Huitième liste constituée, Lutte ouvrière se lance dans la bataille des municipales à Montluçon

Article de presse
22/02/2020

Jean-François Reul est la tête de la liste de Lutte ouvrière. Intitulée comme en 2014, « Faire entendre le camp des travailleurs », celle-ci a déjà été déposée en préfecture © Cécile CHAMPAGNAT

Lutte ouvrière a bouclé sa liste. Il s’agit de la huitième en lice pour les municipales, à Montluçon. Portée par Jean-François Reul, elle s’intitule « Faire entendre le camp des travailleurs ».

Lutte ouvrière ne manque jamais une élection quelle qu’elle soit, quand elle peut y participer. Pour les municipales, c’est Jean-François Reul qui portera la voix des travailleurs. Ce Montluçonnais, retraité de la SNCF et âgé de 65 ans, reprend le flambeau après le départ pour Paris de l’ancienne tête de liste, Véronique Dreyfus.

Il n’est pas un novice puisqu’il se présente pour la troisième fois, aux côtés de Bernadette Jouanny, deuxième sur sa liste. « Il est important pour nous qu’il y ait une liste Lutte ouvrière, débute l’intéressé. Une municipalité LO peut être un point d’appui pour les luttes », en particulier en plein mouvement social comme celui que connaît le pays depuis un an.

Des colistiers âgés de 20 à 85 ans, dont d'anciens membres du PC

Bouclée, la liste de Lutte ouvrière est baptisée « Faire entendre le camp des travailleurs », comme en 2014, où le parti avait été crédité de 2,5 %. Elle a déjà été déposée en préfecture. Elle regroupe des colistiers âgés de 20 à 85 ans, d’anciens membres du Parti communiste et « beaucoup de gens issus des communautés portugaise, turque et des Comores. Elle est internationaliste », précise Jean-François Reul.

Surtout, elle réunit des ouvriers et des techniciens dont elle veut faire entendre la voix. « La classe ouvrière est celle qui fait tout fonctionner », il faut que « les luttes s’amplifient », en particulier afin d’avoir enfin des « services publics dignes de ce nom ».

Aucune alliance avec une autre liste possible

Huitième liste à se lancer, Lutte ouvrière aurait-elle pu s’allier à d’autres à Montluçon?? « Impossible », tranche Jean-François Reul, qui parle de « désaccords profonds avec le Parti communiste. On revendique que nous sommes les seuls communistes de Montluçon ».

On peut difficilement avoir un programme municipal pour Montluçon si on n’a pas un changement radical de la société. Nous déjà, on aurait fait beaucoup moins de béton et beaucoup plus de social.

« Les personnes sont laissées dans la misère, reprend Jean-François Reul. On est quand même la ville des 20 % : 20 % de chômeurs, 20 % de pauvres, 20 % de logements vacants. On a vu l’extrême misère dans les quartiers. »

Un foncier local trop élevé

L’une des choses qui nuit à l’activité de Montluçon, selon la tête de liste, c’est également « le montant du foncier. On a des exemples de personnes qui voulaient s’installer ici et qui ont fui », assure Jean-François Reul, qui n’oublie pas qu’entre la baisse de la taxe d’habitation et la baisse des dotations de l’État, « les villes sont étranglées et obligées de faire des choix ».Côté santé, « on aurait pu payer des hôpitaux avec l’argent du crédit d’impôt donné aux entreprises. D’ailleurs, on ne devrait même pas avoir de notion de déficit pour les hôpitaux », renchérit Jean-François Reul.

Pour la gratuité des transports et une relance du train

Il y a pourtant des choses à faire tout de suite pour Montluçon, comme « la mise en route des transports publics gratuits comme à Châteauroux, pense la tête de liste. Cela engendre une augmentation de la fréquentation, une baisse de la pollution et des économies sur la billetterie. Les transports gratuits sont quelque chose qu’on peut faire sans que ça coûte énormément d’argent ».

Autres points qui tiennent à cœur à Lutte ouvrière : la gratuité des locaux pour l’édifice communal ou encore la relance du rail.

 

Gaëlle Chazal - La Montagne Montluçon

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