PIC de Lempdes (Puy-de-Dôme) :  Chasser le naturel…

Echo d'entreprise
01/05/2020

A la PIC (Plateforme industrielle du courrier) de Lempdes, la direction était aux petits soins pour les salariés, au début du confinement. Il fallait d’abord respecter les gestes barrières et y adapter le travail. Celui-ci a été réduit à deux nuits par semaine.

Depuis dix jours, changement de braquet : on est passé à trois nuits, la charge de travail a augmenté en fin de poste et les chefs font la chasse aux temps morts. Il faut trier en urgence et en priorité les publicités ; le courrier des particuliers se fait éventuellement à la fin, s’il reste du temps.

Certains qui avaient posé leurs reliquats de congés depuis longtemps se voient obligés de travailler à cause du changement des plannings tout en perdant ces congés. C’est la double peine.

Alors le mécontentement commence à monter. La semaine dernière, plusieurs sont restés discuter entre eux après ces annonces du directeur. Depuis l'idée de la grève fait son chemin.

Agglomération de Grenoble :  Les locataires HLM vont payer pour les patrons du BTP

Echo d'entreprise
29/04/2020

La SDH (Société dauphinoise pour l’habitat) est un gros bailleur social privé du groupe “Action Logement”, piloté par le MEDEF. Elle vient d’annoncer la prise en charge “des surcoûts générés par les mesures de protection sanitaire sur ses chantiers”, un cadeau aux entreprises du BTP qui oscille entre 700 000 et un million d’euros, afin, dit-elle, “de préserver leur équilibre financier déjà très éprouvé”.

Le patronat du BTP bien arrosé par l’Etat, la Région et la Métro (communauté d’agglomération) sera donc aussi “aidé” par l’argent des loyers des locataires modestes des HLM à qui, bien sûr,  on n’a pas demandé l’avis.

Quant aux employés de la SDH, comme les gardiens d’immeubles, ils ont reçu seulement deux masques... fait main.

Michelin :  Il ne trompe personne

Echo d'entreprise
25/04/2020

Usine de Cataroux à Clermont-Ferrand (Entrée Saint-Vincent)

Le directeur du personnel de Michelin s’est fendu d’une interview pour défendre les choix du groupe. Il ne faut « pas se tromper de combat » dit-il, et il prône « l’esprit collectif » pour faire face à la crise.

Pour cet individu, que les salariés perdent un quart de leurs congés, voient leur salaire baisser, mettent leur vie en danger pour venir fabriquer des pneus, mais n’acceptent pas de renoncer à leurs maigres augmentations de salaire à 2021, ce serait « se tromper de combat ».

C’est sans doute de cet « esprit collectif » que les familles de salariés de l’usine de la Roche-sur-Yon qui doit fermer, après beaucoup d’autres, se nourriront.

APF – Annonay (Ardèche) :  Reprise sur le dos des travailleurs

Echo d'entreprise
23/04/2020

     APF fabrique des bâches et liner en plastique pour piscines. Comme d’autres, l’usine a repris (le lundi de Pâques !) sans attendre la levée du confinement. Des mesures de sécurité minimales ont été prises. Elles n’annulent pas les risques et rendent le travail encore plus difficile. Le travail est physique, avec masques et lunettes, on étouffe vite, alors qu’il ne fait pas encore très chaud. Et en plus de la production, c'est aux ouvriers de désinfecter les postes régulièrement.

     Un atelier a repris avec des horaires de plus de 47h par semaine. Et les ouvriers sont sollicités pour venir le samedi. Sous prétexte de sécurité, la machine à café est supprimée, ainsi que la pointeuse… alors que le pointage se fait sans contact ! Le patron espère rendre plus difficile le décompte des heures, un moyen de voler les ouvriers.

     Produire du matériel de piscine en pleine épidémie, n'a rien de nécessaire. Les machines d’APF pourraient servir à produire des blouses pour les hôpitaux si les travailleurs en décidaient.

Solvay Saint-Fons (Rhône) :  Une épidémie porteuse d’opportunités pour le patron

Echo d'entreprise
23/04/2020

Sur le site de Saint-Fons, qui produit entre autres de la vanille de synthèse, le mois de mars a vu battre des records de production. Pour certains produits, Solvay a pu conquérir des parts de marché face à des concurrents forcés d’arrêter leurs activités avec la crise sanitaire. Une production d’autant plus rentable avec la chute du prix des matières premières. Cette guerre économique, Solvay la mène avec la santé des travailleurs en produisant coûte que coûte malgré le confinement.

En même temps, Solvay donneur d’ordre impose à certaines entreprises sous-traitantes de mettre une partie de leurs travailleurs en congés ou en chômage partiel. En maintenance par exemple, seules les tâches urgentes sont assurées. Les premiers perdants sont les travailleurs de ces entreprises, qui ne toucheront que 84 % de leurs salaires, et sans les primes.

Le gagnant c’est Solvay, qui va économiser sur les contrats de prestation en ne payant pas ces heures… tout en gardant le même niveau de production et de bénéfices. Tout cela aux frais de l’État et de l’Unedic, qui payent le chômage partiel !

Hôpital du Vinatier – Bron (Rhône) :  Covid...age de lits, non merci !

Echo d'entreprise
22/04/2020

des manifestants de l'hôpital du Vinatier

     A l'hôpital psychiatrique, une centaine de soignants se sont rassemblés, mardi 21 avril, à l'initiative des équipes d'unités qui sont visées par une fermeture. Lors de l'action, les slogans étaient : "fermeture de lits = patients en danger",  "covid...age de lits, non merci"...

