Attaque contre les travailleurs chez Michelin

Brève
15/01/2021

Après avoir fermé trois usines l’an dernier (à La Roche-sur-Yon, 600 ouvriers, Bamberg en Allemagne, 850 ouvriers, et Dundee en Ecosse, 850 ouvriers), Michelin est monté d’un cran dans son offensive contre les travailleurs, en annonçant la suppression de 2300 emplois. C’est près de 11% des effectifs du groupe en France supprimés d’ici 3 ans.

Michelin ne s’embarrasse même pas du prétexte de la situation sanitaire pour justifier cette attaque, et explique viser « une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu’à 5% par an ». La direction du groupe annonce ouvertement qu’elle supprime des emplois pour produire autant, voire plus, avec les salariés qui restent.

 Michelin prétend être étranglé par la concurrence des pneus asiatiques à bas prix qui « envahissent » l’Europe, selon la direction du groupe. Ces pneus, fabriqués par des travailleurs payés une misère, sont vendus parfois presque moitié prix par rapport à un pneu Michelin (38 euros pour la marque chinoise Max-Trek contre 65 euros pour un pneu Michelin). 

Mais quelle concurrence ? Michelin, redevenu n°1 Mondial du pneu en 2019, est installé en Chine depuis 1988 et y possède trois usines. De plus, Michelin possède aussi, entièrement ou en partie, certaines des usines asiatiques qui produisent les pneus low-cost tant redoutés. C’est le cas de la marque de pneus Warrior en Chine, fondée par Michelin avec deux « concurrents » asiatiques, ou de la marque indonésienne Multistrada rachetée par Michelin en 2019. Le récent accord signé entre l’Union Européenne et la Chine, pour faciliter les investissements européens sur le territoire chinois, arrangera peut-être les affaires de Michelin, qui possède tout une branche destinée spécialement aux investissements en Chine. Mais dès aujourd’hui, le groupe Michelin et ses actionnaires ont leurs intérêts dans la vente des pneus asiatiques à bas prix, et empochent leur part des profits.

Michelin licencie à la manière des grands groupes, en « communiquant » abondamment sur les départs seulement « volontaires ». Et comme à leur habitude, sans prendre de gants pour justifier leurs choix économiques et proposant des plans sociaux complexes à plusieurs étages qui sont loin d’indemniser tous les travailleurs concernés. Sans compter tous ceux qui en seront également victimes, mais collatérales : les ouvriers qui travaillent pour Michelin dans des dizaines d’entreprises sous-traitantes, transformant des petites villes, voire même des régions tout entières en régions sinistrées 

 L’annonce de Michelin survient après de nombreuses autres annonces de licenciements ces derniers mois : un plan de 15 000 licenciements pour Renault en mai dernier, dont 4600 en France ; 15 000 dans le monde pour Airbus également, dont 5 000 en France ; 7580 licenciements pour Air France en juillet ; sans compter les plans annoncés par Carrefour (3000 licenciements), Auchan (1475 licenciements), La Halle (2500 licenciements), et d’autres encore.

Avec ces plans de licenciements, nous sommes entrés dans la crise. Tous les secteurs de l’économie sont touchés et la pandémie n’a fait qu’accélérer le processus.

Avec cette crise grave, les travailleurs sont face à un problème d’ampleur qui ne peut pas se résoudre à l’échelle d’une seule usine ou même d’une seule région ; mais ils sont des centaines de milliers partout dans le pays à être concernés par le même problème. Dans ces prochains mois les grands groupes vont tout faire pour faire payer leur crise, non seulement en France mais à l’échelle de la planète.

L’attitude des travailleurs sera alors déterminante. Il ne faut pas qu’ils acceptent d’être des victimes expiatoires sur l’autel des profits de ces capitalistes richissimes ! Le chômage n’est pas une fatalité ! Il est une option choisie par la grande bourgeoisie égoïste.

