DOMO Belle-Etoile – Saint-Fons (Rhône)

Comment se faire respecter

Brève
14/12/2020

Les usines Solvay de Saint-Fons

     Mercredi 9 décembre les salariés du site de DOMO Belle-Etoile (ex Solvay) étaient appelés à débrayer à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. L’annonce d’une augmentation générale de 20 euros sous conditions de résultats financiers a fini d’énerver les salariés, déjà mécontents.

     Dans l’atelier de production Technyl, où les conditions de travail en 5x8 sont dures, les ouvriers ont décidé de continuer avec 8 heures de grève par poste, très largement suivies, pour revendiquer 80 euros et une prime de 2000 euros. La direction et quelques cadres sont venus dans l’atelier, interpelant les grévistes, disant qu’ils allaient « couler la boîte », rengaine bien connue, essayant d’opposer les uns aux autres et disant qu’ils avaient de la chance cette année car rien n’avait été enlevé. Quel culot de la part de ceux qui viennent de supprimer 52 emplois !

     Finalement vendredi les conditions financières ont été levées, la grève suspendue et des discussions doivent s’ouvrir début janvier sur les revendications spécifiques à ce secteur. Et ce qui est encourageant, c’est que les jeunes et nouveaux embauchés ont participé car, une fois passée la satisfaction d’être embauchés en CDI, il ne leur a pas fallu longtemps pour comprendre que les traditions de luttes revendicatives tous ensemble sont toujours d’actualité.

SNCF Lyon – Gare de la Part-Dieu

Pas de sanction pour Joe !

Brève
13/12/2020

Mardi 15 décembre à 13h, un rassemblement est organisé au pied de la tour In City à la Part-Dieu pour soutenir Joël, un cheminot, militant CGT connu pour sa combativité, et candidat Lutte Ouvrière aux dernières élections métropolitaines. Il est menacé d’un dernier avertissement avant révocation. La direction lui reproche d’avoir traversé les voies dans la gare pour permettre le départ d'un train à l'heure, alors que cela s’est toujours fait dans le passé. Les accusations de la direction ne justifient en rien un conseil de discipline. Cette menace est en réalité un prétexte qui vise à faire un exemple pour faire baisser la tête à ceux qui résistent au quotidien à l’exploitation patronale.

Ces menaces de la direction ont provoqué l'effet inverse : depuis trois semaines, une pétition est massivement signée par les cheminots ainsi que par les travailleurs des entreprises sous-traitantes. Le badge « touche pas à mon Joe » est devenu le nouvel objet à la mode dans la gare. En attaquant Joël, la direction a créé un courant de mobilisation qui entraîne bien au-delà, car tout le monde se sent visé par cette attaque contre un militant apprécié de tous les travailleurs de la gare.

Gifrer – Décines (Rhône)

En grève contre la suppression de 125 emplois

Brève
10/12/2020

Les grévistes de Gifrer à Décines le 8 décembre 2020

     Les salariés en production de l'usine Gifrer Barbezat de Décines sont en grève depuis mardi matin 8 décembre contre la suppression des 125 postes de production, la direction ayant décidé de la délocaliser et de ne garder que les services commerciaux à Décines.

     L'entreprise produit essentiellement pour la pharmacie et les hôpitaux et a été fortement sollicitée dès le début de la crise sanitaire du printemps pour la production de gel hydroalcoolique. La direction a multiplié les heures supplémentaires, mais a refusé de verser la moindre prime, arguant qu'il fallait travailler plus quand on veut gagner plus.

     Depuis mardi les salariés sont devant la porte de l'usine afin de faire pression pour que la direction négocie, car pour l'instant elle ne propose que les indemnités du minimum légal. Les premiers licenciements interviendraient dès le mois de février prochain. La municipalité et la métropole ont fait de vagues promesses de rachat des terrains pour reconstruire des bâtiments modernes afin de maintenir les emplois… mais les salariés présents devant l'entrée de l'usine ne se font guère d'illusion sur ces discours et comptent plutôt sur leur mouvement pour faire payer au maximum l'actionnaire principal de Gifrer.

     Les négociations devraient se terminer jeudi 17 décembre, et jusque là ils comptent bien continuer à bloquer les portes malgré le froid

Région de Lyon

Messieurs dames patronnesses

Brève
09/12/2020

     La fondation « Entreprise des possibles » a largement vanté dans les médias ses actions auprès des personnes SDF. Cette fondation a été créée par Alain Mérieux, d’une célèbre famille bourgeoise lyonnaise, à la tête d’une fortune familiale de près de 8 milliards d’euros. Depuis avril 2019,  1,1 million d’euros de donations ont été levés par cette fondation, qui compte 55 entreprises dont Sanofi, Michelin, Veolia, Samsic, Plastic Omnium, Keolis, Crédit Agricole… bref un beau gratin capitaliste. Ces grands groupes, qui jouent les généreux, ne se gênent pas pour supprimer des milliers d’emplois, et risquer de jeter autant de familles dans la pauvreté.

     Quand on est milliardaire, la générosité, ça ne coûte pas cher, les riches ont toujours eu « leurs pauvres ». Cela leur permet d’améliorer leur image publique. Mais ils se veulent aussi donneurs de leçons, en voulant associer leurs salariés à l’aventure. Ils se vantent d’avoir entraîné 32 000 salariés, sur 600 000, dans leur démarche, salariés qui auraient donné 1350 jours de congés payés, ce qu’ils estiment insuffisant. Pourtant, la plupart de leurs employés sont bien mal payés, et ceux qui ont donné prouvent que finalement les salariés sont plus généreux que leurs patrons.

Aubert et Duval

Restructurations au profit des actionnaires

Brève
06/12/2020

Les dirigeants du groupe Eramet ont annoncé une "restructuration des effectifs" avec la suppression de 462 postes de CDI en France chez Aubert et Duval. Différents sites sont touchés. Outre les 144 emplois visés à Pamiers dans l'Ariège, c'est surtout dans le Puy-de-Dôme que la direction veut restructurer ; elle prévoit de supprimer 144 emplois aux Ancizes, 25 à La Pardieu et 68 à Issoire. A Issoire, sur un peu plus de 600 salariés, la plupart des 70 intérimaires ont d'ores et déjà été licenciés.

Eramet, trust minier et métallurgique français, et sa filiale Aubert et Duval, sont riches à millions et présents, dans une vingtaine de pays.

Ces restructurations sont révoltantes. Sont-elles programmées pour majorer le prix de vente de la filiale et à aiguiser l'appétit des actionnaires et des repreneurs éventuels ? Pour cela, il faudrait ouvrir les comptes de ces entreprises. On y verrait aussi qu'elles ont largement les moyens d'assurer les conditions d'existence des salariés des postes qu'elles veulent supprimer.