Iveco - Annonay (Ardèche) :  Un bel exemple d'incivilité

Echo d'entreprise
26/03/2020

     Iveco continue de préparer le redémarrage de son usine. Des camions venant d'Espagne et d'Italie ont livré des pièces. Pourtant, le transport par camions est censé se limiter aux marchandises indispensables, une limitation sur laquelle Iveco s'assoit.

     L'entreprise se vante d'avoir des centaines de masques pour les ouvriers. Des masques qui pourraient être livrés immédiatement à l'hôpital de la ville d'Annonay qui en manque. La production de quelques bus supplémentaires n'est ni vitale, ni urgente. Les industriels ont un portefeuille à la place du cerveau. Les travailleurs n'ont pas à mettre leur vie en danger pour cela.

La Poste – Saint-Étienne :  L'irresponsabilité de la direction, facteur d'aggravation du virus

Echo d'entreprise
25/03/2020

La Poste - Saint-Etienne

La Poste profite, comme beaucoup de sociétés, du flou et des ambigüités du gouvernement pour obliger les salariés à continuer à aller au travail, au nom de la "continuité du service public". Le service public, c'est donc lorsque ça les arrange, car ça fait longtemps que la Poste est gérée comme une boîte privée !

La direction a insisté pour que les guichets restent ouverts, car il y a la partie banque, très importante pour elle. Et au courrier, si le gel et les gants sont distribués (ou plutôt, il faut aller les chercher dans le bureau des chefs !), les masques sont absents. Les mesures de distanciation sociale sont respectées pour le tri général mais, là où le bât blesse, c'est pour la préparation des tournées, où les casiers sont en rang d'oignons.

Vu la baisse du volume du courrier du fait du confinement, les facteurs demandent à ne travailler qu'un jour sur deux, et en horaire décalé. On y vient, mais tout ce temps perdu a mis en danger des vies de postiers et d'usagers !

 

Luxfer à Gerzat (Puy-de-Dôme) :  Le règne de la propriété privée

Echo d'entreprise
24/03/2020

L’usine de Luxfer à Gerzat dans le Puy de dôme était, avant sa fermeture en juin 2019, spécialisée dans la fabrication de bouteilles d’oxygène. Le site de Gerzat qui a fermé pour « raisons économiques » alors qu’il générait plus d’un million d’euros de bénéfices en 2018, était occupé depuis le 20 janvier par les ouvriers en colère. Ils ont dû le quitter pour respecter le confinement.

Devant la pénurie de bouteilles d’oxygène déjà constatée en Italie et qui s’annonce en France, la CGT demande la nationalisation et le redémarrage de la production de bouteilles d'oxygène à destination des hopitaux soignant le covid-19.

Le ministère de l’économie et des finances lui répond que ce n’est pas possible car cela va à l’encontre du droit de propriété.

Par contre le droit d’être soigné pour les malades, le droit d’avoir un emploi pour les travailleurs… tout ça n’est pas important pour le gouvernement.

Comme le disent les paroles de l’Internationale, le chant des travailleurs : « Nul devoir ne s'impose au riche ; Le droit du pauvre est un mot creux ».

Iveco - Annonay (Ardèche) :  Des préparatifs de reprise scandaleux

Echo d'entreprise
24/03/2020

Une chaîne de montage d'Iveco

     Dans la presse, Iveco a annoncé la fermeture de l'usine d'Annonay jusqu'au 27 mars inclus. C'est un mensonge éhonté. Les ouvriers du nettoyage ont été convoqués dès vendredi 19 mars, ce que certains ont refusé.  À partir de lundi 23, des ouvriers du nettoyage, une minorité d'ouvriers de plusieurs ateliers et les employés des bureaux ont dû se rendre au travail. Des masques fournis étaient sensés tenir toute la journée, ce qui est un autre mensonge. Des délimitations ont été tracées dans les vestiaires ou les sanitaires pour, prétendument, maintenir les ouvriers à distance. Mais les présents sont bien conscients que ces précautions sont bidons. Si l'usine repart, ce sont des centaines d'ouvriers qui se serreront dans les ateliers.

     L'épidémie s'intensifie, les mesures de confinement se durcissent, il n'y a rien d'urgent à sortir des bus... mais Iveco s'en moque. La famille Agnelli, principale actionnaire de Fiat et Iveco, a maintenu l'activité de ses usines italiennes le plus longtemps possible, jouant avec la santé des ouvriers. Ceux-ci ont répondu par la grève et ont forcé Fiat à fermer. Les travailleurs d'Iveco, non plus, n'ont pas à se mettre en danger pour que les Agnelli engraissent un peu plus.

