Hôpital de Decize

Decize (Nièvre) : manifestation pour défendre l'hôpital

Brève
12/01/2019

Mercredi 9 janvier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Decize pour protester contre la menace de fermeture du plateau chirurgical de l’hôpital. Cette menace fait suite à un démantèlement continu de cet hôpital.

Ce fut d’abord la maternité en 2010 puis la stérilisation. Si maintenant le plateau technique est fermé, tout le monde sait que cela entraînera la fermeture de la chirurgie ambulatoire et des urgences, comme cela est arrivé dans d’autres hôpitaux de proximité.

L’hôpital de Decize est en déficit et l’ARS (l’Agence Régionale de Santé) dit que « l’activité chirurgicale est trop faible ». Alors il faut « évoluer » pour être « plus attractif » !

L’ambulatoire serait maintenu mais adosser à l’hôpital de Nevers (30km). Qu’est-ce que l’ARS veut dire, elle qui est là pour faire des économies par tous les bouts sur la santé ? Elle peut bien dire ensuite que l’hôpital de Decize a de moins de moins de patients ! Si elle lui enlève encore des moyens ce n’est pas comme cela qu’ils vont revenir !

À Decize, il se passe la même chose que dans beaucoup d’autres hôpitaux, petits et grands. La politique de financiarisation de la santé, engagée depuis plusieurs années, se continue. Dans beaucoup de villes, la population descend régulièrement dans la rue pour défendre son hôpital. C’est nécessaire pour éviter que la situation ne se dégrade encore plus.

Mais tout le monde sent bien que c’est une lutte d’ensemble qu’il faudra mener. La dégradation continuelle des offres de soins est une conséquence directe de la crise dans la laquelle notre société est enfoncée depuis plusieurs dizaines d’années. L’argent de l’Etat est donc de plus en plus pompé par les grandes entreprises capitalistes aux dépens des services publics. C’est à tout le système qu’il faut s’attaquer si on veut résoudre les problèmes de la santé !

Tour d'horizon du mouvement des Gilets jaunes en Bourgogne

Brève
20/11/2018

Les "gilets jaunes" sur la rocade de Dijon

Le mouvement de protestation des Gilets jaunes a regroupé environ 300 000 personnes en France. En plus de ce chiffre, on peut dire que cette journée est un succès aussi parce que le mouvement a touché plusieurs petites villes. C’est en tout cas vrai en Bourgogne, où des villes comme Dijon et Auxerre ont bien sûr connu des mouvements, mais également des villes plus petites comme, Autun, Montbard, Arnay-le-Duc, et même Pouilly-en-Auxois !  

Au delà de la mobilisation des partis politiques, qui essayaient de s’imposer comme des dirigeants des Gilets jaunes, bien des manifestants présents dans les rues le 17 novembre n’avaient encore jamais manifestés et étaient peu marqués politiquement.

 

Voici un tour d’horizon du mouvement par villes :

            À Auxerre, quelques 300 personnes se sont regroupées sur le rond-point de Paris, à 9h. Au fil des heures, ce sont jusqu’à 1500 personnes qui se sont organisées pour étendre le blocage du centre-ville à la rocade. Les travailleurs étaient les plus nombreux : salariés et retraités des urgences, des postes ou de la zone industrielle donnaient le ton face aux routiers et conducteurs de bus. La plupart des automobilistes soutenaient le mouvement et les rares accrocs ont été réglés par la force du nombre, ou par l’intervention des policiers. Dans une ambiance bon enfant, les démarrages en trombe de motards venus en nombre se sont succédé aux cris de « Macron, démission ! »

Des ambulanciers en grève depuis dix jours étaient présents en gilets jaunes, venus se joindre au mouvement. Un petit groupe, portant drapeaux tricolores et déguisement gaulois a fait son apparition, sans pour autant parvenir à entraîner grand monde.

Certains manifestants espéraient que la mobilisation se poursuive ou change de forme, d’autres qu’elle « servirait à Macron d’avertissement » et que la colère « serait entendue ».

            A Dijon, la mobilisation a réuni plus de 6000 personnes, un des chiffres les plus élevés de France, en pourcentage de la population. La préfecture et les organisateurs avaient convenu à l’avance d’un trajet partant du Zénith pour aller à la rocade. Initialement, seul ce blocage – d’une rocade déjà fermée par les policiers - était prévu, mais devant le nombre de manifestants, les gilets jaunes ont finalement décidé de transformer le rassemblement en manifestation. Guidés par un groupe de motards, ils ont alors pris la direction du centre-ville.

