Arkema – Pierre-Bénite (Rhône)

Les travailleurs postés se sont fait respecter

Brève
18/12/2020

Une grève à Arkema Pierre-Bénite en 2019

     Mardi 8 décembre, c’était les NAO (négociations annuelles sur les salaires), dans le groupe Arkema. Sur le site de Pierre-Bénite, aucun appel à la grève n’avait été lancé à cette occasion. Mais l’annonce de la direction générale, que cette année, il n’y aurait pas d’augmentation individuelle, a mis le feu aux poudres.

     Spontanément tous les ateliers se sont mis en grève et celle-ci a été reconduite d’une équipe à une autre, parmi les travailleurs postés. La colère était bien réelle et pas uniquement en raison des salaires, mais aussi en réaction à toutes les pressions de l’encadrement, ces derniers mois, sur fond de Covid-19.

      Et la direction du site a dû lâcher du lest. Elle s’est, entre autres, engagée à transformer 8 CDD en CDI, car les embauches étaient une des principales revendications des grévistes. Ils sont contents d’avoir obtenu ces embauches et d’avoir montré qu’ils pouvaient arrêter l’usine et se faire respecter par leur direction. Cela a changé l’ambiance et beaucoup se disent que ce n’est qu’un début.

 

Valence

À la pêche aux voix d’extrême droite

Brève
18/12/2020

Le quartier de Fontbarlettes à Valence

     Pour avoir l’air de faire quelque chose pour la sécurité, le maire LR de Valence, Nicolas Darangon, a décidé de couper les allocations versées par la mairie aux familles des jeunes accusés de causer des troubles.

     Alors que des quartiers populaires comme Fontbarlettes ou Le Plan connaissent un taux de chômage record et s’enfoncent dans la pauvreté, alors que les contrôles policiers violents y sont le lot quotidien de tous les habitants, ce genre de mesures qui punit toute la famille pour le comportement voire la dérive d’un de ses jeunes est bien incapable de régler le moindre problème. D’ailleurs, depuis 2014, le bailleur social Valence Romans Habitat, a déjà expulsé de leur logement une centaine de familles suite aux accusations contre leurs enfants, sans aucun effet sur la délinquance ou sur les nuisances sonores nocturnes.

     Cette mesure sera inefficace mais elle permettra sans doute au maire de récupérer des voix à droite et à l’extrême droite, en appliquant une mesure que préconisent régulièrement ceux qui préfèrent s’attaquer aux plus pauvres plutôt qu’aux responsables de la pauvreté.

General Electric - Villeurbanne

La direction contrainte d'entériner son recul

Brève
17/12/2020

     Après 25 jours d’une grève qui paralysait l’usine de Villeurbanne, la direction a décidé d’aggraver la situation. Lors des discussions avec les syndicats la semaine du 7 au 11 décembre, elle avait lâché des promesses bien modestes sur un maintien de 75 postes (sur les 285 supprimés), quelques avancées financières pour les départs et des primes pour la reprise correspondant au paiement d’un certain nombre de jours de grève. Un protocole d’accord de fin de grève était proposé lundi 14.

     Et, surprise, à la lecture, ce protocole remettait en question ce qui avait été discuté. Les syndicats ayant claqué la porte, les salariés grévistes, fatigués, en colère et écœurés parlaient de tomber malades et même, pour certains, de se mettre en grève de la faim.

     Finalement, après avoir alerté l’inspection du travail, la presse et les syndicats d’autres entreprises, la direction de GE a reculé et repris le 1er protocole ! La grève qui vient de prendre fin a profondément marqué ceux qui l’ont faite, par les discussions, les actions menées, la solidarité qui s’est créée. Et ils ont perdu toute illusion sur ces grands groupes qui n’ont que faire de la vie de ceux qu’ils exploitent et sur l’Etat qui s’est ouvertement rangé du côté de GE. Ce qu’ils ont obtenu, c’est grâce à leur lutte, et elle seule.

Grenoble

Coupe claire dans les budgets des foyers de jeunes travailleurs

Brève
15/12/2020

Le conseil départemental de l'Isère mettra fin en 2021 à un dispositif appelé "contrat jeune majeur" par lequel il finançait (en partie) les foyers de jeunes travailleurs. Il prétexte que ceux-ci seraient suffisamment autonomes et n'auraient pas besoin de l'accompagnement proposé dans ces structures. Une hypocrisie, doublée de cynisme au vu de la situation subie par nombre d’entre eux depuis des mois, destinée à masquer les économies substantielles qu'il fait au passage. Car la perte est estimée à près d'un million trois cent milles euros pour ces foyers.

Les salariés de ces foyers craignent des licenciements, ce qui est tout autant inacceptable dans la période actuelle d'explosion du chômage et de la précarité.

Plusieurs centaines de jeunes travailleurs vont eux se retrouver seuls face au parcours du combattant des démarches : faire un dossier APL, rédiger un CV, ou encore obtenir des papiers à la préfecture...

C'est une attaque de plus contre une partie de la classe ouvrière, sa jeunesse, qui paie déjà fortement le prix de la crise économique en cours. »

Saint-Étienne

Les livreurs en lutte

Brève
14/12/2020

     À Saint-Étienne, dimanche soir, et comme un peu partout en France, une soixantaine de livreurs de Uber Eats et Deliveroo se sont rassemblés près de Centre Deux. Puis par petits groupes de dix, les livreurs se sont installés devant les McDonalds, Burger King, O’Tacos et Quick. Ils ont bloqué les grands distributeurs de restauration rapide pour revendiquer leurs droits et des rémunérations plus en rapport avec leur travail.

     Ils sont en colère contre les plateformes Uber Eats ou Deliveroo, car elles ont baissé leur salaire « de près de 40 % depuis le premier confinement, sans que l’on ait notre mot à dire » ; « Il faut travailler 15 heures par jour pour un petit salaire » ; « On roule dans le froid, sous la pluie, par grosses chaleurs, on est exposés aux accidents, sans la moindre compensation ».

Les livreurs exploités se rebiffent, ils ont raison !