     Pour justifier ces fermetures, la direction prétend qu'il faut libérer du personnel pour faire face à l'absentéisme. C'est un mensonge, car l'absentéisme est à peine plus grand qu'habituellement. La direction a déjà fermé 80 lits depuis le début de la crise et 80 patients ont été mis dehors précipitamment. Certains ne donnent plus de nouvelles. La direction prétend rouvrir ces unités après la crise. Personne n'y croit. Elle profite sans doute de la situation pour accélérer les fermetures de lits à l'hôpital.

     Elle a à cœur de rembourser un emprunt de 10 Millions d'euros auprès des banques. C'est donc pour assurer une rente aux financiers qui étranglent l'hôpital, que des postes de soignants sont supprimés et des patients mis dehors. La réaction du personnel témoigne du ras-le-bol de cette politique inhumaine. Heureux de s'être retrouvés nombreux malgré la période, les agents se sont rassemblés de nouveau mercredi à une cinquantaine et ils ont décidé de se retrouver de nouveau jeudi, et tous les mardis et jeudis suivants.

 

   

 

Renault Trucks – Vénissieux :  Les pièces avant la santé des salariés

Echo d'entreprise
21/04/2020

Un rassemblement à la PR à Vénissieux

     Le secteur des pièces de rechange n’a jamais cessé de travailler, avec 250 salariés, soit la moitié de l’effectif. La direction ne se contente pas de faire servir les pièces urgentes pour les véhicules en panne, mais aussi les pièces pour le renouvellement des stocks.

     Il a fallu des protestations et des délégations pour que la direction prenne un minimum de précautions comme la fourniture de gel hydro-alcoolique, le nettoyage des engins de manutention et une fin de poste anticipée pour que les équipes ne se rencontrent pas sur le poste... Mais le fait qu’il y ait plus d’une vingtaine de salariés en arrêt pour suspicion de contamination, certains avérés puisque testés, les autres ne l’ayant pas été, montre que ce minimum est bien insuffisant. Et c’est seulement le 20 avril que des masques ont commencé à être distribués !

     Pour faire passer la pilule, Renault Trucks va verser une prime de 50 € par jour travaillé entre le 18 mars et le 16 avril. Cela ne fera pas oublier les risques encourus par ceux qu’on a obligés à travailler dans de telles conditions, tout ça pour maintenir les profits de Renault Trucks.

Michelin :  Charité bien ordonnée commence par soi-même

Echo d'entreprise
20/04/2020

Le siège de l'entreprise Michelin Clermont-Ferrand, Fabien1309, commons.wikimedia.org

La direction vient d’adresser une note aux salariés pour leur suggérer de renoncer de leur plein gré à leur maigres augmentations prévues en mai prochain pour « témoigner leur solidarité à l’égard de leurs collègues des autres pays qui n’auront pas d’augmentation et/ou leur volonté de contribuer à préserver la trésorerie du Groupe dans ce contexte de crise. »

Fervents catholiques, la charité est une valeur imprégnant la famille Michelin depuis toujours... d’autant plus quand c’est avec l’argent des autres.

PSA Sept Fonds (Dompierre-sur-Besbre - Allier) :  Tant pis pour la santé des travailleurs, il faut des carters !

Echo d'entreprise
16/04/2020

La direction de l’usine PSA de Sept Fonds a décidé, comme dans l’ensemble du groupe PSA, de relancer la production de carters et de disques de freins. Pour l’instant, aucune date n’est fixée, elle sera décidée par la direction du groupe.

Bien sûr, la direction de Sept Fonds dit que tout a été fait pour assurer la sécurité sanitaire de chaque salarié. Il y aurait « une centaine de mesures concrètes et vérifiables » dans le protocole de redémarrage. On sait que quand un groupe industriel veut redémarrer il est prêt à tout pour que cela puisse se faire. Mais ce qui le guide, ce n’est sûrement pas la santé des travailleurs. Si c’était vrai, cela fait longtemps que cela se saurait, la silicose ou l’amiante sont de bons exemples.. Et tous les travailleurs savent que leurs conditions de travail, les patrons sont prêts à les piétiner pour pouvoir produire.

La directrice de Sept Fonds l’a d’ailleurs dit très crûment : « On demande à chaque travailleur d’être acteur de sa santé ». En clair, ça veut dire, si vous tombez malade, ce sera de votre faute…

Donc, rien de neuf sous le ciel capitaliste, virus ou pas virus, l’exploitation continue !

Hôpital de la Croix-Rousse - Lyon :  Le virus a bon dos

Echo d'entreprise
15/04/2020

L’hôpital ne cache plus son intention de rouvrir un maximum de services, malgré les risques de contamination au COVID-19. Mais si l’on peut comprendre la nécessité d’accueillir à nouveau les patients qui doivent recevoir des soins, il s’agit surtout, pour la direction de l’hôpital, de privilégier tout ce qui rapportera le plus à son budget…

C’est bien pour cette raison qu’un message vient d’être envoyé à l’ensemble du personnel, médical et non-médical : en prétextant un appel à la « mobilisation » face aux conséquences de la crise sanitaire, la direction s’y donne le droit de supprimer les congés d’été de n’importe quel salarié de l’hôpital, pour peu qu’elle juge sa présence nécessaire. Et alors que l’épidémie de COVID-19 est encore loin d’être terminée, elle impose aux salariés de prendre leurs congés dès maintenant, dans le but de les forcer à venir travailler en juillet et en août !

Cela fait déjà quelques années que la direction cherche à limiter les congés d’été pour maintenir ouverts les services les plus rentables. Et aujourd’hui, elle utilise honteusement la pandémie comme un prétexte pour légitimer les reculs qu’elle veut imposer au personnel depuis longtemps. Sur ce terrain, les hôpitaux ne se comportent pas autrement que bien des entreprises… Mais quelles que soient les façons de justifier ces attaques, les travailleurs n’ont pas à accepter de se sacrifier !