Les manifestants sont venus dire leur ras-le-bol de Macron, des augmentations des taxes et de la baisse du pouvoir d’achat. La manifestation arborait des drapeaux tricolores. Quelques slogans ont retenti contre Macron ainsi que le chant de la Marseillaise, sans vraiment se maintenir longtemps. 

Une fois la foule arrivée à proximité des premières places du centre-ville, les CRS ont tiré des gaz lacrymogènes et ont reçu en retour des réactions de colère des manifestants : « On est des citoyens ! On est pacifique ! On a le droit !». En retour, un CRS, visiblement dépassé n’a pu que bégayer que les manifestants n’avaient pas le droit de manifester au centre-ville.

La manifestation a ensuite investi plusieurs rues du centre-ville, bloquant la circulation et le tramway. La préfecture, elle, a été complètement entourée de CRS, et la manifestation ne s’y est pas attardée. Un peu plus tard, les rails de la gare SNCF ont aussi été bloqués un court moment.

Vers 16 heures, la manifestation a quitté le centre-ville en direction de la Toison d’Or pour rejoindre la rocade et la bloquer. A 18 heures, la plupart des manifestants s’est dispersé et il restaient des petits groupes tenant des piquets ou des barrages filtrants à certains rond-points.

            A Montbard, environ 600 manifestants étaient stratégiquement répartis aux six intersections principales de la ville. Les traditions ouvrières de la ville ont entraîné l’implication de nombreux travailleurs, anciens et plus jeunes, et cela a sans doute beaucoup contribué à faire de cette journée une réussite.

Depuis sept heures du matin jusqu’à 18 heures, les barrages filtrants organisés par les manifestants se sont tenus sans interruption, dans le calme et la bonne humeur, même si un accident léger est à déplorer, ce qui a permis de mettre en évidence un certain manque d’organisation.

Café, nourriture, braseros ont été fournis et amenés sur place par les travailleurs au fur et à mesure que le besoin s’en faisait sentir.

Plusieurs groupes d’ouvriers présents ont dit leur envie de prolonger et renforcer le mouvement. Ils ont profité de la journée pour discuter entre eux de leur colère contre la baisse du pouvoir d’achat et les attaques du gouvernement.

            A Chalon, les manifestants avaient été appelés par Colère 71, un collectif d’automobilistes initialement formé contre le passage aux 80 km/h sur les routes nationales. Des manifestants venus de Chagny, Tournus et Lux étaient également venus en renfort. Différents rond-points à l’entrée de la ville ont été bloqués : le rond-point à l’entrée de la RCEA, celui de l’aérodrome, et le péage de Chalon Nord. Cette dernière action a d’ailleurs fait l’objet de quelques hésitations de la part d’une des organisatrices du mouvement, qui craignait les amendes en cas de blocage du péage. La situation a été tranchée lorsqu’un ouvrier s’est écrié « l’autoroute c’est par là ! », suivi par l’ensemble des gilets jaunes.

En termes de participation, le pic de la journée a été de 1 300 personnes, un chiffre important pour une ville comme Chalon. Les automobilistes ont montré des signes de sympathie, la plupart arborant un gilet jaune sur leur pare-brise à la demande des manifestants.

            Dans la région du Creusot, la route express qui relie les différentes villes était bloquée en quatre endroits : au niveau du Creusot, à l’entrée et à la sortie de l’agglomération de Montceau-les-Mines et un peu plus loin, à Génelard. On comptait jusqu’à 500 personnes au Creusot, 400 à Montceau et 150 à Génelard. Les blocages étaient très populaires avec une proportion non négligeable d’ouvriers.

Les blocages se sont déroulés sans incident et dans une ambiance assez calme. Des slogans contre Macron étaient parfois lancés, une Marseillaise aussi, mais chacun constatait qu’il était là pour bien plus que la hausse des carburants, et ce qui revenait souvent, c’était le problème des salaires. Le soir, certains se disaient « On n’aurait pas dû écrire nos pancartes en français, tous les routiers sont étrangers… c’est bien, ils nous ont filmé et ça fera parler de nous dans leurs pays. »

Dans l’après-midi, un rassemblement proche du centre-ville de Montceau-les-Mines s’est transformé en petite manifestation, avant de revenir à son point de départ, mais par hésitation sur le carrefour à bloquer.

Plusieurs personnes se demandaient quelle suite donner au mouvement, environ 70 personnes sont restées le soir à Montceau, et ont continué de filtrer les automobiles tout en distribuant des tracts le dimanche.

