Chalon-sur-Saône

Débrayage à Amazon

Brève
21/03/2020

Lundi 17 mars, depuis 8h du matin, nous avions appris qu’une ouvrière de l’entrepôt avait été déclarée positive au test du covid-19. Tout le monde se faisait passer le mot, certains en montrant sur leur téléphone l’article du JSL qui racontait le fait, d’autres en prévenant les autres autour de lui. On se demandait qui c’était, quand est-ce qu’on avait pu la croiser ? Et surtout : pourquoi est-ce-que ça n’a pas été discuté au brief de 5h40 avec les managers ?

Certains disaient « on peut crever pour Amazon, ils s’en foutent » ; « ce qui compte c’est leur argent, en ce moment les commandes de vente en ligne décollent ». D’autres voulaient que l’entrepôt ferme immédiatement. Ce qu’on ressentait surtout, c’était l’injustice de devoir continuer à travailler dans un nid à microbes comme ici, malgré toutes les procédures mises en place pour protéger les autres, à l’échelle du pays.

Et surtout, le matériel dans l’entrepôt est largement insuffisant : pas de masque, pas de gants, pas de gel hydroalcoolique sur notre poste. Tout ce qu’il y avait c’était surtout des scotchs posés au sol, dans chaque cellule, dans les salles de pause, pour garder une distance d’un mètre entre nous.

A 10h, des syndiqués de la CGT ont commencé à faire le tour des cellules, en appelant à débrayer jusqu’à la fin de poste de 12h50 sur le parking du site, pour demander les 15 jours de confinement pour toutes les équipes. Ils ont été suivis par environ 70 travailleurs, dont une dizaine d’intérimaires. Tout le monde est allé débadger et s’est rendu sur le parking.

Tout le monde discutait par groupes les uns avec les autres, y compris avec des collègues qu’ils n’avaient encore jamais croisés. Plusieurs avaient de la famille ou des amis dans d’autres entreprises du coin qui ont fermé leurs portes, comme Euromaster, B2S, etc… Certains habitués d’autres grèves disaient qu’il n’y avait jamais eu autant de monde qui était sorti ensemble.

Le directeur est descendu nous voir pour dire qu’ils avaient tout mis en place pour l’hygiène, renforcé les contrôles sanitaires. Il s’est fait interpeller par une ouvrière, qui lui a proposé de venir travailler avec nous dans des locaux sans matériel et de voir ce que ça fait. Il a fini par dire « c’est votre droit de débrayer » et est parti téléphoner.

Des syndiqués avaient contacté des équipes de l’après-midi pour qu’elles débrayent derrière nous dès leur début de poste, et ça discutait de reprendre le lendemain si aucune mesure n’avait été prise. Deux sont montés dans les bureaux de la direction, et sont redescendus en disant qu’on devait attendre des nouvelles, et qu’une deuxième réunion se ferait dans l’après-midi.

Petit à petit tout le monde s’est séparé, en se disant qu’on restait en contact et qu’on attendait de voir demain, et que si besoin on n’hésiterait pas à recommencer.

 

CHU Besançon

Les invisibles doivent se faire voir et surtout entendre !

Brève
21/03/2020

Dans les hôpitaux, le manque d’ASH est un problème récurrent. Au CHU de Besançon, par exemple, avec le covid 19, c'est la galère pour les équipes qui assurent l’entretien des locaux le soir. En temps normal, nous sommes 11 pour 8 services.

Depuis le coronavirus, nous ne sommes plus que 4 (arrêt maladie, démissions, etc). Vendredi 20 mars, nous n’étions plus que 3… La tension est palpable car sur les 8 services dont nous avons la charge, celui des maladies infectieuses est une priorité. Alors pour les autres, le ménage ne peut pas être assuré : couloir, bureau des médecins, etc.

En fait, il n’y a pas que les masques qui manquent, il y a aussi tous ceux qui nettoient, frottent, et qui assurent les bonnes conditions d’hygiène dans les bureaux le soir et qu’on ne voit jamais

Nous avons souvent été considérés comme des « invisibles », et aujourd’hui, on nous est indispensables. Tout arrive…

L’État vache à lait des grandes entreprises

Brève
21/03/2020

Le gouvernement a demandé de basculer en télétravail tous ceux qui pouvaient l’être.

À PSA Vesoul, la direction demandent aux cadres et aux employés en télétravail de basculer en chômage partiel, pour ne rien avoir à payer.

Elle justifie en disant, que tout ce qui ne rapporte pas directement de valeur ajoutée doit être arrêté. Rappeler des travailleurs qui étaient en chômage partiel en production, au mépris de leur santé et faire chômer ceux qui peuvent faire du télétravail, tout est bon pour faire du pognon avec la complicité du gouvernement. 

Les charognards

Brève
19/03/2020

Alors qu’il y a pénurie de masques, des officines en proposent sur internet.

Comme Mondo shopping, qui fait de la publicité pour acheter des masques avec 57 % de réduction. Ils les vendent 12 € 90 pièce (au lieu de 29 € 90) prétendent-ils en profitant de l’angoisse due au coronavirus.

Pendant la guerre, le marché noir fleurissait, sous le manteau, maintenant avec le développement du numérique, ça se pratique au grand jour et en toute impunité.

PSA sabote les mesures de confinement

Brève
18/03/2020

À Vesoul, la direction interdit le covoiturage pour venir au travail et elle a supprimé la navette pour les déplacements intérieurs, ce qui peut se comprendre.

Par contre, elle continue d’acheminer les travailleurs de Vesoul qui travaillent à Hérimoncourt, dans l’attente de l’installation des lignes de montage à Vesoul, à cinq par voiture.

Si ce n’est pas du sabotage et de l’irresponsabilté….