Angoulême (Charente)

Lafarge casse l’emploi à bon compte

Brève
22/05/2016

Le groupe Lafarge qui ferme son usine de La Couronne entend se débarrasser des 116 salariés d’ici les prochains mois. Quarante salariés seront mis dans une forme de pré-retraite, en perdant du salaire. Vingt mois d’indemnités sont donnés pour plus de deux ans d’ancienneté, mais uniquement s’ils quittent l’entreprise, sinon c’est sept mois seulement.

Quant à la quarantaine de travailleurs restants , ils vont être mutés dans d’autres unités, au bon vouloir de Lafarge. L’aide au logement « n’est pas à la hauteur de ce qui se pratique » dit un syndicaliste.

Pour fermer ce site de production qui a lui rapporté gros des dizaines d’années, Lafarge sort le carnet de chèques, mais au rabais, petitement, en faisant disparaître des emplois dans cette commune ouvrière et en lésant les travailleurs.

Les patrons, ça ne crée pas d’emplois : ça casse l’emploi et ça s’en va aux moindres frais.

Limoges

Toujours là contre la loi Travail !

Brève
20/05/2016

Jeudi 19 mai, c'est une manifestation sensiblement plus importante que celle du 17 qui s'est ébranlé depuis le Carrefour Tourny pour aller jusqu'au carrefour du Clos Moreau où la circulation en direction du boulevard, du centre ville, de la zone industrielle sud ainsi que le départ des bus de la TCL a été bloquée.

Dans la manifestation on pouvait voir des banderolles, des pancartes, des drapeaux, des gilets fluo au nom des différentes entreprises privées de la ville : Legrand, Valéo, Schneider électric, Madrange..., des drapeaux du CHU, de l'Hôpital Esquirol, de l'EDF et une bonne délégation de cheminots en grève.

Se voir plus nombreux qu'il y a deux jours, venus d'entreprises aussi variées, a contribué à remonter un moral un peu en baisse, et d'autant plus avec l'annonce des actions des chauffeurs routiers et des travailleurs des raffineries. La nécessité de ne pas céder et de continuer jusqu'au retrait était dans toutes les discussions.

Des militants du BTP expliquaient que bien que la grève soit très minoritaire dans leurs entreprises, le ras-le-bol et la colère sont très profond chez tous leurs collègues et qu'ils ne désespèrent pas que "ça parte vraiment" à un moment ou à un autre !

Manifestation du 19 mai à Bordeaux

Provocation policière

Brève
19/05/2016

A la sortie du tunnel de Mériadeck, des CRS en embuscade ont coupé, matraque à la main, un des groupes de jeunes de la manifestation, avec l'intention manifeste de faire dégénérer la situation.

Mais le guet-apens n'a pas fonctionné : les manifestants qui précédaient le groupe de jeunes revinrent sur leurs pas et ce sont les CRS ainsi qu'une vingtaine de policiers en civil, sortis de nulle part, qui se retrouvèrent pris en sandwichs entre deux groupes de plusieurs centaines d'opposants à la loi travail, bien décidés à ne pas laisser faire la police.

La police qui s'était piégée elle-même, a fini par laisser passer les manifestants. 

Pour tenter de décourager les opposants à la loi travail, le gouvernement n'a plus que l'argument des "casseurs" et des violences. Et quand il n'y en a pas, il se charge de les inventer.

DCNS – Ruelle ( Charente)

Contrat du siècle ? Lutter résolument pour nos emplois

Brève
18/05/2016

La direction de la DCNS (construction navale militaire) et le gouvernement se félicitent du « contrat du siècle » – la vente de 12 sous-marins à l’Australie. Et claironnent que c’est bon pour l’emploi.

Mais ce groupe détenu à 65 % par l’État et à 35 % par Thales est déjà bénéficiaire – 58 millions pour 2015, et cela ne l’empêche d’avoir mis en place un « plan de performance » qui consiste surtout en suppressions d’emplois (400 travailleurs en moins, dont plusieurs dizaines à Ruelle) et à développer la sous-traitance et le travail précaire.

Défendre les emplois existants, et obliger DCNS à embaucher – à commencer par les travailleurs sous-traitants, les précaires et les apprentis, cela passe avant tout par notre capacité à changer le rapport de force avec ces capitalistes de l’État et de Thales, par une lutte résolue.

Port de La Pallice (La Rochelle, Charente-Maritime)

Il y a 100 ans, la catastrophe de l'usine Vandier

Brève
01/05/2016


Le 1er mai 1916, l'acide picrique de l'usine Vandier sur les remblais de la Repentie à La Pallice, un explosif destiné aux obus de l'armée, accomplissait plus tôt que prévu son œuvre de mort : 177 personnes périrent dans l'explosion de l'usine, si violente qu'on l'entendit à 32 km à Luçon (Vendée), et 138 furent gravement blessées, sans compter les coupures par les vitres des maisons qui éclatèrent à La Rochelle, jusqu'aux vitraux de la cathédrale. La censure interdit à l'époque la publication du rapport d'enquête sur l'explosion. On sait depuis que l'usine, à la faveur de la guerre, avait pu produire en escamotant toute enquête de sécurité. Et qu'un incendie avait précédé l'explosion, pendant vingt minutes, mais que la direction n'a pas évacué le personnel, sous prétexte que les ingrédients des explosifs étaient censés brûler sans exploser !


Jacques Vandier, le patron de l'usine, qui avait démarré dans le textile puis fait fortune grâce aux commandes de guerre, continuera une brillante carrière après l'explosion, devenant administrateur de la société du Ferodo, équipementier automobile d'envergure mondiale aujourd'hui connu sous le nom de Valeo, qui utilisait l'amiante notamment pour la construction de freins.

Un siècle après, les ports de la Pallice et Chef-de-Baie concentrent des sites classés « Seveso seuil haut » pour leur dangerosité : cuves d'hydrocarbures Picoty et SDLP, usine d'engrais Gratecap, usine Solvay ; sans compter les silos à grain de Soufflet et Sica, et les entrepôt des cognacs Godet dans un quartier voisin. Les riverains sont à juste titre inquiets et mobilisés pour dénoncer les dangers que leur font courir ces sites.