            Dans bien des villes, sur bien des points de blocage, la volonté de continuer le mouvement s’est exprimée, et le caractère à la fois populaire et spontané de ce mouvement s’est fait sentir. Ce qui est certain c’est que d’autres blocages auront lieu. Quant à l’impact que le mouvement aura, y compris sur les forces sociales qui le composent, cela dépendra de sa profondeur, mais aussi de l’apparition des revendications de classe des travailleurs, comme l’indexation des salaires sur le coût de la vie, pour contrer la baisse du pouvoir d’achat.

Nevers, centre 15

Six mois après, les élus « découvrent » le problème

Brève
20/09/2018

Le 19 septembre, plusieurs élus de la Nièvre dont le maire de Nevers alertaient la ministre de la Santé en urgence à propos de la fermeture du centre 15 du Samu prévue le 1er octobre. Ils découvraient tout à coup qu’il y avait un problème et exprimaient « leur refus et leurs inquiétudes ». Rien que ça ! En mars, à l’annonce de la fermeture du centre 15 de l’hôpital de Nevers et de son regroupement à Dijon, une pétition avait été signée par des milliers de personnes, une manifestation avait été organisée et le personnel du centre 15 de Nevers avait expliqué en détails tous les problèmes que cette fermeture impliquaient. A l’époque, les élus étaient d’accord avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) qui voulaient faire des économies en regroupant tous les centres 15 de la Bourgogne à Dijon. Le maire de Nevers déclarait : « l'ARS nous a démontré que l'efficacité du centre 15 à Nevers n'était pas optimale. Le service sera le même à Dijon. Je veillerai au reclassement des personnels à Nevers. ». Il promettait même qu’en contrepartie, l’hôpital de Nevers serait doté d’un hélicoptère. Sauf que le ministre de l’intérieur, Collomb démentait très vite et d’hélicoptère, il n’y en aura pas ! Et tout d’un coup, voilà que les parlementaires découvraient qu’à Dijon, il n’y avait pas assez de médecins urgentistes, que le transfert du centre 15 allait provoquer une pression inquiétante sur le Samu 21, que l’expérimentation qui avait eu lieu en juin démontrait les difficultés très importantes du centre de Dijon à prendre en charge les patients nivernais. Les parlementaires nivernais découvrent l’eau tiède ! En mars, ils n’avaient qu’à venir écouter le personnel du centre 15 de Nevers et ils auraient eu les réponses. Mais voilà, venir écouter les permanenciers et les médecins urgentistes, c’est trop pour un parlementaire. Il vaut mieux sans tenir aux décisions des financiers de l’ARS qui ne pensent qu’à faire des économies sur la santé. Maintenant ils pleurent et alertent la ministre ! Larmes de crocodiles !

Nièvre : manque de profs

Éducation au rabais

Brève
20/09/2018

Dans la Nièvre, les parents d’élèves dénoncent le scandale du manque de profs. Ce ne sont pas moins de 16 professeurs qui manquent dans plusieurs collèges et lycées du département.
A St Amand en Puisaye, où il manque deux postes, les parents ont manifesté.
Au même moment, Blanquer, le ministre de l'Éducation, a annoncé la suppression de 1 800 postes dans l'enseignement et les services administratifs. Face aux protestations il répond que cela ne correspond qu'à 0,2 % des emplois du ministère...Ça fait une belle jambe aux élèves qui n’ont pas de professeurs !.
Par tous les bouts, ce gouvernement rabote les dépenses pour ce qui est utile aux classes populaires.

Préavis de grève au collège de Château-Chinon

Collège de Château-Chinon : grève votée pour lundi 3 septembre

Brève
03/09/2018

À 80 %, le personnel enseignant du collège de Château-Chinon a voté la grève pour lundi 3 septembre. Les professeurs jugent que les classes sont surchargées et qu’ils manquent de moyens.
Le collège de Château-Chinon est réseau d’éducation prioritaire (REP) et compte neuf unités pour l’inclusion scolaire (Ulis) et 40 élèves en sections d’enseignement général et professionnel adapté (Segpa).
Les enseignants et les parents d’élèves s’étaient déjà mobilisés en mai contre la fermeture d’une classe de 4ème et d’une classe de 3ème et ils demandaient des moyens supplémentaires. Rien n’est arrivé. Il y a donc six niveaux surchargés au lieu de huit.
Si pour l’inspection, il n’y a pas de problème, ce serai même « confortable », ce n’est pas ce que pense ceux qui doivent assumer des tâches éducatives dans des conditions de plus en plus difficiles.
Les enseignants de Château-Chinon ont raison de se mobiliser, c’est la seule façon de se faire entendre. Ils doivent avoir le soutien de tous.