ST Microelectronics (Agglomération de Grenoble) :  Les puces avant les virus

Echo d'entreprise
22/03/2020

STMicroelectronics est une multinationale qui emploie 46 000 salariés dans le monde, dont 10 000 en France. Cette entreprise fabrique des semiconducteurs utilisés dans les appareils électroniques de la vie quotidienne, les automobiles et les équipements industriels. Rien qui puisse de près ou de loin être utile dans le domaine médical à court terme. 

Sur le site de Grenoble, la plupart des 1 800 ingénieurs du site, sont en télétravail. Quant à la centaine de salariés restants, leur hiérarchie leur demande de venir travailler.

Sur le site de Crolles, où travaillent habituellement 4 000 salariés dont 2 000 en production, les ouvriers encore en poste en salles blanches doivent assurer la production avec 50% de l’effectif, y compris intérimaires et CDD. La direction veut continuer coûte que coûte à produire pour dit-elle “sortir gagnants de cette crise” face à ses concurrents. Elle a proposé 300 euros de prime mensuelle pour un temps plein, réservée aux travailleurs ST, en oubliant au passage ceux de la sous-traitance, du nettoyage, de la maintenance, de la logistique, gardiens, pourtant eux aussi, de la chair à profit.

Quelques mesures ont été prises sur les deux sites, pas de quoi calmer les angoisses : distances de sécurité, gel hydroalcoolique et même des masques type FFP2 qui devraient être fournis dans les jours à venir. Une mesure choquante quand on sait que les hôpitaux en manquent cruellement.

Hormis la CGT, les syndicats CGC, CFDT collaborent et ont signé un accord national avec la direction pour maintenir la production.

Comme l’a dit un travailleur "les salariés vont au front et les friqués sont à l'abri".

Voilà la déclinaison sociale de la guerre dont parle Macron…

Michelin :  Au voleur !

Echo d'entreprise
22/03/2020

Site de La Combaude (Clermont-Ferrand)

Dès lundi, le groupe Michelin avait annoncé la fermeture de ses usines. Mais depuis, c’était silence total sur la façon dont on serait rémunéré.

Finalement, le groupe a annoncé hier ne plus avoir recours au chômage partiel pour l’instant, comme il l’avait dit en début de semaine, et d’imposer aux travailleurs de prendre du 18 au 31 mars – l’équivalent de deux semaines - sur leur 5ème semaine de congés, leur JDR (RTT) et leur CET (Compte Epargne Temps).

Autant de jour de repos que les salariés ne pourront pas prendre quand ils le voudront.

Si la fermeture devait durer en avril, ce serait du chômage partiel payé à 80% au lieu de 70%, la direction dans sa grande générosité rajoutant 10% pour essayer de faire passer la pilule du rabotage actuel des congés payés. Mais ce sera tout de même 10% à 15 % de perte sur le salaire net, sans compter les primes qui sautent aussi. Ce sont encore les travailleurs qui vont y perdre.

Avec un bénéfice record de 1,7 milliard d’euros en 2019, Michelin peut et doit payer l’intégralité des jours de fermetures et ne pas toucher aux congés.

Hospices civils de Lyon :  La bataille pour les masques

Echo d'entreprise
20/03/2020

Une affiche du personnel de l'Hôpital de la Croix Rousse dénonçant le manque de masques

Au Groupement Hospitalier Est, c’est la croix et la bannière pour avoir des masques. Ils sont lâchés au compte-goutte : il faut tousser pour en obtenir.  Dans un service, pendant qu’un collègue discutait avec le cadre, un autre a dû se glisser dans son bureau pour récupérer de quoi travailler en sécurité. Ailleurs, certains ont refusé de travailler tant qu’ils n’en avaient pas, voire ont dû aller se servir dans d’autres services. La direction ne fait que promettre et encore, un seul masque par jour pour ceux qui ne sont pas dans les services qui s’occupent des malades du Covid-19. Un masque, ça tient 4 heures maximum.

Macron affirme qu’on est en guerre, mais en temps de guerre, les gouvernements se montrent capables de réquisitionner des entreprises et adapter leur production à la production d’armes ou d’uniformes. Le gouvernement aurait pu en faire autant pour la production de masques ou de gel hydro-alcoolique, si son mépris de classe pour les travailleurs n’avait eu d’égal que sa soumission aux profits des entreprises.

Michelin :  Produire avant tout

Echo d'entreprise
19/03/2020

Contrairement à ce que les médias ont annoncé, Michelin n'a pas fermé toutes ses usines. Deux continuent à produire partiellement. Celle de Montceau avec 150 salariés et celle de Saint-Doulchard, à côté de Bourges, avec 80 salariés. Dans ces deux usines, ce sont une partie des productions militaires qui sont maintenues.

C'est donc au mépris des risques de contamination que des travailleurs sont désignés pour assurer la continuité de la politique guerrière des Etats et notamment de la France, comme au Mali par exemple.

Depuis le début de la crise du Covid-19, les directions locales et nationales n'ont cessé de reculer le moment de l'arrêt des productions, se réfugiant derrière les consignes du gouvernement.

Dans les usines, les directions ont été incapables de supprimer les essuie-mains tissu et de les remplacer par des essuie-mains papier à usage unique. Pourtant quand il s'agit d'augmenter les productions, c'est du jour au lendemain !

Quant aux travailleurs des ateliers où la production est arrêtée depuis 4 jours et sans doute pour un moment encore, la direction était toujours incapable de leur dire ce jeudi 19 mars, comment ils seraient payés et combien.

