Sud Ouest :  Les travailleurs n'ont pas à payer la crise du capitalisme

Article de presse
12/04/2012

Je suis communiste et je me présente pour défendre les intérêts politiques du monde du travail. En cinq ans, il y a eu 1 million de chômeurs supplémentaires. 900 usines ont fermé, et chaque jour, il y a de 500 à 1 000 chômeurs de plus. Dans votre région, Ford en Gironde, Sony dans les Landes mais aussi La Poste au tri, chez les facteurs, ont supprimé des milliers d'emplois. Sans compter tous les sous-traitants de ces grands groupes et toutes les entreprises moins connues qui ont elles aussi jeté des milliers de travailleurs sur le carreau. Cofinoga, dont l'actionnaire, BNP Paribas, a fait 6 milliards d'euros de bénéfices en 2011, entend supprimer 400 emplois à Mérignac. Sans parler de l'État, premier « licencieur » du pays, avec 160 000 emplois supprimés, dans des services pourtant indispensables comme l'enseignement. Et même ceux qui ont un travail ont vu leur niveau de vie diminuer, quand ils ne sombrent pas dans la pauvreté.

Cette injustice est d'autant plus révoltante que les travailleurs ne sont pour rien dans la crise. En même temps, les entreprises du CAC 40 ont fait des profits - 73 milliards d'euros en 2011.

La dette a augmenté de 500 milliards d'euros. Mais les travailleurs n'en ont pas vu la couleur. Cet argent est allé aux capitalistes et aux banquiers. Pourtant, les principaux candidats, de Hollande à Sarkozy, de Bayrou à Le Pen, répètent qu'il faudra « payer la dette ». Mais c'est aux capitalistes de la payer !

Pour mettre fin au chômage, il est urgent d'imposer l'interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous, sans perte de salaire. L'État doit embaucher massivement dans tous les services utiles à la population : éducation, santé, poste, transports et construction de logements.

Pour enrayer la baisse du pouvoir d'achat, il faut obtenir l'augmentation des salaires et des retraites. Le blocage des salaires, contre lequel se battent ou se sont battus dans votre région les travailleurs de Dassault, de Cdiscount ou encore les éboueurs de la Communauté urbaine de Bordeaux, est une autre manière pour le patronat de nous faire payer la crise. Pas un salaire, pas une pension ne devraient être en dessous de 1 700euros net. Et surtout, il faudra que le monde du travail impose leur indexation sur les prix, sous son contrôle, afin qu'ils ne soient pas amputés par l'inflation.

Pour faire la lumière sur l'argent et les finances des entreprises, pour mettre fin aux malversations voire aux scandales sanitaires comme celui du Mediator, il faut que le monde du travail contrôle les entreprises.

Quant aux banques, après avoir mené la société à la crise financière, elles spéculent et profitent de nouveau, avec l'argent public. Il faut les exproprier et les fusionner en un établissement de crédit unique, sous le contrôle de la population.

Je ne dis pas « Votez pour moi et je réaliserai ce programme ». Je dis qu'en votant pour moi, vous direz que vous n'êtes pas dupes des alternances gouvernementales entre droite et gauche dont aucune ne s'attaque à la toute-puissance des capitalistes et qui toutes nous préparent l'austérité. En votant pour moi, vous direz que vous partagez ces objectifs contre le chômage, contre les licenciements, pour les salaires, vous ferez entendre les exigences du monde du travail. Ce sera un vote véritablement utile pour la suite, parce qu'il prépare les luttes indispensables contre la dictature du grand patronat.

Nathalie Arthaud

Lutte Ouvrière

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