Saône-et-Loire – Le Creusot -

Licenciements à Creusot Montceau Transports

La Communauté Urbaine Creusot Montceau (CUCM), en charge de la société de bus Creusot Montceau Transport, vient d’annoncer qu’elle n’est plus en déficit, mais à quel prix ?

Brève
22/03/2017

Début 2016, 16 des 40 chauffeurs de bus de Creusot Montceau Transport ont été licenciés. La direction annonce maintenant ne plus être en déficit, mais personne ne connaît précisément les détails de leur budget. Cette annonce sert donc avant tout à justifier la politique écœurante qu’ils ont menée vis-à-vis des chauffeurs de bus.

En fin d’année 2015, la communauté urbaine du bassin creusotin a annoncé réduire de 2,4 millions d’euros son budget transport, soit la moitié. Le président a déclaré dans le journal local : « Ce n’est pas le transport qui coûte cher, mais les conducteurs ». Autant dire qu’ils savaient très bien que cela allait engendrer des licenciements. C’est le groupe Transdev, qui a le marché, qui s’est chargé de licencier. Il a annoncé immédiatement 19 licenciements.

Ce groupe multinational mène la guerre à ses travailleurs depuis des années en supprimant les pauses en fin de ligne, en les faisant travailler à flux tendu. Il les divise en une multitude de petites filiales pour les empêcher de se défendre collectivement.

De novembre 2015 à mars 2016, la direction a d’abord convoqué les salariés un par un, en leur assurant qu’elle faisait au mieux, et en leur promettant une prime de départ et un reclassement dans une autre filiale du groupe, les Rapides de Saône-et-Loire.

Elle a cherché à diviser les salariés, à faire passer un plan de suppression d’emploi pour un ensemble de départs volontaires individuels. Elle a volontairement laissé planer le doute sur ceux qui seraient licenciés pour démoraliser les ouvriers et les pousser à partir. Malgré cette pression de la direction, une douzaine d’entre eux ont interrompu le conseil communautaire en décembre 2015 pour exprimer leur refus de se faire licencier, et 18 ont poursuivi en faisant grève en mars 2016.

Ce n’est qu’en avril-mai que la direction a annoncé la liste des licenciés. De fin mai à début juillet, ces derniers ont cessé le travail, tout en faisant encore partie, officiellement, de l’entreprise.

Les salariés reclassés sont plongés dans une grande précarité. Ils sont passés d’un salaire de 1700 € brut à 600 € brut. Ainsi gain pour l’employeur, pas de licenciement et donc pas d’indemnités à payer et les faire travailler à moindre coût dans une autre filiale du groupe. La direction a même annoncé avec cynisme que les travailleurs reclassés pourront faire des extras sur leurs anciennes lignes de service !

Il ne reste aujourd’hui plus que les trois délégués du personnel à licencier. La direction mène vis-à-vis d’eux la même politique d’usure, en enchaînant les procédures de licenciement contre eux. Elle veut les pousser à bout. Elle veut se débarrasser du syndicat pour avoir les mains libres dans l’avenir, pour continuer à mener la guerre à ses ouvriers.

Aujourd’hui, la direction annonce ne plus être en déficit. En réalité, le groupe Transdev est riche à milliards. Dans ses profits, il y a largement de quoi maintenir des emplois décemment payés.

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