Michelin (Clermont-Ferrand) :  La course irresponsable au profit

Echo d'entreprise
24/03/2020

Au nom des « besoins de services publics » Michelin maintien certaines productions, entraînant la présence de plusieurs centaines de travailleurs dans les ateliers.

Ainsi à Clermont-Ferrand, des salariés travaillent pour produire des pneus pour les métros.

Même en admettant qu’il y ait un réel besoin, ce n’est pas le besoins du service publics qui justifie que la production soit maintenue malgré les dangers sanitaires pour ceux qui viennent à l’usine. C’est à cause de la politique de Michelin de limiter les stocks et de produire à flux tendu au point de ne pas pouvoir arrêter la production pendant quelques semaines !

Carrefour – Vénissieux (Rhône) :  Le front et les profiteurs

Echo d'entreprise
24/03/2020

Un débrayage en 2018

     Les salariés de l'hypermarché vont à leur travail la peur au ventre. En effet, les mesures de protections sont insuffisantes depuis le début. Jusqu'alors, il n'y avait pas assez de masques, et ceux qui sont maintenant distribués sont périmés. Or la semaine du 16 mars, ils ont été exposés à l'afflux considérable de clients avec très peu de protections. Le PDG de Carrefour, Bompard, se dédouane, dans un courrier adressé au personnel, en prétextant la réquisition par le gouvernement de son stock de masques non-périmés.

     De plus, dès la semaine dernière, il y a eu les premiers cas de salariés suspectés d'être contaminés. Mais la direction n'a pas jugé utile d'avertir et d'isoler les travailleurs qui avaient été en contact avec les contaminés. Alors, lorsque le PDG annonce qu'il va donner une prime de 1000 euros à ceux qui sont en première ligne, comme les travailleurs de la grande distribution, beaucoup se disent que ce n'est pas cher payé, lorsqu'on risque sa vie ! Lui, comme les actionnaires pour qui il travaille, sont plus préoccupés par leur chiffre d'affaires et les bénéfices qu'ils peuvent en retirer que la sécurité des salariés.

Hôpital psychiatrique Saint-Jean-de-Dieu - Lyon :  La direction pas du tout solidaire des personnels !

Echo d'entreprise
23/03/2020

     L’hôpital est fermé aux visiteurs. Depuis peu, les patients ne peuvent plus sortir dans le parc et sont confinés dans leurs services. Une unité de 12 lits a été ouverte à destination des patients qui seraient positifs au Covid 19.

     Le plan blanc a été déclenché : infirmiers et aides-soignants travaillent 5 ou 6 jours, puis la semaine qui suit sont « en réserve » chez eux, mobilisables à tout moment pour suppléer aux absences. Il a été fait appel aux « jeunes » retraités. Les équipes ASH n’ont pas été renforcées malgré l’augmentation de la charge de travail. Comme partout, le matériel manque cruellement !

     A l’extérieur, des initiatives solidaires à l’égard des hospitaliers se développent de plus en plus : des boulangers livrent le pain et les croissants, d’autres des pizzas, certains se portent volontaires pour garder leurs enfants, les héberger, les applaudissements tous les soirs…

     Contre toute attente, comme le resto du personnel est fermé, la direction a annoncé que pour se nourrir, les personnels doivent apporter leur repas !!! Alors qu’il serait simple de commander quelques repas en plus de ceux des patients. Nous sommes en guerre (6 fois), mais là encore, les soldats sont envoyés au front sans armes (très peu de masques) et qui plus est sans la ration alimentaire !

 

 

 

Renault Trucks (Vénissieux) :  Seule la mobilisation peut protéger les travailleurs

Echo d'entreprise
23/03/2020

     À Renault Trucks, ce n’est qu’à la suite d’arrêts de travail dans les usines de Bourg, Vénissieux et Blainville, au début de la semaine du 16 mars, que la direction avait finalement annoncé la fermeture de tous les sites de production. Mais en fait certains secteurs tournent toujours. C’est le cas à Vénissieux à la Pièce de rechange et aussi à la Fonderie.

     Une délégation de travailleurs est allée interpeller la direction de la PR mercredi 18 pour demander la fermeture du secteur et de ne servir que les pièces urgentes. Car la direction, qui prend prétexte de la nécessité légitime d’assurer un bon fonctionnement des camions transportant du matériel soit pour les services de santé, soit qui approvisionnent la population en nourriture, en profite pour servir toutes sortes de pièces urgentes ou pas. Elle avait promis une diminution des effectifs à partir du lundi 23, il n’en a rien été, bien au contraire : l’effectif a même augmenté avec des intérimaires et des étudiants.

