La Poste -Tulle (Corrèze)

Grève de soutien à un facteur menacé de sanction

Brève
19/09/2016

Ce lundi 19 septembre, la majorité des facteurs de Tulle étaient en grève en soutien à l'un d'eux, délégué syndical CGT, traduit devant un conseil de discipline à Limoges. Pour avoir modifié l’avant de son scooter de travail afin de se protéger (et par la même occasion de protéger le courrier transporté) contre la pluie et le vent, il risque de 1 à 6 mois de mise à pied c'est à dire sans salaire. La direction considère que l'avant du véhicule ayant été alourdi, cela modifie l'équilibre du véhicule et le rend dangereux, notamment lors des manœuvres. Ce facteur, à ¬6 mois de la retraite, avait déjà aménagé son précédent scooter sans problème.

La Poste qui s’inquiéterait des dangers courus par les postiers dans le cadre de leur travail, ce serait une première ! Elle qui rallonge les tournées, pousse à distribuer toujours plus et partant toujours plus vite. Elle, dont certains cadres, n’ont pas hésité, pour faire appliquer sa politique de rentabilité, à obliger une postière (qui vient de porter plainte pour mise en danger de la vie d’autrui) à travailler alors qu’elle venait de faire un AVC .

Sans parler des multiples réorganisations, fermetures de services, de bureaux, chamboulant la vie des postiers, au point que certains en arrivent à des gestes extrêmes sur le lieu même de leur travail.

Restos du cœur (Rochefort – Charente-Maritime)

La pauvreté bat des records

Brève
19/09/2016

L'été n'est pas encore fini que les Restos du cœur de Rochefort, dont les locaux exigus ne permettent pas de faire face à l'affluence, envisagent d'ouvrir un quatrième jour par semaine. En trois ans, le nombre de bénéficiaires est passé de 175 à 320 familles (soit 1 000 personnes) l'été, et à 600 familles l'hiver (1 800 personnes), parmi lesquelles des personnes âgées à la retraite trop petite pour vivre, comme des jeunes travailleurs pauvres ; et un nombre croissant de mères élevant seules leurs enfants. L'affluence aux autres centres, comme la Croix-Rouge, connaît une explosion similaire.

Dans la cité balnéaire voisine, Fouras, le 3 septembre, les riches snobs pouvaient parader dans des cabriolets des années 50, avec costumes d'époque millésimés, au « concours d'élégance automobile » organisé par la municipalité et l'« Union des forces économiques » (sic) de la ville.

Une illustration locale des inégalités criantes du monde capitaliste.

Saint-Jean Industrie (Ingrandes, Vienne)

Grève contre la précarité : une réussite

Brève
12/09/2016

Jeudi 8 septembre, les travailleurs de la fonderie Saint-Jean Industrie étaient en grève à l'appel de la CGT pour exiger de la direction qu'elle procède d'urgence à des embauches en CDI.

Décidée lors de débrayages fin juillet, la grève s'est heurtée à un tir de barrage de la part de deux syndicats qui se sont faits les porte-paroles de la direction : la grève allait compromettre l'avenir , et il était urgent d'attendre car les patrons réfléchissaient justement ces temps-ci à la faisabilité d'embauches…

Ces arguties n'ont pas convaincu la plupart des ouvriers de production, qui se sont majoritairement mis en grève. Depuis la pétition signée à la quasi-unanimité au printemps et les débrayages de juillet, les patrons ont eu le temps de réfléchir. Et surtout, il y en a assez des conditions de travail dégradées, des risques permanents d'accidents, de la précarité (sur moins de 400 travailleurs en production, 90 sont des intérimaires). Dehors il y a des chômeurs et des précaires, dans la fonderie on crève au boulot : qu'ils embauchent !

Angoulême

Le centre social de Basseau « trahi » par la CAF

Brève
12/09/2016

La caisse d’allocation familiale (CAF) vient de décider de retirer son agrément – et donc de couper ses subventions – à l’association agréée qui gère le centre social de Basseau – un quartier très populaire d’Angoulême, où résident de nombreux Maghrébins.

Ce centre social, ainsi que l’épicerie sociale, sont donc condamnés par la CAF, avec l’aval du préfet.

En deux mois, ils ont été incendiés à quatre reprises par des voyous. La CAF et le préfet argumentent que dans ce « climat de violence et de peur », ils veulent éviter « qu’un drame se produise ».

Ceci lèse une population qui a un besoin pressant d’aide sociale. Elle livre les habitants aux pratiques communautaristes « sociales » qui permettent toutes les pressions obscurantistes.

La vingtaine de salariés de la structure, menacés de perdre leur emploi et exaspérés de voir leur mission saccagée, réagit avec colère, détermination et se mobilise aux cris de « vous nous avez trahis » en investissant le hall de la mairie et en manifestant devant la CAF.

Ils ont totalement raison. Seuls les travailleurs en lutte peuvent s’opposer à l’abandon des quartiers pauvres par l’État et l’avancée de la violence et de l’obscurantisme qui l’accompagne.

 

Interdiction du syndicat basque aux élections professionnelles

Intérêts de boutique et intérêts des travailleurs

Brève
12/09/2016

Le tribunal d'instance de Bordeaux a tranché : suite à une plainte de la direction nationale de la CGT, le syndicat basque LAB (Langile Abertzaleen Batzordea) ne pourra se présenter aux élections professionnelles qui auront lieu le 28 novembre prochain dans les entreprises de moins de 11 salariés (les TPE) de la région.

L’argument utilisé par la CGT et repris par le tribunal pour contester la représentativité du LAB, a été le bilinguisme franco-basque du LAB et la préférence basque ouvertement mise en avant par le syndicat, ce qui serait, selon la CGT, « incompatible avec les principes essentiels de la République française ».

A juste raison, la plupart des syndicats CGT du Pays basque se sont désolidarisés fermement de la démarche de leur centrale, une démarche qui est vécue comme une entreprise de division car, dans la lutte contre la loi Travail, les travailleurs organisés par les uns ou par les autres s’étaient retrouvés au coude à coude.

Tout ce qui divise les travailleurs face à l’exploitation et au patronat les affaiblit. C’est pourquoi organiser les travailleurs sur la base du régionalisme comme essaye de le faire le LAB ne peut les aider à se défendre réellement. Mais il est clair que la direction de la CGT, qui a demandé à l’Etat, le fondé de pouvoir du patronat et de la bourgeoisie, d’éliminer un de ses concurrents électoraux, est surtout préoccupée par ses intérêts d’appareil et n’aide pas non plus les travailleurs.