PSA Vesoul

Face à l'épidémie de Covid 19, une direction irresponsable

Brève
17/03/2020

À PSA Vesoul, il y avait deux cas avérés de personnel contaminé le 10 mars qu’on a appris par la presse locale, aujourd’hui ce sont 5 cas et une quinzaine en quarantaine. C’est parti de la boutique du CSE et ça a potentiellement pu toucher beaucoup de monde

Samedi 14 mars, la direction a imposé une séance obligatoire en heures supplémentaires (avec cependant 40 % d’absentéisme dans certains secteurs).

Lundi 16, lors d’un CSE extraordinaire, malgré la demande de la CGT de cessation d’activité, la direction annonce le maintien de l’activité sur le site. Suite à une interruption de séance, le DRH annonce finalement l’arrêt progressif des sites de production d’ici au mardi soir. Mais rien de précis pour Vesoul. À 16h 45, elle annonce l’arrêt du PHEV (secteur de fabrication de pièces pour véhicule électriques) le mardi à 12 h et le mardi soir pour la couture pour… rupture de stocks liée à l’épidémie de covid 19. Pour le reste du site, la grande majorité, pièces de rechange et magasins, il y aura une dégressivité progressive pour arriver à 20 % de la production actuelle.

Cette annonce passe mal dans les ateliers, d’autant qu’il y a une absence de 25 à 30 % de personnel et que ceux qui restent risquent de devoir faire des heures supplémentaires imposées.

Lundi 16 il y a eu des droits de retraits spontanés dans plusieurs ateliers. Au Ferrage, une quinzaine de magasiniers se sont arrêtés à la suite du départ d’un RU et de sa compagne pour suspicion au Covid 19. Alors que le camarade qui a formé la compagne du RU et l’a côtoyée de près lui n’est pas mis en quarantaine. Ils réclament aussi des produits pour se laver les mains et pour désinfecter les engins. Ils reprendront le travail au bout d’une heure sous la menace de la hiérarchie.

Simultanément, d’autres droits de retrait éclatent. En peinture il est refusé sous motif qu’il n’y a pas eu de DGI, aux Pneus, sous prétexte qu’ils ont du gel… Au magasin Sud, 25 travailleurs se mettent en retrait collectif en voyant passer les pompiers emmenant une personne sur une civière. C’est la deuxième de l’atelier en moins d’une semaine qui est ainsi exfiltrée. Dès le début du droit de retrait trois personnes à risque sont renvoyées chez elles. Les 22 restantes, malgré les menaces déguisées de licenciement pour abandon de poste, restent dans l’atelier jusqu’à la fin de la journée sans travailler, dans l’attente de matériel de protection. On leur refuse du gel hydro alcoolique qui est réservé au magasin des pneus qui est au contact des routiers. Ils n’ont pas non plus d’eau javellisée pour nettoyer les engins, ce qu’ils font avec du lave vitre !

Dans cette ambiance, ceux qui sont à l’usine, travaillent au ralenti, dans l’attente de l’annonce pour savoir qui reste et qui part. Ils réclament la transparence sur l’état de l’épidémie. La direction pousse sa hiérarchie pour faire travailler au maximum, sans égard pour la santé des travailleurs. Au ferrage un ouvrier s’est senti mal et a fait un malaise mardi après midi, il a été envoyé à l’infirmerie et la hiérarchie a refusé à son binôme de s’arrêter sous prétexte qu’on ne connait pas l’origine du malaise.

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