Rhône | Élections métropolitaines :  Olivier Minoux, le « bagarreur » de LO

Article de presse
12/03/2020

Olivier Minoux, le candidat Lutte ouvrière à la Métropole et à la mairie de Lyon. Photo Progrès/Diane MALOSSE

Cela fait plusieurs années que cet ouvrier dans la chimie se présente aux élections pour Lutte ouvrière. À 51 ans, ce « révolutionnaire » a de nombreuses luttes sociales à son actif.

« Rapport de force », « lutte », « bagarre »… Une heure passée avec Olivier Minoux, et c’est ce vocable intransigeant qui ressort le plus de ses paroles. Car celui qui incarne la campagne de Lutte ouvrière pour la Métropole et la mairie de Lyon a une vision politique qui n’admet ni la synthèse ni les compromissions. Ni les exigences de la réalité, d’ailleurs. Les riches contre les travailleurs, les dominants contre les dominés…

Lutte ouvrière ne se présente pas pour dévoiler « un catalogue de mesures » ou pour prétendre à gouverner, mais pour dire aux travailleurs de « reprendre le pouvoir ». Pour « contester le pouvoir à ces grands groupes capitalistes », « lutter contre la rapacité des bourgeois », il faut se regrouper : « sans nous, l’économie s’arrête en partie, on l’a vu en décembre, on est au cœur du système mais on n’a pas de prise ». Olivier Minoux en est persuadé : c’est la lutte collective au sein des entreprises qui favorise le progrès social, et pas le sit-in sur un rond-point. Encore moins une quelconque élection…

« Les coups sont venus d’un gouvernement de gauche »

Attablé au Café Le 7e arrondissement, cet ouvrier dans la chimie à l’attitude discrète et au sourire franc a pris soin de coucher sur le papier une mini biographie de deux pages, qui s’apparente en substance à une liste des luttes sociales qu’il a menées. Jeune lycéen professionnel en graphisme à Mâcon, c’est contre la loi Devaquet qu’il fait « ses premières armes de contestataire » en 1986. À Lyon, où il arrive à 18 ans pour travailler chez un artisan, il rencontre ses « camarades ». « C’est là que j’ai découvert la perspective de changer le monde avec des idées communistes révolutionnaires, là que je comprends que les travailleurs représentent une force sociale », se souvient Olivier Minoux.

Lors de ses douze mois de service militaire dans le Haut-Jura - dont il gardera une passion pour la montagne - il manifeste contre la Guerre du Golfe. On le retrouve aussi dans les cortèges en 1995. Nouvelle preuve, à ses yeux, que la rue peut faire déjouer les plans des gouvernements. Dans la liste également : la réforme des retraites à la sauce Sarkozy, et surtout, la loi El Khomri. « Les coups sont venus d’un gouvernement de gauche, s’indigne le syndicaliste. Les travailleurs doivent s’en souvenir : les gouvernements successifs nous trompent, ils sont du côté des riches ! »

« Un camarade qui compte dans la chimie »

Luttes nationales, mais aussi, « bagarres locales à l’échelle de l’usine ». Se battre pour tout, les embauches, les salaires, les conditions de travail, « et même pour faire respecter le Code du travail ». De son usine de la vallée de la chimie, Solvay, où il exerce depuis 1998 et est élu du personnel depuis 2000, il raconte « la grève contre le licenciement d’une salariée », les combats contre les suppressions d’emploi et les fermetures d’ateliers, les « mois de débrayage » pour obtenir l’embauche de quatre intérimaires.

« C’est un modeste et un bagarreur, atteste Cyril, son compagnon de route à Lutte ouvrière. Olivier est un camarade qui compte dans la chimie, il représente cette figure du travailleur qui ne se résigne pas. Ce n’est pas un moulin à paroles, mais il fait partie de ceux qui sont toujours là. »

Toujours là, aussi, pour les élections locales. Et il y en a eu tellement que le candidat peine à rassembler toutes les dates. Les législatives depuis 2012, les régionales de 2015, les européennes , les municipales… Une chose de sûre pour cet habitant de Gerland : toujours à Lyon. Les scores résiduels réservés à Lutte ouvrière ne le découragent pas ? « On se heurte à la résignation mais on plante des graines. On est convaincus qu’à un moment ça explosera. »

Le plus révolté des travailleurs

Alors, d’où lui vient cette révolte impérissable ? Des textes de Marx, des figures de Lénine, Trotski, ou Rosa Luxemburg, du modèle des occupations d’usines en 1936. Un peu de sa mère, aussi. « Mon père était artisan, il n’a connu que le boulot, raconte Olivier Minoux. Et ma mère, qui travaillait dans l’éducation nationale, était une révoltée, contre toutes les injustices. » Cela a donné le plus révolté des travailleurs.

Diane MALOSSE

Lutte ouvrière revendique 350 adhérents dans le Rhône et environ 1 000 candidats en Rhône-Alpes.

 

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