Périgueux (Dordogne)

Des travailleurs inquiets et en colère mais heureux de se retrouver dans la rue !

Brève
18/09/2020

Des facteurs, des cheminots, des travailleurs d'Auchan, de la Sobeval (abattoir), des finances publiques, des territoriaux, des retraités, des salariés de l'hôpital et de l'EHPAD, ils étaient environ 400 à s'être rassemblés, jeudi matin, devant le palais de justice de Périgueux, avant de défiler en ville.

C'était la première manifestation depuis 6 mois et le début de la crise sanitaire et beaucoup ne cachaient pas leur joie de se retrouver ensemble dans la rue.

Malgré l'ambiance fraternelle, c'est l'inquiétude qui prévalait devant la multiplication des plans de licenciements, en particulier pour les travailleurs d'Auchan Marsac, plus de 1000 suppressions d'emplois étant annoncés dans le groupe.

De la colère aussi contre un gouvernement qui continue, à travers son plan de relance à déverser des milliards à fond perdu au patronat alors que les services essentiels pour la population manquent toujours cruellement de moyens !

Getrag (Blanquefort)

Ford se retire, les emplois menacés

Brève
11/09/2020

Le 28 août dernier, le groupe Ford annonçait qu’il retirait sa participation dans l’usine Getrag de Blanquefort, qui fabrique des boîtes de vitesse manuelles pour voitures. Un an après la fermeture de l’usine sœur de FAI, qui a supprimé 850 emplois directs, sans compter les emplois induits auprès des sous-traitants, ce sont encore une fois 800 emplois qui sont menacés par la volonté des patrons de Ford de faire des économies sur le dos des travailleurs.

Il y a cinq ans, les patrons de Getrag, entreprise appartenant jusqu’ici à 50 % à Ford, et à 50 % à l’équipementier Magna, avaient fait le chantage à l’emploi, conditionnant le développement d’un nouveau modèle au renoncement, par les ouvriers, à la prime d’intéressement et à un « accord » dit de modération salariale. Tout en investissant au minimum, l’entreprise a intensifié l’exploitation, à travers les cadences, les bas salaires et les heures supplémentaires. Et maintenant, tout laisse à penser que Ford se débarrasse de ses parts dans l’usine pour permettre de la liquider sans qu’on puisse lui demander des comptes.

Un rassemblement associé à un appel à débrayage pour le personnel de GeTrag a eu lieu jeudi 10 septembre devant les portes de l’usine. Les syndicats demandent des garanties à Ford, sous forme de commandes et d’engagements financiers. Mais quelles que soient leurs revendications, les travailleurs de GeTrag ne peuvent compter que sur leurs luttes et leur détermination. Ils ont appris de l’exemple de leur voisin FAI que la parole d’un patron ne vaut pas grand-chose et que l’État ne contraindra jamais les patrons à quoi que ce soit : il n’est qu’à voir comment il distribue actuellement les milliards, à la faveur de la crise du Covid, à des groupes comme Air France ou Renault alors même qu’ils licencient.

Les patrons de GeTrag ont continué à travers la crise du Covid, et continuent encore, à réclamer des ouvriers des cadences maximum. Ils infligent aux travailleurs la double peine : aujourd’hui les cadences, plus tard le licenciement. Il faudra au contraire imposer, à GeTrag comme dans toutes les entreprises, de travailler moins et moins vite pour que tous les travailleurs aient un emploi, en prenant sur les profits pour maintenir les salaires.

Langon (Gironde)

Grève à l'école de musique intercommunale du Sud Gironde

Brève
08/09/2020

Depuis lundi 31 août, les professeurs de l’école musique intercommunale sont en grève à près de 70 %. Comme le dit l’un d’eux : « Maintenant c’en est trop ! ». Ils ont manifesté devant le siège de leur employeur, la Communauté de Communes du Sud Gironde (CdC) et tiennent un piquet de grève devant l’école tous les jours.

Cela fait cinq ans que les enseignants demandaient que leurs contrats de travail soient régularisés : ils perdaient près de 30 % sur leurs salaires. La CdC a fini par mettre en conformité ces contrats, mais, plutôt que d’augmenter les salaires, elle a réduit le temps de travail des professeurs, réduisant d’un tiers l’activité de l’école de musique.

Cette coupe dans les horaires a de graves conséquences pour les 300 élèves qui sont inscrits dans cette école de musique : des ateliers et des classes supprimées, près de 70 élèves qui ne peuvent plus s’inscrire.

Face à la grève, le vice-président de la CdC a les mêmes arguments que les patrons, accusant les grévistes « de prendre en otage » les élèves. Mais les professeurs ont raison de faire grève, ils ont raison de dénoncer la dégradation des conditions de travail et d’accès de l’école de musique. Ils ont reçu le soutien de la grande majorité des parents d’élèves.

École d’Assat (64)

Une rentrée combative contre le manque de moyens

Brève
03/09/2020

Dans cette ville prés de Pau, l’école élémentaire manque de moyens pour accueillir tous les enfants avec prés de 30 enfants par classe en moyenne. Dès le premier jour de rentrée, les parents d’élèves ont décidé de se faire entendre en bloquant l’accès aux classes obligeant un inspecteur de l’éducation nationale à se déplacer et exiger qu'une classe supplémentaire soit ouverte. Cette situation qu’ils dénonçaient déjà l’année dernière a été encore aggravée par l’épidémie et la nécessité d’espacer les enfants. À l’heure où le gouvernement fait la leçon à la population sur les précautions à prendre, son incapacité à attribuer les moyens nécessaires est encore plus révoltante.

Juste à côté de la ville se trouve une des plus grandes usines de la région appartenant à Safran, un trust de l’aéronautique. Au début de l’été la ministre des armées s’y est déplacée pour rassurer les actionnaires de Safran sur le soutien sans faille de l’État. Pour eux, à l’inverse des besoins pour l’éducation des enfants, il ne regardera pas à la dépense.

Dans les écoles

La solution de Blanquer : « Démerdez-vous ! »

Brève
21/06/2020

Macron ayant parlé à la télé dimanche 14 juin, Blanquer et les inspecteurs à sa suite ont planché jour et nuit pour rendre « pédagogique » la consigne de remettre tous les enfants à l’école afin que les parents puissent retourner travailler malgré le protocole sanitaire qui limite les places en classe !

Cette décision a eu pour conséquence pour les enseignants, animateurs, auxiliaires de vie scolaire, ATSEM ou personnel municipal de cantine et du ménage des réunions, des mails, des retours de mails, des consignes, puis leur contraire, car il fallait trouver le moyen de faire rentrer tous les élèves, en gardant des distances de sécurité sanitaire, le lavage des mains 12 fois par jour, la restauration avec distances elle aussi, sans pousser les murs ni embaucher du personnel en nombre suffisant pour ce faire.

Mission impossible ? Pas du tout ! La solution de la hiérarchie nous est arrivée mercredi 17 juin à 22h : finie la distance d’un mètre entre les élèves, ou mieux, faire l’école en plein air ! Assortie d’un « Je vous souhaite d’autant plus bon courage » avec la suggestion d’éviter « les kermesses de fin d’année ». Et tout ça pour deux semaines d’école !