Grenoble

Coupe claire dans les budgets des foyers de jeunes travailleurs

Brève
15/12/2020

Le conseil départemental de l'Isère mettra fin en 2021 à un dispositif appelé "contrat jeune majeur" par lequel il finançait (en partie) les foyers de jeunes travailleurs. Il prétexte que ceux-ci seraient suffisamment autonomes et n'auraient pas besoin de l'accompagnement proposé dans ces structures. Une hypocrisie, doublée de cynisme au vu de la situation subie par nombre d’entre eux depuis des mois, destinée à masquer les économies substantielles qu'il fait au passage. Car la perte est estimée à près d'un million trois cent milles euros pour ces foyers.

Les salariés de ces foyers craignent des licenciements, ce qui est tout autant inacceptable dans la période actuelle d'explosion du chômage et de la précarité.

Plusieurs centaines de jeunes travailleurs vont eux se retrouver seuls face au parcours du combattant des démarches : faire un dossier APL, rédiger un CV, ou encore obtenir des papiers à la préfecture...

C'est une attaque de plus contre une partie de la classe ouvrière, sa jeunesse, qui paie déjà fortement le prix de la crise économique en cours. »

Saint-Étienne

Les livreurs en lutte

Brève
14/12/2020

     À Saint-Étienne, dimanche soir, et comme un peu partout en France, une soixantaine de livreurs de Uber Eats et Deliveroo se sont rassemblés près de Centre Deux. Puis par petits groupes de dix, les livreurs se sont installés devant les McDonalds, Burger King, O’Tacos et Quick. Ils ont bloqué les grands distributeurs de restauration rapide pour revendiquer leurs droits et des rémunérations plus en rapport avec leur travail.

     Ils sont en colère contre les plateformes Uber Eats ou Deliveroo, car elles ont baissé leur salaire « de près de 40 % depuis le premier confinement, sans que l’on ait notre mot à dire » ; « Il faut travailler 15 heures par jour pour un petit salaire » ; « On roule dans le froid, sous la pluie, par grosses chaleurs, on est exposés aux accidents, sans la moindre compensation ».

Les livreurs exploités se rebiffent, ils ont raison !

 

DOMO Belle-Etoile – Saint-Fons (Rhône)

Comment se faire respecter

Brève
14/12/2020

Les usines Solvay de Saint-Fons

     Mercredi 9 décembre les salariés du site de DOMO Belle-Etoile (ex Solvay) étaient appelés à débrayer à l’occasion des négociations annuelles obligatoires. L’annonce d’une augmentation générale de 20 euros sous conditions de résultats financiers a fini d’énerver les salariés, déjà mécontents.

     Dans l’atelier de production Technyl, où les conditions de travail en 5x8 sont dures, les ouvriers ont décidé de continuer avec 8 heures de grève par poste, très largement suivies, pour revendiquer 80 euros et une prime de 2000 euros. La direction et quelques cadres sont venus dans l’atelier, interpelant les grévistes, disant qu’ils allaient « couler la boîte », rengaine bien connue, essayant d’opposer les uns aux autres et disant qu’ils avaient de la chance cette année car rien n’avait été enlevé. Quel culot de la part de ceux qui viennent de supprimer 52 emplois !

     Finalement vendredi les conditions financières ont été levées, la grève suspendue et des discussions doivent s’ouvrir début janvier sur les revendications spécifiques à ce secteur. Et ce qui est encourageant, c’est que les jeunes et nouveaux embauchés ont participé car, une fois passée la satisfaction d’être embauchés en CDI, il ne leur a pas fallu longtemps pour comprendre que les traditions de luttes revendicatives tous ensemble sont toujours d’actualité.

SNCF Lyon – Gare de la Part-Dieu

Pas de sanction pour Joe !

Brève
13/12/2020

Mardi 15 décembre à 13h, un rassemblement est organisé au pied de la tour In City à la Part-Dieu pour soutenir Joël, un cheminot, militant CGT connu pour sa combativité, et candidat Lutte Ouvrière aux dernières élections métropolitaines. Il est menacé d’un dernier avertissement avant révocation. La direction lui reproche d’avoir traversé les voies dans la gare pour permettre le départ d'un train à l'heure, alors que cela s’est toujours fait dans le passé. Les accusations de la direction ne justifient en rien un conseil de discipline. Cette menace est en réalité un prétexte qui vise à faire un exemple pour faire baisser la tête à ceux qui résistent au quotidien à l’exploitation patronale.

Ces menaces de la direction ont provoqué l'effet inverse : depuis trois semaines, une pétition est massivement signée par les cheminots ainsi que par les travailleurs des entreprises sous-traitantes. Le badge « touche pas à mon Joe » est devenu le nouvel objet à la mode dans la gare. En attaquant Joël, la direction a créé un courant de mobilisation qui entraîne bien au-delà, car tout le monde se sent visé par cette attaque contre un militant apprécié de tous les travailleurs de la gare.

Gifrer – Décines (Rhône)

En grève contre la suppression de 125 emplois

Brève
10/12/2020

Les grévistes de Gifrer à Décines le 8 décembre 2020

     Les salariés en production de l'usine Gifrer Barbezat de Décines sont en grève depuis mardi matin 8 décembre contre la suppression des 125 postes de production, la direction ayant décidé de la délocaliser et de ne garder que les services commerciaux à Décines.

     L'entreprise produit essentiellement pour la pharmacie et les hôpitaux et a été fortement sollicitée dès le début de la crise sanitaire du printemps pour la production de gel hydroalcoolique. La direction a multiplié les heures supplémentaires, mais a refusé de verser la moindre prime, arguant qu'il fallait travailler plus quand on veut gagner plus.

     Depuis mardi les salariés sont devant la porte de l'usine afin de faire pression pour que la direction négocie, car pour l'instant elle ne propose que les indemnités du minimum légal. Les premiers licenciements interviendraient dès le mois de février prochain. La municipalité et la métropole ont fait de vagues promesses de rachat des terrains pour reconstruire des bâtiments modernes afin de maintenir les emplois… mais les salariés présents devant l'entrée de l'usine ne se font guère d'illusion sur ces discours et comptent plutôt sur leur mouvement pour faire payer au maximum l'actionnaire principal de Gifrer.

     Les négociations devraient se terminer jeudi 17 décembre, et jusque là ils comptent bien continuer à bloquer les portes malgré le froid