Le Journal de Saône et Loire :  Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) en campagne pour les Européennes à Chalon

Article de presse
24/02/2019

La Dijonnaise Julie Lucotte, infirmière en gérontologie au CHU de Dijon ancienne candidate aux municipales du Creusot figure sur la liste Lutte ouvrière des élections européennes conduite par Nathalie Arthaud (à droite)

En campagne pour les élections européennes, Nathalie Arthaud, tête de liste de Lutte ouvrière, fait étape ce samedi à Chalon où elle rencontre depuis 17 heures une quarantaine de personnes pour un débat de deux heures à la salle Saint-Jean-des-Vignes, rue Bridet. Premier rendez-vous en Saône-et-Loire pour la candidate à la présidentielle de 2017 qui avait totalisé 0,71% des suffrages contre 0,64% au niveau national. Nathalie Arthaud sera en meeting au Creusot le 22 mars prochain à 18 heures, salle de la Mouillelongue.

Chalon a été l'occasion pour Nathalie Arthaud, 48 ans, professeur d'économie sociale et solidaire, de présenter l'une de ses colistières : Julie Lucotte ( NDLR aucun lien de parenté avec l'ancien maire d'Autun), infirmière en gérontologie au CHU de Dijon et ancienne candidate aux municipales du Creusot. "Elle n'est pas la seule Dijonnaise de ma liste, il y a aussi Claire Rocher, située en 5e position", précise la tête de liste qui comporte 79 candidats avec le regret "de ne pas représenter tous les départements".

Un slogan "Contre le grand capital, le camp des travailleurs"

Pour ces élections, Nathalie Arthaud appelle "les travailleurs à s'exprimer sur les sujets vitaux : l'emploi, les salaires, le pouvoir d'achat, le logement qui sont de plus en plus difficile". Son objectif : "prendre sur les profits et contrôlé le grand patronat" car selon elle, "on mesure la nécessité de remettre en cause tout un système. Le capitalisme est en faillite. Il y a des richesses folles d'un côté et de l'autre, la marginalisation de ceux qui travaillent". Elle dénonce aussi "une pénurie, un manque de moyens pour les hôpitaux, les transports et le logement". Pour Lutte Ouvrière, ceci est "le fruit d'une société dirigée par une classe capitaliste de plus en plus rapace et irresponsable".

Le mouvement des Gilets jaunes

"Leur mouvement se cantonne à mettre en cause Macron", regrette Nathalie Arthaud qui rappelle que "Lutte Ouvrière mène des combats dans l'intérêt des travailleurs pour leur droit à vivre, à avoir un emploi, à gagner sa vie correctement alors qu'aujourd'hui, ceci est réservé à une fraction de la population". Elle milite pour un SMIC au minimum à 1800€ voire 2000€ indexé sur les prix, tout comme les pensions de retraite. On l'entend chez les Gilets jaunes mais ils ne s'attaquent à l'origine du problème qui sont les grands groupes contre lesquels Macron ne peut rien. Travailleurs, petits patrons ou artisans, les révoltes se multiplient et on n'est qu'au début d'une révolte sociale", estime-t-elle. "Les Gilets jaunes ont posé les bonnes questions sur le pouvoir d'achat, l'injustice sociale mais ils n'y ont pas répondu. Il faut avoir conscience d'attaquer les profits et les pouvoirs du grand patronat. Macron ne maîtrise rien. Ascoval en est l'illustration". Selon Nathalie Arthaud, les Gilets jaunes ne vont pas assez loin. "Ils revendiquent de contrôler l'Etat mais il faut aussi contrôler les grands groupes. Après tout, ce sont les travailleurs qui fabriquent leur capital. On a le droit de contrôler et de la transformer en propriété collective".

L'Europe

"Je rêve d'une Europe de Gilets rouge", lâche Nathalie Arthaud en référence aux Gilets jaunes. "Lutte ouvrière a toujours souhaité une Europe Unie avec les travailleurs au pouvoir. Elle devrait être unifiée depuis longtemps mais les pays membres en sont incapables, aveuglés par la concurrence et le profit". Lutte ouvrière n'entend pas revenir au franc. "La livre sterling en Grande Bretagne ne les a pas aidé et être pauvre en franc ou en euros, ça change quoi ? ". Pour elle, "l'Europe est devenue le bouc-émissaire pour masquer la responsabilité du grand patronat".

Transitions énergétiques

"Il faut préserver la planète et il ne suffit pas d'arrêter le robinet d'eau quand on se lave les dents", martèle Nathalie Arthaud. "Mais la Cop 21, 22, etc , ce ne sont que des mots creux, des phrases en l'air", juge-t-elle. "Ce ne sont pas les Etats qui sont aux commandes mais les grands groupes qui polluent. Les travailleurs doivent reprendre la main , rationaliser les productions, arrêter d'inventer à tout-va pour créer des besoins pour vendre en permanence, arrêter l'obsolescence programmée. Faire une machine à laver qui tombe en panne au bout de 5 ans, ça défrise les travailleurs qui ont conscience de pourtant bien faire".

Montée de l'antisémitisme

"C'est politique", en est convaincue Nathalie Arthaud sans cautionner. "La crise, les souffrance, la marginalisation font le lit des préjugés qui va de paire avec l'inculture, le repli sur soi, de rejet de l'autre, le rejet de l'étranger... Ce n'est pas seulement lié à la France, cela existe en Angleterre, en Allemagne..."

Défiance envers les partis traditionnels et vote blanc

"Il ne suffit pas de rejeter les partis bourgeois qui nous ont mis la tête sous l'eau", assure Nathalie Arthaud consciente de la montée de l'abstention. "Il faut voter pour lutter", insiste-t-elle. Et quand on l'interroge sur ses 0,64% lors de la dernière présidentielle, Nathalie Arthaud avoue dans un sourire "espérer faire mieux aux européennes".

Catherine ZAHRA

Le journal de Saône et Loire