Européennes : :  La militante échirolloise Chantal Gomez défend, une fois encore, les couleurs de Lutte ouvrière

Article de presse
20/05/2019

Nathalie Arthaud tête de liste de LO aux élections européennes 2019, et Chantal Gomez, 11e sur la liste. DR

FOCUS – Militante inusable du parti Lutte ouvrière, conseillère municipale à Échirolles de 2008 à 2014, Chantal Gomez reprend, à l’occasion des élections européennes, son bâton de pèlerin pour défendre le « camp des travailleurs contre le grand capital ». La militante occupe la 11e place de la liste Lutte ouvrière conduite par Nathalie Arthaud.

« L’augmentation des salaires », « l’indexation des salaires sur la hausse de prix », « l’interdiction des licenciements », « la répartition du travail entre tous », « l’expropriation des grands capitalistes »…

D’élection en élection, le parti Lutte ouvrière déroule les mêmes revendications et n’a de cesse de défendre le « camp des travailleurs ». Cette fois encore, il envoie les mêmes messages dans le cadre des élections européennes, où trente-quatre listes sont en compétition dans l’Hexagone.

Localement, c’est Chantal Gomez, figure iséroise du militantisme d’extrême gauche, 11e sur la liste, qui relaie le programme de LO : « Seule la mobilisation, la lutte des travailleurs pourra faire reculer le grand capital […] », affirme-t-elle.

Faire reculer le grand capital, une impérieuse nécessité plus que jamais d’actualité, à croire les militants de LO. Ce serait même le meilleur moyen de lutter contre le réchauffement climatique. « Ils [les autres listes, ndlr] ont tous des bonnes idées sur l’écologie mais ils font comment ? questionne Chantal Gomez. Les Verts ont été au gouvernement. Ils n’ont pas été fichus d’empêcher Total de polluer, raille-t-elle. Avant d’asséner : « Il faut enlever ce pouvoir nuisible que les grands patrons ont sur la société, y compris en matière d’environnement […] »

Retraitée et toujours militante syndicale

« Nous, on est les seuls à dire qu’il faut s’en prendre à cette classe de capitalistes, de grands patrons, d’industriels, de financiers… Des riches qui sont capables de claquer un milliard en une nuit pour Notre Dame de Paris… », déclame Chantal Gomez avec cette ardeur qu’ont les militants politiques en meeting.

Dessinatrice technique dans la fonction publique pendant trente ans, après avoir exercé dans le secteur privé, Chantal Gomez est aujourd’hui retraitée mais toujours sur le « terrain des luttes ».

Elle fait, en effet, mention sur le site de campagne de LO, de son action de « militante syndicale dans le secteur du nettoyage ». Et fait ce constat désolant : « J’en vois des femmes, des hommes qui subissent la précarité, les petits boulots, obligés parfois d’avoir deux ou trois patrons pour à peine le smic, avec des amplitudes de travail énormes. »

Contrairement à de nombreux militants politiques de partis minoritaires, Chantal Gomez peut s’enorgueillir d’avoir été élue de 2008 à 2014 à la mairie d’Échirolles. Par ailleurs, l’Échirolloise a plus d’une campagne à son actif, toujours aux côtés de Lutte ouvrière.

Tête de liste aux dernières élections européennes de 2014 pour la grande région Sud-Est pour la liste Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs, elle avait recueilli 29 872 voix… soit 0,90 % des suffrages exprimés. Au niveau national, le résultat était sensiblement plus élevé, avec 1,17 %. Ce qui demeure toutefois largement insuffisant pour siéger au Parlement européen.

« Nos idées ont de l’avenir pour tous les travailleurs du monde »

Pour le 26 mai prochain, la liste LO serait créditée de 0,5 à 1 % de voix, selon les derniers sondages. Le parti Lutte ouvrière semble désespérément relégué en queue de peloton dans les résultats électoraux. À qui la faute ? rétorque Chantal Gomez : « On n’a pas l’accès aux médias de tous ces grands partis. Nos idées, on les entend peu. »

Quant aux électeurs, bon nombre ont le moral dans les chaussettes, poursuit la militante : « Aujourd’hui, la classe ouvrière est plutôt démoralisée. Elle baisse la tête. Bon, il y a eu le mouvement des gilets jaunes qui a provoqué un appel d’air, mais quand même insuffisant… » La militante ne veut pas se laisser abattre pour autant : « On est peut-être minoritaire, mais on pense que nos idées ont de l’avenir pour toute la planète, pour tous les travailleurs du monde. »

Si partir seul aux élections européennes n’a guère réussi au parti d’extrême gauche, le ticket LO – Ligue communiste révolutionnaire (LCR) lors des élections européennes de 1999 s’était en revanche révélé gagnant. La liste avait recueilli 5,18 % et obtenu cinq sièges au Parlement européen, dont trois pour LO. Côté LCR, la militante iséroise Roseline Vachetta avait décroché un mandat.

Pour ces européennes, il a bien été question d’une liste commune avec le Nouveau parti anticapitaliste (ex-LCR). Mais le NPA s’est désisté, faute de moyens financiers, tout en appelant à voter pour la liste LO.

Aller voter pour montrer « son désaccord, marquer sa colère »

Communiste révolutionnaire dans l’âme, Chantal Gomez n’est pas dupe : « Ce n’est pas une élection qui fera reculer les choses. Si on s’adresse aux travailleurs, c’est parce que ce sont eux qui sont porteurs du changement. Pas parce qu’ils sont mieux que les autres, mais parce qu’ils sont au cœur de l’entreprise. C’est par eux et leur mobilisation ou leur grève, et surtout par la contestation du pouvoir des grands patrons, que les choses vont changer. »

Les abstentionnistes pourraient être encore nombreux, étant donné le faible intérêt des Français pour cette élection. Chantal Gomez ne peut leur donner tort : « Les gens sont tous un peu dégoûtés et voient bien que les élections ne changent pas les choses, que les marionnettes politiques Sarkozy, Hollande et Macron se succèdent tous au pouvoir et que la situation continue à s’aggraver… »

Néanmoins, et même si les élections ne changent rien à ses yeux, Chantal Gomez exhorte les électeurs à se déplacer dimanche 26 mais vers leur bureau de vote : « On peut au moins s’exprimer et dire ce qu’on pense, montrer son désaccord, marquer sa colère en votant pour le camp des travailleurs », estime-t-elle.

Séverine Cattiaux

@ Place Gre'net