Sud Ouest - Gironde :  Bègles - LO ne mène pas une campagne locale

Article de presse
17/03/2014

Éric Marhadour fait campagne pour « faire entendre le camp des travailleurs » .

Éric Marhadour mène la liste Lutte ouvrière pour l'élection municipale à Bègles. Parce que c'est la ville où il habite. Au fond, il aurait pu se présenter n'importe où ailleurs. Car comme les autres candidats de son parti, il ne fait pas campagne dans l'espoir de devenir élu local et de gérer la cité mais pour « sanctionner le gouvernement. » Pour lui, « il ne faut pas se laisser prendre au piège du caractère local du scrutin car il a bien une importance nationale. »

Une préoccupation, l'emploi

Cela n'empêche pas Éric Marhadour de mener une campagne de terrain. Comme les autres candidats, il a parcouru la ville et fait du porte à porte en ciblant particulièrement les quartiers populaires comme Yves-Farge, Maurice-Thorez ou le Dorat. Mais « les seuls sujets qui préoccupent les travailleurs » selon lui, « c'est de savoir s'ils vont garder leur emploi. C'est pour cette raison que nous ne faisons pas une campagne locale », affirme le candidat.

Ce cuisinier de collectivité, militant à Lutte ouvrière depuis 13 ans, a déjà été candidat aux dernières élections régionales et législatives. Cette fois, c'est lui qui mène la liste avec l'espoir qu'un « élu vraiment communiste entre au Conseil municipal » car « il n'y a pas d'autre liste communiste à Bègles puisque le Front de gauche milite pour gérer la société capitaliste alors que nous, on veut la combattre. »

Éric Marhadour tient à se démarquer des autres candidats qui « font du local. » À son sens, « c'est de l'enfumage de dire qu'on pourrait régler les problèmes à Bègles. Le maire qui sera élu ne pourra pas combattre le chômage. Croire que les municipalités peuvent faire quelque chose, c'est un leurre. » Contrairement aux autres listes, Lutte ouvrière ne propose donc rien pour améliorer la circulation à Bègles ou pour aider les parents à faire garder leurs jeunes enfants. Des sujets périphériques qui n'intéressent pas les travailleurs. « La médiathèque, les beaux jardins, c'est bien » souligne le candidat, « mais les travailleurs veulent savoir ce qu'ils vont devenir dans un pays en crise. » À Bègles, comme ailleurs, Lutte ouvrière n'appelle donc pas les électeurs à un vote d'adhésion mais à manifester « leur colère » face à la situation.

Stéphanie Lacaze, Sud Ouest