, les aides à domicile ou les caissières. La marque va donc continuer à fournir sa clientèle aisée qui va pouvoir pianoter sur ses IPod en toute sécurité tout en essayant d'élargir un peu son marché ! 

Celles et ceux qui sont en première ligne continuent eux, à manquer du minimum nécessaire pour se protéger, parce que l'Etat n'a pas réquisitionné des entreprises comme celle de Saint Junien pour les obliger à fabriquer masques, gants et surblouses qui manquent cruellement !

Dordogne

Colère à l'hôpital de Périgueux

Brève
24/04/2020

Dix-huit patients et une vingtaine de soignants ont été testés positifs au covid-19 dans le service de Soins de Suite et de Réadaptation de l’hôpital de Périgueux.

Ce qui a mis en colère le personnel de l’hôpital, c’est quand  la directrice de l’ARS en Dordogne, Marie Ange Perulli, a rendu son jugement : « il y a probablement eu un relâchement au moment des pauses du personnel ».

Les ARS, Agences Régionales de santé, sont les administrations qui depuis 10 ans sont chargées de faire appliquer la politique gouvernementale d’austérité dans la santé, dans les hôpitaux en particulier : restrictions, coupes dans les budgets, fermetures de services, de lits, de maternités, suppressions de personnel, etc.

Avant d’être promue directrice  en février 2020 en Dordogne, Marie Ange Perulli sévissait à l’ARS Champagne Ardennes. Il n’aura pas fallu longtemps pour qu’on sache à qui on a affaire.

Cela rappelle le préfet de Paris Lallement, qui déclarait « ceux qu’on trouve en réanimation sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté ».

Le mépris de ces cadres de l’appareil d’Etat pour les travailleurs est le même : l’une fait appliquer l’austérité dans les hôpitaux et les Ehpad, l’autre matraque ceux qui protestent.

 

Limoges

La matraque et le mépris !

Brève
23/04/2020

Le quartier du Val de l'Aurence

Au cours d'une interpellation dans le quartier de Beaubreuil mardi soir 21 avril, filmée par des habitants depuis leurs fenêtres, on voit un policier en civil frapper à coups de pied un homme maintenu à terre tandis qu'un autre lance une grenade de désencerclement pour dissuader d'autres habitants de s'approcher. L'IGPN a été saisi...

Cette intervention musclée de la police dans un quartier pauvre où le confinement dans les immeubles est d'autant difficile à supporter que beaucoup ont perdu leurs petits boulots précaires, a provoqué le lendemain une flambée de violence, avec l' incendie de l'antenne de la mairie. Ces incidents se sont étendus à la Cité de La Bastide, autre quartier pauvre de Limoges.

La réponse du préfet : une demie compagnie de CRS à la rescousse . Sur sa page facebook, le maire s'indigne contre la violence de certains habitants du quartier, insinuant que c'est le fait de dealers etc...

Cette situation n'a rien d'original : le confinement transforme ces cités en cocotes minute explosives.
Pour les jeunes, c'est le désoeuvrement aggravé par la fermeture des écoles. Quant à leurs parents, beaucoup font partie de ces « héros du quotidien » qui doivent continuer à prendre les transports et à travailler malgré le confinement, dans les supermarchés, pour s'occuper des personnes, faire les ménages ou ramasser les ordures, le tout pour un salaire de misère.

La matraque et le mépris, les seules réponses du pouvoir, ne feront pas baisser la température.

Charente

Dépistage en Charente : peu, tard, meurtrier !

Brève
21/04/2020

La préfète de Charente vient de rendre public jeudi 17 avril que des dépistages systématiques sont réalisés… un mois après le confinement, en commençant dans trois établissements du département – à Rouillac, Angoulême, et un foyer d’accueil à Barbezieux. Dans l’un des EPHAD, huit décès étaient survenus fin mars ; dans un autre, un décès.

Il y a près de 90 EPHAD et assimilés en Charente. Mais le dépistage systématique n’intervient maintenant que parce qu’’il n’y a manifestement pas de tests et de réactifs.

Or, le Covid-19 est bel et bien répandu : les tests ont montré que la moitié des résidents et un tiers du personnel sont positifs à des degrés divers.

Les délais tardifs pour ces établissements, le non-dépistage systématique ailleurs, cela revient à laisser le champ libre au virus.

Le manque de tests n’est qu’un des maillons de la pénurie qui affecte la chaîne de santé : manque de masques, manque de lits, de matériel, de personnel dans les hôpitaux. L’argent existe. Il est allé vers les secteurs où le profit est maximum pour les capitalistes. Au détriment de la santé. C’est l’organisation capitaliste qui est fautive et criminelle.