     Ce même lundi, au début de l’équipe du matin, les travailleurs ont eu la surprise de constater que des affichettes étaient placées à l’entrée d’une « zone infectée par le COVID 19 ». Et aux travailleurs qui ont arrêté le travail pour obtenir des explications, la direction et la médecine du travail ont affirmé qu’il y avait peu de risque d’attraper le virus. Il n'y a que par leur mobilisation qu’ils feront passer leur santé et leur vie avant la production et les profits.

Conseil Départemental de Haute-Savoie :  Pour les agents de l’Action sociale, c'est la galère

Echo d'entreprise
23/03/2020

Pour les salariés, qui ont en charge l’accueil du public précaire, l’accompagnement des enfants placés par l'Aide Sociale à l'Enfance, le suivi des femmes venant d’accoucher, les liens avec les bénéficiaires des aides aux personnes âgées et handicapées, la situation était déjà compliquée avant l’apparition du virus, du fait du manque de personnel. Depuis les annonces de Macron, le 12 mars, ils ont dû s'organiser et travailler sans compter pour garder à flot les services.

Dans les services d’aide à domicile, il manquait déjà des aide-ménagères, aides-soignants et infirmiers. Alors, avec ceux qui sont contraints de rester chez eux, les moyens d’intervention sont encore diminués. Pour ceux de la Petite enfance, puéricultrices, infirmières, médecins, dont certains vont à domicile ou font des permanences de vaccination, très peu de masques sont disponibles. Dans un camp de familles roms près d'Annemasse, en plus du Covid 19, une épidémie de rougeole s'est déclarée. Les médecins de la Protection Maternelle et Infantile, volontaires, sont allés faire les dépistages. Alors qu'une commande de 1700 masques n'était toujours pas livrée. C'est dramatique.

De nombreux agents, avec leurs propres téléphones, tentent de maintenir au moins un lien téléphonique avec les personnes et familles accompagnées. Les lignes sont saturées d’appels d’assistantes maternelles, inquiètes d’accueillir sans matériel de protection les enfants des salariés ou de perdre leurs revenus.

Dans les équipes de l’Aide sociale à l’enfance, les éducateurs n'ont aucun masque quand ils interviennent au domicile des familles dont ils font le suivi des jeunes. Mais le confinement de ces jeunes dans les familles, confinées au même endroit, est la plupart du temps très conflictuel, voire explosif. Le travail des professionnels, qui consiste à ce que la situation n'empire pas, est alors très éprouvant.

Les foyers accueillant 7 jours sur 7 les jeunes placés ont dû se réorganiser dans l'urgence : heureusement des éducateurs volontaires se sont proposés pour renforcer les équipes, déjà en sous-effectifs chronique. Mais le confinement individuel des jeunes est impossible, alors qu'il est déjà difficile pour beaucoup d'entre eux en temps normal de rester dans l'établissement, vivre isolés dans leur chambre est impensable.

La situation créée par le Coronavirus accentue le manque de personnel déjà préexistant dans l'accompagnement des personnes précaires et fragiles. Les professionnels ont en mémoire la canicule de 2003 et craignent que les plus isolées d’entre ces personnes soient à nouveau victimes collatérales. Demander des comptes aux responsables de cette situation calamiteuse et imposer la création de postes correctement payés est une nécessité. Et le plus tôt sera le mieux.

Caterpillar (Grenoble et Echirolles) :  Les ouvriers lâchent les chaînes d’assemblage

Echo d'entreprise
22/03/2020

Depuis le début de l’épidémie du coronavirus parti de Chine, Caterpillar a invoqué des difficultés pour s’attaquer aux travailleurs de ses deux usines, à Grenoble et Echirolles.

Il y eut d’abord la pose obligatoire de plusieurs journées RTT au prétexte du manque d’approvisionnement venant de Chine.

Puis, l’épidémie se propageant en France, la direction pris des mesures “barrières” contraignantes pour les travailleurs : suppression des bus de ramassage, fermeture de la cantine et des vestiaires. Il fallait arriver en tenue de travail et repartir sale de l’usine. Pour éviter tout croisement, les équipes étaient décalées d’une heure.

Mais le mardi 17 mars au matin, lendemain des annonces de confinement de Macron, le remous était palpable sur les chaînes d’assemblage des deux usines, où les ouvriers travaillent dans la promiscuité. Sans demande d’autorisation, embauchés, intérimaires, sous-traitants, tous cessèrent spontanément le travail. La direction décida alors la fermeture pour quinze jours et à 10 heures, trois heures avant la fin de poste, les ouvriers quittaient les usines, en chômage partiel.

La direction a réussi à faire l’unité des travailleurs. À se souvenir contre ses prochains mauvais coups !