Chimie

Un prétexte pour réclamer des aides de l’État

Brève
23/06/2020

     Lors de sa visite à Sanofi Marcy-l’Etoile, Macron a parlé de relocaliser en France la production de paracétamol. Mais cette molécule est soumise à la loi du profit et aux rapports de force entre les capitalistes : les puissants industriels de la pharmacie comme Sanofi ou Upsa cherchent à l’acheter le moins cher possible, et les fabricants des principes actifs veulent aussi dégager des bénéfices.

     En 2008, le groupe Rhodia avait fermé la dernière unité de production de paracétamol à Roussillon, parce que l’atelier vieillissant aurait exigé des investissements pour être plus rentable, les prix du paracétamol étant trop bas au goût des actionnaires. Les dirigeants espéraient ainsi, en fermant des capacités de production, faire monter les prix de vente du paracétamol qu’ils produisaient en Chine.

     Aujourd’hui, les patrons de la chimie, comme l’entreprise Seqens qui a racheté l’activité aspirine de Rhodia,  voient dans ce débat sur la relocalisation l’occasion de négocier des aides de l’État pour financer leurs investissements et leur recherche. Les arguments de souveraineté nationale avancés par les politiciens servent de prétexte à de nouvelles aides publiques qui iront grossir  les profits privés.

 

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