Au retour dans l’usine, il sera nécessaire d’exiger que pas un centime ne manque sur la paie déjà trop maigre.

Amazon - Montélimar (Drôme) :  Les travailleurs refusent de se sacrifier pour les profits de Jeff Bezos

Echo d'entreprise
19/03/2020

Depuis 3 jours, entre 50 et 100 travailleurs de la plateforme Amazon de Montélimar débrayent quotidiennement pour réclamer la fermeture du site face au danger du coronavirus. Des centaines de travailleurs embauchés, auxquels se rajoutent chaque jour de nouveaux intérimaires, sont forcés de venir se changer dans les vestiaires, de se croiser dans les allées, sans pouvoir respecter la distance minimale préconisée pour empêcher la contagion.

Les dirigeants prétendent que leur activité est essentielle au fonctionnement de la vie sociale, mais il leur est difficile de dissimuler que tout ce qui les intéresse, c’est de maintenir leurs profits faramineux.

Dans un geste qu’ils ont cru généreux, les dirigeants ont osé évoquer une augmentation de 2€ de l’heure, uniquement le temps de l’épidémie. On leur parle de sauver des vies, ils répondent uniquement pognon. Décidément, exploités et exploiteurs, on n’a pas les mêmes valeurs.

Ivéco Bus- Annonay (Ardèche) :  Usine fermée... faute de pièces, pas faute de virus !

Echo d'entreprise
19/03/2020

L'usine Iveco d'Annonay, qui fabrique des bus et des cars, est à l'arrêt depuis lundi 16 mars. Mais en cette période de confinement, ce n'est pas le virus qui a poussé le patron à fermer boutique... ou du moins, pas le risque qu'il fait courir aux travailleurs ! En effet, la présence de deux travailleurs contaminés n’a pas empêché le site de continuer à tourner jusque lundi, sans masque ni gel. En réalité, ce sont les approvisionnements en provenance de Chine et d'Italie qui n'arrivent plus, à cause des usines arrêtées dans les régions contaminées. Le patron a donc jugé plus avantageux pour lui de renvoyer les ouvriers chez eux... en imposant de prendre sur leurs congés de fin d'année et leurs journées de RTT. Et qu’importe si l’épidémie ne fait que commencer, la consigne est de redémarrer dans une semaine si les pièces sont arrivées. Mais pas sûr que les travailleurs de l'usine acceptent de venir s'exposer dans des ateliers confinés pour les profits du patron.

 

Agglomération de Grenoble :  Les profits avant la lutte contre le coronavirus

Echo d'entreprise
18/03/2020

Photo Travailleur Alpin

Malgré les risques de contamination au boulot et dans les transports, de grandes entreprises de l’agglomération grenobloise continuent de faire tourner leurs usines de production. Face à l’inquiétude des ouvriers qui ont le sentiment d’être les sacrifiés pour les profits et les demandes syndicales pour stopper l’activité, les patrons ne lâchent pas comme ça.

Chez Schneider, à ST Microélectronique et Soïtec à Crolles, sur la plateforme chimique de Pont de Claix et à Becton Dickinson, les directions refusent de fermer. Certaines invoquent des fabrications indispensables tout en refusant d’apporter la moindre transparence. Ailleurs, c’est sous la pression des menaces de droit de retrait que les usines ont fermé comme chez A. Raymond et Caterpillar.

C’est la guerre a dit Macron, mais l’effort de guerre, c’est seulement avec la peau des ouvriers des usines et ceux des sous-traitants.

Solvay - Saint-Fons (Rhône) :  Business as usual (Comme d'habitude)

Echo d'entreprise
18/03/2020

L'usine Solvay chimie de Saint-Fons

     Mardi 17, la direction de Solvay a annoncé que la production allait continuer tant que c’était possible. L’usine produit de la vaniline et divers produits chimiques intermédiaires, donc rien de particulièrement indispensable pour la société.

     Des travailleurs sont donc contraints de venir s’entasser dans des salles de contrôle où ils se succèdent sur les mêmes claviers en équipes successives, sans aucun moyen supplémentaire pour le ménage et la désinfection des salles de travail, sans protection particulière, sauf quelques lingettes. Et comment respecte-t-on les fameux « gestes barrière » quand on est confiné à 7, 8, 9,  10 salariés durant 8 heures en salle de contrôle ?

     Si les capitalistes, avec le nez rivé sur leurs profits, sont incapables d’être responsables, que les travailleurs leur enlèvent la direction des usines !

           

Coronavirus - Echos de la logistique - Saint Quentin Fallavier (Nord-isère) :  La misère ou la surexploitation

Echo d'entreprise
18/03/2020

Dans la logistique non-alimentaire, pratiquement tous les entrepôts ont fermé et des milliers d’intérimaires ont vu leurs missions interrompues ces dernières semaines ou ces derniers jours. Mais dans l’alimentaire, la surexploitation est de mise avec des équipes 24 h sur 24, 7 jours sur 7 pour ceux livrant les Carrefour ou 45 heures, 50 heures hebdomadaires voire plus chez Aldi avec certains travailleurs qui soulèvent plus de 10 tonnes de marchandises chaque jour. Pendant que des milliers d’intérimaires sont au chômage, quelques centaines de travailleurs triment tels des bêtes de somme. Il est urgent d’organiser une répartition du travail entre tous les bras disponibles. Les salaires de tous, confinés ou au travail, en CDI, en CDD ou en intérim doivent être payés intégralement par les patrons de ces grands groupes, y compris aux intérimaires qui ont perdu leur emploi.