General Electric (Belfort et Bourogne)

Coronavirus : des travailleurs de General Electric refusent de risquer leur santé

Brève
17/03/2020

Affiche mise par les travailleurs de GE dans les ateliers

Plusieurs centaines de travailleurs de General Electric à Belfort et à Bourogne ont refusé de continuer à travailler à l’usine, alors que les mesures de confinement étaient annoncées pour toute la population.

Ils ont exercé leur droit de retrait ce mardi 17 mars au matin. En pleine épidémie de coronavirus, les salariés estiment à juste titre qu'ils ne sont pas en sécurité dans l'entreprise : aucune distribution de masques, ni de gel hydro alcoolique n'est disponible.

Alors que le confinement est décidé pour tout le monde il n'est pas envisagé de fermer l’usine. Le pire, c’est la raison avancée officiellement par le patron : « General Electric fait partie du secteur de l’Energie, secteur vital à beaucoup de pays »

Peu convaincus par ces arguments, les travailleurs des ateliers de GE turbine à gaz, ont arrêté le travail dans les ateliers de Bourogne et Belfort après avoir exercé leur droit de retrait en mettant en avant le « danger grave et imminent » de la situation.

En fin de matinée, finalement, la direction a décidé que tout le monde pouvait rentrer à la maison, payés en RTT pour l’instant.

Jeudi une décision doit être prise quant à une mesure de chômage technique éventuelle. Mais dans ce cas, il serait normal que les salaires, primes comprises soient maintenus intégralement.

PSA Vesoul

Face à l'épidémie de Covid 19, une direction irresponsable

Brève
17/03/2020

À PSA Vesoul, il y avait deux cas avérés de personnel contaminé le 10 mars qu’on a appris par la presse locale, aujourd’hui ce sont 5 cas et une quinzaine en quarantaine. C’est parti de la boutique du CSE et ça a potentiellement pu toucher beaucoup de monde

Samedi 14 mars, la direction a imposé une séance obligatoire en heures supplémentaires (avec cependant 40 % d’absentéisme dans certains secteurs).

Lundi 16, lors d’un CSE extraordinaire, malgré la demande de la CGT de cessation d’activité, la direction annonce le maintien de l’activité sur le site. Suite à une interruption de séance, le DRH annonce finalement l’arrêt progressif des sites de production d’ici au mardi soir. Mais rien de précis pour Vesoul. À 16h 45, elle annonce l’arrêt du PHEV (secteur de fabrication de pièces pour véhicule électriques) le mardi à 12 h et le mardi soir pour la couture pour… rupture de stocks liée à l’épidémie de covid 19. Pour le reste du site, la grande majorité, pièces de rechange et magasins, il y aura une dégressivité progressive pour arriver à 20 % de la production actuelle.

Cette annonce passe mal dans les ateliers, d’autant qu’il y a une absence de 25 à 30 % de personnel et que ceux qui restent risquent de devoir faire des heures supplémentaires imposées.

Lundi 16 il y a eu des droits de retraits spontanés dans plusieurs ateliers. Au Ferrage, une quinzaine de magasiniers se sont arrêtés à la suite du départ d’un RU et de sa compagne pour suspicion au Covid 19. Alors que le camarade qui a formé la compagne du RU et l’a côtoyée de près lui n’est pas mis en quarantaine. Ils réclament aussi des produits pour se laver les mains et pour désinfecter les engins. Ils reprendront le travail au bout d’une heure sous la menace de la hiérarchie.

Simultanément, d’autres droits de retrait éclatent. En peinture il est refusé sous motif qu’il n’y a pas eu de DGI, aux Pneus, sous prétexte qu’ils ont du gel… Au magasin Sud, 25 travailleurs se mettent en retrait collectif en voyant passer les pompiers emmenant une personne sur une civière. C’est la deuxième de l’atelier en moins d’une semaine qui est ainsi exfiltrée. Dès le début du droit de retrait trois personnes à risque sont renvoyées chez elles. Les 22 restantes, malgré les menaces déguisées de licenciement pour abandon de poste, restent dans l’atelier jusqu’à la fin de la journée sans travailler, dans l’attente de matériel de protection. On leur refuse du gel hydro alcoolique qui est réservé au magasin des pneus qui est au contact des routiers. Ils n’ont pas non plus d’eau javellisée pour nettoyer les engins, ce qu’ils font avec du lave vitre !

Dans cette ambiance, ceux qui sont à l’usine, travaillent au ralenti, dans l’attente de l’annonce pour savoir qui reste et qui part. Ils réclament la transparence sur l’état de l’épidémie. La direction pousse sa hiérarchie pour faire travailler au maximum, sans égard pour la santé des travailleurs. Au ferrage un ouvrier s’est senti mal et a fait un malaise mardi après midi, il a été envoyé à l’infirmerie et la hiérarchie a refusé à son binôme de s’arrêter sous prétexte qu’on ne connait pas l’origine du malaise.

Soins à domicile Doubs

Une pénurie révoltante

Brève
17/03/2020

Les aides soignants mais aussi les infirmières libérales qui interviennent à domicile en ville et dans les campagnes manquent de masques, pas seulement du masque FFP2, le seul vraiment efficace, mais y compris des autres. "Nous n'avons pas de matériel pour nous protéger et protéger les autres" raconte une infirmière alors qu'ils interviennent en direction d'un public de personnes âgées isolées, pour lesquels ces visites sont parfois les seules de la journée, avec un risque de contamination très fort. 

