Sud Ouest :  Élections régionales : Lutte Ouvrière présente ses têtes de liste

Article de presse
16/10/2015

Le mot d'ordre du parti trotskyste sera de "faire entendre le camp des travailleurs"

 

Le conflit d'Air France vient d'apporter de l'eau au moulin de Lutte Ouvrière. "La hargne anti-ouvrière s'est déchaînée toute la semaine contre les salariés d'Air France. On a parlé de lynchage là où deux cadres n'ont laissé que leurs chemises. Mais qui parle de la violence sociale et patronale exercée à l'égard des salariés, notamment ceux qui ont été arrêtés à 6 heures du matin, placés en garde à vue et menacés de licenciement ?"

Pour Guillaume Perchet, porte-parole de la campagne de Lutte Ouvrière en Aquitaine et n°2 sur la liste Gironde derrière Fanny Quandalle, l'exemple d'Air France, comme beaucoup d'autres en France, "prouve que la lutte des classes entre les travailleurs et le patronat existe toujours." Et on a compris que Lutte Ouvrière a choisi son camp, celui des travailleurs dont le parti d'extrême-gauche, longtemps personnifié par Arlette Laguiller, veut faire entendre la voix pendant cette campagne électorale.

"La classe ouvrière est démoralisée par la politique de la gauche"

Une campagne qui n'abordera pas les compétences de la région : transports ferroviaires, lycées ou formation professionnelle. "Tout se joue au niveau national et, de toute façon, le seul thème qui compte, c'est le chômage et les salaires", explique Guillaume Perchet qui présentait jeudi après-midi les têtes de liste Aquitaine/Poitou-Charentes/Limousin.

Lutte Ouvrière, pour qui la fusion des régions "ne changera rien au sort des travailleurs", veut profiter de la tribune électorale pour présenter son programme de lutte anti-capitaliste et anti-patronat avec "l'interdiction de licencier et la répartition du travail entre tous, l'indexation automatique des salaires sur la hausse des prix, et enfin le contrôle des travailleurs sur la marche des entreprises".

"Le FN est un parti bourgeois"

Lutte Ouvrière ne s'attend pas à un raz-de-marée électoral. "La classe ouvrière est démoralisée par la politique de la gauche", assure Guillaume Perchet qui continue avec ses camarades de croire au grand soir révolutionnaire. Il ne nie cependant pas que le vote ouvrier va désormais massivement vers le Front national "alors que c'est un parti bourgeois qui, par exemple, défend la direction d'Air France contre les salariés." Ici, en Aquitaine, LO ne fait guère de différences entre Virginie Calmels "qui siège à Eurodisney et porte la voix des patrons" et Alain Rousset "qui vote toutes les lois anti-ouvrières du gouvernement actuel".

Quant à la gauche radicale, LO refuse toujours de s'allier avec elle, estimant que c'est elle seule qui défend les travailleurs, en rappelant que les communistes ont longtemps gouverné avec les socialistes.

Voici les douze têtes de liste LO pour la grande région : Olivier Nicolas (Charente), Antoine Colin (Charente-Maritime), Marie-Thérèse Coinaud (Corrèze), Jean-Jacques Lacarrère (Creuse), Anne-Isabelle Brivary (Dordogne), Ludovic Gaillard (Vienne), Elisabeth Faucon (Haute-Vienne), Fanny quandalle (Gironde), Jean-Philippe Delcamp (Lot-et-Garonne), Guy Dupont (Landes), Mohamed El Marbati (Pyrénées-Atlantiques) et Ludovic Szotowski (Deux-Sèvres).

Un grand meeting se déroulera à Bordeaux le 24 novembre en présence de Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière et tête de liste en Ile-de-France.

Benoît Lasserre

© 2015 Sud Ouest. Tous droits réservés.