Framatome - Jarrie (banlieue de Grenoble) :  Produire à n’importe quel prix !

Echo d'entreprise
01/04/2020

La direction de Framatome, sous la pression d’EDF et du gouvernement, a décidé de maintenir la production coûte que coûte. Dans cette entreprise à Jarrie qui fabrique du zirconium,  quelques maigres mesures de protection ont été mises en place, mais très tardivement et seulement sous la pression des travailleurs et de leurs organisations syndicales. Le gel a été livré très en retard. Les masques ont été promis jeudi dernier… et la direction a découvert au CSE de lundi 30 qu’ils étaient stockés à Romans, montrant ainsi qu’elle ne s’en était pas préoccupé avant !  

Pour le moment, les masques sont réservés aux travailleurs qui ont des postes de travail leur interdisant de respecter la distance de sécurité. Et encore ils les ont eu avec retard, bien dix jours après le début du confinement.

La direction envisage de mettre en place quatre postes de 12H consécutifs, soit 48H sur 4 jours. Elle explique dans le même temps que la protection du travailleur repose sur son comportement individuel. Comment, dans des postes de 12H, rester vigilants sur les conditions sanitaires alors qu’il faut déjà l’être sur des installations dangereuses ?

De plus les équipes tournent avec un effectif totalement insuffisant : beaucoup de travailleurs sont en arrêt… et personne ne sait combien sont infectés par le Covid. L’atelier Métal fonctionne avec moins de la moitié de ses effectifs : or c’est là que se font les opérations particulièrement délicates de défournement des éponges de zirconium. Non seulement l’effectif est au mini, mais des travailleurs effectuent des opérations sans formation suffisante, seulement quelques jours, alors qu’en temps ordinaire elle dure de 6 à 8 semaines.

Les organisations syndicales demandent la fermeture du site avec paiement intégral du salaire. Ils exigent également qu’aucun dividende ne soit versé aux actionnaires !

Tous les travailleurs sont choqués de voir que la direction se procure des masques pour une production qui n’a rien de prioritaire alors qu’ils manquent cruellement dans les hôpitaux !

ST Microelectronics - Crolles (Isère) :  L€urs priorité€s et les nôtres

Echo d'entreprise
30/03/2020

L’usine ST Microelectronics de Crolles continue de produire malgré la crise du Covid-19. Des centaines d’opérateurs, certains en intérim, d’autres sous-traitants s’activent en salles blanches. Plusieurs cas suspectés de Covid-19 sont déjà déclarés dans l'entreprise. Les responsables n'en ont cure et distribuent masques et alcool pour les salariés.  Localement, ST a dans ses stocks 2 000 masques chirurgicaux et autant de masques FFP3 utilisés pour les services de maintenance. Une commande de plusieurs dizaines de milliers de masques devaient être livrée, un million ayant été commandé au niveau du groupe. Il manque des milliers de masques partout pour les soignants dans les hôpitaux, les Ehpad, pour les aides à domicile... pourtant le 23 mars, le MEDEF communiquait que les réquisitions de l’Etat étaient levées.

Et pendant la guerre, les affaires continuent. La presse vient d’annoncer que côté actionnaires, leur prochaine assemblée devrait décider de leur verser le même pactole que l’an dernier. Cynique.

Clermont-Ferrand :  Témoignage de Dominique Leclair, technicien chez Michelin

Echo d'entreprise
29/03/2020

Elior services - Saint-Etienne :  Les femmes de ménage excédées par leurs conditions de travail

Echo d'entreprise
29/03/2020

Avec la crise du Covid-19, s’il y a une catégorie de travailleuses oubliée, c’est bien celle des femmes de ménage. Pourtant tous les matins de bonne heure à tard le soir, dans les transports en commun, des femmes, des hommes, vont nettoyer et désinfecter les hôpitaux, les cliniques, les entreprises. Le plus souvent, elles n’ont pas de masques, tout juste des gants et des produits en quantité insuffisante.

A Saint-Etienne, partie de la colère des femmes de ménage qui travaillent à l’hôpital, une pétition syndicale (CGT - FO - CNT-So) fait le tour des hôpitaux de la région et des entreprises où le groupe Elior Services est prestataire du nettoyage.

Les travailleuses exigent des masques en nombre, du matériel en urgence. Elles savent que les soignants en manquent aussi, mais elles qui nettoient les locaux, parfois les chambres des malades n’ont rien, mettant leur vie en danger mais aussi celle de leur famille, des soignants et des malades.

Le directeur régional d’Elior se réfugie derrière le refus de l’Etat de l’approvisionner et demande à l’hôpital de fournir ses salariés. A croire que Elior, grand groupe international, ne peut acheter des masques alors que les industries qui tournent ont pu en commander par milliers. Exaspérées d’être traitées comme des laissées pour compte, elles ont alerté la presse. La pétition réclame aussi la prime de 1000 euros pour tous.

Comme l’a dit une des délégués CGT au directeur : “Si nous allons travailler, ce n’est pas pour vous, mais parce que nous ne pouvons pas lâcher les soignants et les patients”.

Depuis jeudi dernier, suite aux réclamations et un accord de l’hôpital avec Elior, deux masques par jour sont attribués par personne mais encore faut-il les réclamer et attendre la présence d’un cadre hospitalier pour y avoir accès.