Aujourd'hui, le gouvernement dit que "nous sommes en guerre contre le virus" et ce matin, la députée LR du Haut-Doubs Annie Genevard fait mine de s'étonner de la situation de pénurie de masques. Mais ce manque de moyens pour les soignants des campagnes a été dénoncé lors de la mobilisation des Ephad. Au nom des logiques comptables, c'est pourtant bien les gouvernements successifs et leurs porte voix qui ont mis en place les tarifications à l'activité et la "territorialisation des moyens de santé"  pour faire des économies. 

Après le premier tour des élections municipales

Le camp des travailleurs, l'affirmation d'un courant minoritaire certes mais bien vivant

Brève
16/03/2020

Nous remercions les 1514 électeurs qui ont voté pour les 11 listes « Lutte ouvrière – Faire entendre le camp des travailleurs » en Franche-Comté : 157 à Belfort, 86 à Vesoul, 87 à Héricourt, 137 à Grand-Charmont ,125 à Audincourt, 105 à Valentigney, 62 à Hérimoncourt, 307 à Besançon, 198 à Montbéliard, 181 à Dole, 69 à Lons-le-Saunier.

En votant pour les listes Lutte ouvrière, présentes dans 240 villes à l'échelle du pays, les électrices et les électeurs du monde du travail ont pu exprimer leur rejet des partis au gouvernement et leur refus des partis d’opposition qui convoitent leur place.

Les uns comme les autres ont en commun de préserver l’ordre social fait pour enrichir toujours plus ceux qui sont déjà riches de l’exploitation de leurs salariés et pour pousser vers la pauvreté ceux qui ne possèdent rien sauf leur capacité de travail.

Lorsqu’ils sont à la tête de l’État, les uns comme les autres gouvernent au profit de la classe privilégiée.

Le vote des électeurs de Lutte ouvrière est un geste politique important pour l’avenir. Il témoigne de la présence, dans un certain nombre de villes, d’un courant politique qui conteste la dictature du grand capital et qui est convaincu qu’il est nécessaire de la renverser.

Ce courant reste modeste, mais sa présence est un gage pour la renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire. Le seul moyen d’empêcher le capitalisme en crise d’entraîner toute la société dans sa faillite est que renaisse le mouvement ouvrier révolutionnaire, pour combattre jusqu’au bout le pouvoir de la grande bourgeoisie et de son État.

La société ne peut pas éviter la plongée dans la barbarie en continuant à être guidée par la course au profit des plus riches, qui s’oppose aux intérêts les plus élémentaires de la collectivité.

L’épidémie de coronavirus elle-même, que les hommes finiront par maitriser, met en lumière les ravages de l’organisation capitaliste de la société. En France comme dans de nombreux pays, la course à la rentabilité et aux économies affaiblit depuis de longues années le système hospitalier au point de l’asphyxier. Il est de moins en moins à même de faire face à ses tâches ordinaires et, à plus forte raison, à l’imprévu.

Le gouvernement réduit aujourd’hui les activités sociales et éducatives. Mais, dans l’industrie, par exemple dans l’automobile, ils ont trop tardé pour prendre la décision de fermer les usines, au mépris de la santé des salariés qui prennent les transports et sont regroupés, parfois à plusieurs milliers, pour le profit de Renault, PSA ou Toyota.

On manque de masques, de gel hydro-alcoolique, de respirateurs, mais il faut produire des voitures ! Ce mépris de classe provoquera peut-être l’explosion sociale.

La crise boursière découlant de l’agitation spéculative des groupes financiers, est une menace plus grave encore que le coronavirus. Elle est l’expression de la faillite du système économique et social actuel.

La renaissance d’un mouvement ouvrier révolutionnaire, indispensable pour combattre et vaincre la dictature du capital, n’est pas une affaire électorale. Elle exige l’irruption des exploités sur la scène politique.

Lutte ouvrière fait appel à tous ceux qui se sont reconnus dans la politique qu’elle a défendue, pour qu’ils apportent leur contribution à ce que le « camp des travailleurs » se donne un parti qui représente ses intérêts de classe et qui se donne pour but l’émancipation de la société.

Trecia sous traitant PSA

Les travailleurs en grève pour les salaires

Brève
13/03/2020

Filiale de Faurecia, Trecia à Etupes commune touchant le site PSA Sochaux, les travailleurs ont engagé le combat par la grève pour des augmentations de salaire depuis jeudi 12 mars.

Cette entreprise de 350 salariés dont une centaine d’ouvriers intérimaires travaille en 3 x 8, six jours sur sept et fabrique des panneaux de portes et des consoles pour PSA Sochaux et Mulhouse.

C’est la proposition d’une augmentation générale des salaires à savoir 0.9 % et 0.2 d’augmentation individuelle au choix de la hiérarchie qui a déclenché la colère des ouvriers. « C’est une augmentation dérisoire, méprisante, insultante », « hors ancienneté, les plus bas salaires de l’entreprise sont seulement onze euros au-dessus du SMIC ! » dénoncent les syndicalistes CGT et CFDT.

De son coté la direction refuse de « discuter sous la contrainte » et exige « la reprise immédiate du travail ».

Cette grève aux portes de PSA Sochaux et Mulhouse est un bon signe envoyé à l’ensemble des travailleurs sous-traitants et fabriquant du groupe PSA qui se gave de milliards d’euros depuis trop longtemps.