Dordogne

Colère à l'hôpital de Périgueux

Brève
24/04/2020

Dix-huit patients et une vingtaine de soignants ont été testés positifs au covid-19 dans le service de Soins de Suite et de Réadaptation de l’hôpital de Périgueux.

Ce qui a mis en colère le personnel de l’hôpital, c’est quand  la directrice de l’ARS en Dordogne, Marie Ange Perulli, a rendu son jugement : « il y a probablement eu un relâchement au moment des pauses du personnel ».

Les ARS, Agences Régionales de santé, sont les administrations qui depuis 10 ans sont chargées de faire appliquer la politique gouvernementale d’austérité dans la santé, dans les hôpitaux en particulier : restrictions, coupes dans les budgets, fermetures de services, de lits, de maternités, suppressions de personnel, etc.

Avant d’être promue directrice  en février 2020 en Dordogne, Marie Ange Perulli sévissait à l’ARS Champagne Ardennes. Il n’aura pas fallu longtemps pour qu’on sache à qui on a affaire.

Cela rappelle le préfet de Paris Lallement, qui déclarait « ceux qu’on trouve en réanimation sont ceux qui, au début du confinement, ne l’ont pas respecté ».

Le mépris de ces cadres de l’appareil d’Etat pour les travailleurs est le même : l’une fait appliquer l’austérité dans les hôpitaux et les Ehpad, l’autre matraque ceux qui protestent.

 

Limoges

La matraque et le mépris !

Brève
23/04/2020

Le quartier du Val de l'Aurence

Au cours d'une interpellation dans le quartier de Beaubreuil mardi soir 21 avril, filmée par des habitants depuis leurs fenêtres, on voit un policier en civil frapper à coups de pied un homme maintenu à terre tandis qu'un autre lance une grenade de désencerclement pour dissuader d'autres habitants de s'approcher. L'IGPN a été saisi...

Cette intervention musclée de la police dans un quartier pauvre où le confinement dans les immeubles est d'autant difficile à supporter que beaucoup ont perdu leurs petits boulots précaires, a provoqué le lendemain une flambée de violence, avec l' incendie de l'antenne de la mairie. Ces incidents se sont étendus à la Cité de La Bastide, autre quartier pauvre de Limoges.

La réponse du préfet : une demie compagnie de CRS à la rescousse . Sur sa page facebook, le maire s'indigne contre la violence de certains habitants du quartier, insinuant que c'est le fait de dealers etc...

Cette situation n'a rien d'original : le confinement transforme ces cités en cocotes minute explosives.
Pour les jeunes, c'est le désoeuvrement aggravé par la fermeture des écoles. Quant à leurs parents, beaucoup font partie de ces « héros du quotidien » qui doivent continuer à prendre les transports et à travailler malgré le confinement, dans les supermarchés, pour s'occuper des personnes, faire les ménages ou ramasser les ordures, le tout pour un salaire de misère.

La matraque et le mépris, les seules réponses du pouvoir, ne feront pas baisser la température.

Charente

Dépistage en Charente : peu, tard, meurtrier !

Brève
21/04/2020

La préfète de Charente vient de rendre public jeudi 17 avril que des dépistages systématiques sont réalisés… un mois après le confinement, en commençant dans trois établissements du département – à Rouillac, Angoulême, et un foyer d’accueil à Barbezieux. Dans l’un des EPHAD, huit décès étaient survenus fin mars ; dans un autre, un décès.

Il y a près de 90 EPHAD et assimilés en Charente. Mais le dépistage systématique n’intervient maintenant que parce qu’’il n’y a manifestement pas de tests et de réactifs.

Or, le Covid-19 est bel et bien répandu : les tests ont montré que la moitié des résidents et un tiers du personnel sont positifs à des degrés divers.

Les délais tardifs pour ces établissements, le non-dépistage systématique ailleurs, cela revient à laisser le champ libre au virus.

Le manque de tests n’est qu’un des maillons de la pénurie qui affecte la chaîne de santé : manque de masques, manque de lits, de matériel, de personnel dans les hôpitaux. L’argent existe. Il est allé vers les secteurs où le profit est maximum pour les capitalistes. Au détriment de la santé. C’est l’organisation capitaliste qui est fautive et criminelle.

Hôpital de Bayonne

Coronavirus : à quoi, à qui sert l'État ?

Brève
21/04/2020

A l'hôpital de Bayonne, depuis le 7 avril, c’est à partir de sacs de cuisine ou de drap de brancard qu’une trentaine d’agents administratifs, de cuisiniers, de jardiniers travaillent pour confectionner 3 à 400 blouses par semaine en prenant sur leur temps de repos ou leurs heures de réserve. Et c’est pareil dans beaucoup d’hôpitaux, le dévouement, la débrouillardise des hospitaliers supplée à la carence de l’Etat.

Il y a quelques semaines encore, les autorités riaient au nez des hospitaliers qui dénonçaient la misère de l’hôpital. Elles en ont même fait rosser certains par la police. C’est clair, l’Etat n’est pas organisateur de la défense de l’intérêt général, il est l’instrument de la domination des riches. De fait, les hospitaliers de Bayonne s’en passent dès à présent, et quand les travailleurs prendront tout le pouvoir ça n’en ira que mieux.

Hôpital de Pau

« Il faudrait bien plus que du chocolat ! »

Brève
14/04/2020

La semaine dernière les agents de l’hôpital de Pau ont reçu un cadeau : des masques ou des sur-blouses qui manquent cruellement ? Pas du tout ! Des chocolats de la part de Lindt, un des géants de l’industrie agroalimentaire, qui a une usine de prés de 1000 personnes dans la région, à Oloron Sainte Marie.

L’opération publicitaire de la marque n’a échappé à personne. Et les oreilles du célèbre petit lapin à clochette en chocolat, produit star de la marque, ont dû siffler à l’hôpital. Car Lindt est une entreprise très florissante, qui a dégagé prés de 500 millions d’euros de bénéfices net l’année dernière, 5 % de plus qu’en 2018. Alors, ce petit geste publicitaire est bien dérisoire en regard des besoins urgents du moment. Mais comme tous les capitalistes, ceux qui dirigent Lindt pensent avant tout à leur image et au profit qu’ils peuvent tirer de la situation, de quoi rendre leur chocolat écœurant.