Un virus meutrier menace la vie des exploités mais des parasites, riches actionnaires comme Robert Zolade, actionnaire majoritaire d’Elior, sont tout aussi dangereux.

ADPA - Agglomération de Grenoble :  Des moyens de protection insuffisants pour les aides à domicile !

Echo d'entreprise
28/03/2020

Les 500 salariées de l’ADPA de Grenoble, la plus grande association d’aide à domicile de personnes âgées du secteur, sont en colère ! Elles ont besoin de gel et de masques, et c’est la croix et la bannière pour en avoir. Le gel est arrivé après le début du confinement et est déjà en rupture de stock. Quant aux masques, elles en ont eu 2 au début… puis 7 aujourd’hui par semaine et par personne, ce qui reste très insuffisant vu qu’il doit être jeté toutes les 4 heures, alors qu’en plus elles font des horaires coupés.

Le ministre de la santé en avait promis 9 chacune, mais rien n’est venu !  Or, les masques sont vitaux car respecter les gestes barrière, notamment le mètre de distance entre chaque personne, pour les actes du quotidien comme les toilettes, les changes ou l’aide à la prise d’un repas, est impossible. 

Alors le personnel n’a cessé d’exprimer son mécontentement. Grâce à cette mobilisation, et malgré les blocages de l’Etat, jugeant le département non prioritaire, un équipement complet (charlottes, surblouses, surchaussures et lunettes) devrait être livré rapidement.  

Si cette catastrophe sanitaire a mis la lumière sur ces travailleuses jusqu’alors invisibles, elles ne sont pas dupes des hommages appuyés que les autorités leur rendent et savent que tout ce qu’elles obtiendront, elles devront l’arracher !

Et la colère est toujours là, contre l’absence de reconnaissance, contre la paie minable, contre l’incurie criminelle de l’Etat !

Hôpital du Vinatier - Bron (Rhône) :  La crise, déjà ancienne, ne fait que s’aggraver

Echo d'entreprise
26/03/2020

A l'hôpital psychiatrique du Vinatier, pour faire face à la crise, la direction a fermé 3 unités de soins afin de libérer du personnel en prévision d'un fort absentéisme pour maladie. Du coup, des patients sont mis dehors précipitamment. Certains malades inquiètent les soignants car leur état n'est pas stabilisé.

Comme partout, la direction gère la pénurie de masques et de gel. Le 24 mars, il n'y avait que quelques masques donnés au compte goutte et qui étaient périmés depuis 2007. Pour de nombreux salariés, il n'y avait rien. La direction adapte les consignes de sécurité à la pénurie : « vous n'avez besoin de masques qu'en cas... »

À cela s'ajoute les problèmes, déjà anciens, du manque de tenues propres causé par la fermeture de la blanchisserie. La direction a fait une note pour rappeler qu'il est interdit de ramener les tenues sales chez soi pour les laver, sans dire comment avoir du change propre.

Le plus choquant, c'est que la direction ne renonce pas à son plan d'économie de 10 millions. Elle continue les suppressions de lits et de personnels. Elle a simplement prolongé d'un mois les CDD qui devaient être licenciés. Cyniquement, elle leur dit : « Vous restez le temps de la crise, vous prendrez des risques et après on vous virera ».

Alors que l'état distribue des centaines de milliards aux patrons, il continue sa politique d'étranglement des hôpitaux publics et les directions locales, en fossoyeurs serviles, n'y trouvent rien à redire. De quoi alimenter la colère des travailleurs.

Tristan témoigne de la situation dans l'industrie pharmaceutique

Echo d'entreprise
26/03/2020

Michel témoigne de la situation dans l'automobile à Vénissieux

Echo d'entreprise
26/03/2020

Solvay - Saint-Fons (Rhône)  :  Sauver des vies, plutôt que le profit

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Malgré le risque lié à l’épidémie, Solvay continue à produire coûte que coûte et maintient les ouvriers au travail, pour des productions qui ne sont ni vitales ni urgentes. Par cette attitude irresponsable, le groupe contribue à répandre le virus et à engorger les hôpitaux. Il démontre qu'il se soucie plus de sa santé financière que de celle des travailleurs.

     Mais le pire n’est pas là. Alors que le personnel des hôpitaux réclame à cor et à cri des masques de protection face au Covid19,  Solvay arrive à s’en procurer en pleine crise pour pouvoir continuer la production. En laissant faire les patrons comme Solvay, le gouvernement, malgré ses discours mensongers, est complice de cette situation et envoie le personnel des hôpitaux au front sans protection !

Iveco - Annonay (Ardèche) :  Pendant l’épidémie, les patrons continuent leurs sales coups

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Vendredi 20 mars, Iveco a mis fin au contrat d’intérimaires qui étaient embauchés  jusqu’au 27 mars. La direction n’a même pas pris la peine de les prévenir. Ils l'ont appris avec plusieurs jours de retard. Pour eux c’est la double peine : en plus de la perte du salaire lors du passage au chômage, ils perdent plusieurs journées d'indemnisation à cause du délai pour actualiser leurs droits.

     Même en pleine épidémie, alors que l’on compte les morts, pour Iveco il n’y a que le fric qui compte. Cette entreprise riche à milliards jette les ouvriers comme des Kleenex. Un mépris dont les travailleurs se souviendront, et qui alimente la colère.