Il n’y a plus de maternité dans la Nièvre !

Brève
12/04/2022

Depuis lundi 11 avril, il n’est plus possible d’accoucher à Nevers. Il n’y a plus assez de sages-femmes à la maternité.
Depuis le 4 avril, il n’y avait plus que deux sages-femmes la journée et deux la nuit au lieu de quatre la journée et trois la nuit.. Mais il y a eu d’autres arrêts maladie et la maternité a fermé.
Les futures mères doivent aller dans d’autres maternités à plusieurs dizaines de kilomètres. Les mamans qui viennent d’accoucher ne peuvent pas rester à la maternité.
Cela fait des mois que les sages-femmes manifestent et interpellent la direction du centre hospitalier de Nevers pour dire qu’elles ne sont pas assez et que le travail qui retombent sur celles qui restent entraînent inévitablement des arrêts maladie et des démissions.
Il y a vingt ans, il y avait quatre maternités dans le département : Clamecy, Decize Cosne-sur-Loire et Nevers. Les maternités ont fermé les unes après les autres toujours pour les mêmes raisons : manque de personnel.
Les revendications des sages-femmes sont bien connues, elles demandent que leur métier soit reconnu et des augmentations de salaire. Elles demandent aussi que de nouvelles sages-femmes soient formées. L’Etat a toujours méprisé leurs revendications.
Ce serait pourtant à elles de décider de ce qui est le mieux pour le fonctionnement des maternités où elles travaillent mais la santé est organisée en fonction des économies et pas en fonction des intérêts des patients et du personnel.
Ce sont ceux qui travaillent qui devraient diriger !

SNCF – Dijon

Coup de colère dans un ciel serein

Brève
31/03/2022

Samedi 19 mars, chez les ouvriers de l’équipement de la brigade voie de Dijon, les six cheminots qui étaient de nuit ce soir-là, se sont mis en grève sitôt arrivés au travail, bloquant un chantier à 30 000 euros.

Ce n’était pas arrivé depuis des années, mais c’était la première fois qu’on leur imposait des nuits le samedi et c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Lorsque le grand chef est venu les voir le mardi suivant, les travailleurs étaient intarissables et ont tout mis sur la table : leur refus de faire les nuits le samedi, mais aussi tout ce qui ne va pas. Les contrats de travaux des chantiers ne sont plus préparés à l’avance et sont pleins de fautes.

Pour que le travail se fasse, les cheminots sont obligés de rattraper les erreurs en permanence. Les petits chefs auxquels ils le signalent s’en moquent tandis que le grand chef fait semblant de découvrir les problèmes. Les grévistes ont bien compris que ce dernier les prend pour des imbéciles, d’autant qu’il les a volés sur le paiement des heures de nuit.

Les travailleurs n’aiment pas le travail de nuit, dangereux. Depuis des années, ils expliquent que beaucoup des travaux programmés la nuit pourraient se faire en journée. Mais la direction fait une question de principe de les faire travailler quand et comme elle le veut. Inquiets, les chefs ont demandé si la deuxième moitié de l’équipe, prévue pour la nuit le samedi 26 mars, serait elle aussi en grève.

Les travailleurs avaient déjà leur petite idée, car cette partie de l’équipe compte des syndiqués et elle a bien fait grève aussi. Prévoyante, la direction avait réservé plusieurs jours à l’avance les services d’une entreprise privée et a aussi fait venir des cadres sur le chantier, sous prétexte de venir en aide à l’équipe. En tout cas, les grévistes étaient fiers d’avoir été unanimes et d’avoir contraint la direction à réagir.

Le grand chef doit revenir les voir, mais ils savent qu’il ne fera rien et que la seule chose qui l’inquiète, c’est que ce soit contagieux !

Nevers

Salaire égal pour tous

Brève
27/11/2021

Plus de 350 travailleurs qu'on appelle les "oubliés" du Ségur de la santé se sont rassemblés à Nevers lundi dernier.

Ce n’est pas la première fois qu’ils protestent contre les mesures du gouvernement qui, avec son plan Ségur, a donné quelques miettes à quelques-uns et n’a rien donné à beaucoup d’autres.

Tous ceux qui manifestent ont été confrontés au problème du covid et ont dû faire avec les moyens du bord sans aides de l’Etat. Maintenant, on leur dit qu’ils n’ont droit à rien. C’est scandaleux !

Les augmentations de salaires sont méritées et bien nécessaires en cette période où les prix ne cessent d’augmenter.

Le « Ségur » a divisé les personnels en ceux qui dépendent de la sécurité sociale et ceux qui dépendent des départements même s’ils font le même travail. Les départements ne veulent pas payer les augmentations de salaire pour l’Etat. Mais en définitive ce sont les personnels qui sont victimes de ce système.

Bien sûr que l’Etat devrait payer une juste rémunération à ceux qui se dévouent pour les malades, les handicapés, les enfants, les personnes âgées… et il devrait donner aux départements les budgets nécessaires.

Mais les travailleurs sociaux ont bien raison d’utiliser la seule manière de se faire entendre, la manifestation et en continuant dans cette voie ils pourront obtenir ce qu’ils souhaitent. Et comme le disait une banderole déployée lundi sur les grilles de la préfecture : « Lorsque l’injustice devient la loi, la révolution devient une obligation ».

Nevers

Le maire privatise

Brève
09/05/2021

Le maire « La république en marche » de Nevers a annoncé qu’il allait privatiser la gestion du foyer-logement de la Roseraie aux Courlis et de l’Ehpad Daniel-Benoist aux Montots.

Il a aussi annoncé qu’il serait tête de liste « La république en marche » aux élections régionales en Bourgogne Franche Comté. Il a expliqué à Nevers qu’il privatisait ces deux établissements pour personnes âgées parce qu’il n’avait pas les moyens de faire les travaux de rénovation nécessaires.

Appliquera-t-il la même politique s’il est élu président de région ? Privatisera-t-il des lycées ou des routes s’il estime qu’il n’a pas l’argent nécessaire pour leur entretien ?

Attaque contre les travailleurs chez Michelin

Brève
15/01/2021

Après avoir fermé trois usines l’an dernier (à La Roche-sur-Yon, 600 ouvriers, Bamberg en Allemagne, 850 ouvriers, et Dundee en Ecosse, 850 ouvriers), Michelin est monté d’un cran dans son offensive contre les travailleurs, en annonçant la suppression de 2 300 emplois. C’est près de 11 % des effectifs du groupe en France supprimés d’ici 3 ans.

Michelin ne s’embarrasse même pas du prétexte de la situation sanitaire pour justifier cette attaque, et explique viser « une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5% par an ». La direction du groupe annonce ouvertement qu’elle supprime des emplois pour produire autant, voire plus, avec les salariés qui restent.

 Michelin prétend être étranglé par la concurrence des pneus asiatiques à bas prix qui « envahissent » l’Europe, selon la direction du groupe. Ces pneus, fabriqués par des travailleurs payés une misère, sont vendus parfois presque moitié prix par rapport à un pneu Michelin (38 euros pour la marque chinoise Max-Trek contre 65 euros pour un pneu Michelin). 

Mais quelle concurrence ? Michelin, redevenu n°1 mondial du pneu en 2019, est installé en Chine depuis 1988 et y possède trois usines. De plus, Michelin possède aussi, entièrement ou en partie, certaines des usines asiatiques qui produisent les pneus low-cost tant redoutés. C’est le cas de la marque de pneus Warrior en Chine, fondée par Michelin avec deux « concurrents » asiatiques, ou de la marque indonésienne Multistrada rachetée par Michelin en 2019. Le récent accord signé entre l’Union Européenne et la Chine, pour faciliter les investissements européens sur le territoire chinois, arrangera peut-être les affaires de Michelin, qui possède tout une branche destinée spécialement aux investissements en Chine. Mais dès aujourd’hui, le groupe Michelin et ses actionnaires ont leurs intérêts dans la vente des pneus asiatiques à bas prix, et empochent leur part des profits.

Michelin licencie à la manière des grands groupes, en « communiquant » abondamment sur les départs seulement « volontaires ». Et comme à leur habitude, sans prendre de gants pour justifier leurs choix économiques et proposant des plans sociaux complexes à plusieurs étages qui sont loin d’indemniser tous les travailleurs concernés. Sans compter tous ceux qui en seront également victimes, mais collatérales : les ouvriers qui travaillent pour Michelin dans des dizaines d’entreprises sous-traitantes, transformant des petites villes, voire même des régions tout entières en régions sinistrées 

 L’annonce de Michelin survient après de nombreuses autres annonces de licenciements ces derniers mois : un plan de 15 000 licenciements pour Renault en mai dernier, dont 4 600 en France ; 15 000 dans le monde pour Airbus également, dont 5 000 en France ; 7 580 licenciements pour Air France en juillet ; sans compter les plans annoncés par Carrefour (3 000 licenciements), Auchan (1 475 licenciements), La Halle (2 500 licenciements), et d’autres encore.

Avec ces plans de licenciements, nous sommes entrés dans la crise. Tous les secteurs de l’économie sont touchés et la pandémie n’a fait qu’accélérer le processus.

Avec cette crise grave, les travailleurs sont face à un problème d’ampleur qui ne peut pas se résoudre à l’échelle d’une seule usine ou même d’une seule région ; mais ils sont des centaines de milliers partout dans le pays à être concernés par le même problème. Dans ces prochains mois les grands groupes vont tout faire pour faire payer leur crise, non seulement en France mais à l’échelle de la planète.

L’attitude des travailleurs sera alors déterminante. Il ne faut pas qu’ils acceptent d’être des victimes expiatoires sur l’autel des profits de ces capitalistes richissimes ! Le chômage n’est pas une fatalité ! Il est une option choisie par la grande bourgeoisie égoïste.

Notre société a des moyens techniques de produire d’immenses richesses et surtout une immense capacité de production qui pourrait être au service de la population toute entière, et non pas seulement pour ceux qui en ont les moyens. Cet énorme appareil de production pourrait enfin être utile à tous en produisant par exemple du matériel pour les hôpitaux, des logements décents pour tous, etc… Ce ne sont pas les besoins qui manquent !  Aussi il n’y a aucune raison de précipiter la population ouvrière dans le chômage. Il faut revendiquer de garder son emploi et ne pas laisser les capitalistes se recycler comme bon leur semble en fonction de leurs intérêts privés, mais répartir le travail entre tous.