Notre société a des moyens techniques de produire d’immenses richesses et surtout une immense capacité de production qui pourrait être au service de la population toute entière, et non pas seulement pour ceux qui en ont les moyens. Cet énorme appareil de production pourrait enfin être utile à tous en produisant par exemple du matériel pour les hôpitaux, des logements décents pour tous, etc… Ce ne sont pas les besoins qui manquent !  Aussi il n’y a aucune raison de précipiter la population ouvrière dans le chômage. Il faut revendiquer de garder son emploi et ne pas laisser les capitalistes se recycler comme bon leur semble en fonction de leurs intérêts privés, mais répartir le travail entre tous.

Des extraits du bulletin de liaison Bourgogne

Contrôles de police au niveau des péages

Brève
17/11/2020

Le soir, vers 18 heures, il y a régulièrement des contrôles de police au niveau des péages autoroutiers. On peut voir une équipe de policiers occuper chaque point de passage, et demander aux voitures de s’arrêter sur le côté pour contrôler les attestations. Quand il y a déjà trop de personnes arrêtées, les policiers demandent de passer son chemin.

Attention, car même si on a la bonne attestation, il arrive que les policiers en demandent une autre. Visiblement, ils sont un peu perdus dans tous les motifs et attestations différentes qu’il faut montrer. Il faudrait peut-être prolonger la « phase pédagogique ».

Des extraits du bulletin de liaison Bourgogne

L’hôpital du Bocage en crise

Brève
17/11/2020

Au CHU du Bocage de Dijon, la Réanimation est saturée. Au-delà des lits manquants, il manque surtout du personnel pour s’occuper des patients. Le manque est d’autant plus critique qu’une partie des soignants formés à la Réanimation doit former les nouveaux, en pleine deuxième vague.

Dimanche, sur les 150 patients Covid du CHU, 33 étaient en Réa et 11 en Soins intensifs de Pneumologie. Pour augmenter la capacité d’accueil, les soins intensifs de Néphrologie sont devenus 6 lits de Réa depuis lundi.

Pour ouvrir ces lits, il faut en théorie 17 infirmiers et 10 aides-soignants pour faire le jour, la nuit, et intercaler les jours de repos. 7 collègues infirmiers de Néphrologie sont venus en Réa en renfort, mais on ne sait pas où on va trouver les autres. La réserve sanitaire est déjà dispatchée dans les services.

Sur les 7, 4 sont déjà venus lors de la première vague, mais 3 sont nouveaux en Réa. Il faut déjà les former, ne serait-ce qu’une journée : en Réa med, on demande aux collègues qui sont en congés annuels de prendre des jours ou des nuits sur leurs vacances pour venir assurer cette formation, notamment la semaine prochaine. À ce rythme, on va avoir des patients dans tous les lits avant d’avoir le personnel capable de s’en occuper, avec en plus la crainte qu’il n’y ait jamais le personnel suffisant.

Quant à la Néphrologie, on leur a annoncé que pour pouvoir libérer ces 7 infirmiers tout en continuant l’activité, ils passaient en 12h à partir de lundi. Pas le choix, plan blanc oblige. Voilà le fameux « volontariat » dont on nous parlait en octobre. On ne leur a donné leur planning que pour les 15 premiers jours. Comme disent les collègues, « pour cause de Covid, le mois de novembre s’arrête le 22 ! ».

Pour pratiquement la même activité en Néphrologie, avec des patients chroniques lourds, le service va devoir tourner avec un infirmier de moins la journée en hospitalisation complète, et en faisant des journées de 12h. Les collègues (7 de jour et 5 de nuit) appréhendent.

Des extraits du bulletin de liaison Bourgogne

Vaccins manquants

Brève
17/11/2020

Dans les pharmacies de Dijon comme ailleurs, il n’y avait plus de vaccins contre la grippe à peine 4 jours après son arrivée. Après la première vague du Covid19, une campagne a été menée pour encourager toutes les personnes fragiles à se vacciner, pour éviter qu’il y ait des cas graves hospitalisés au moment de la deuxième vague. Après toutes ces recommandations, beaucoup ont été se faire vacciner dès l’arrivée du vaccin courant octobre. D’après le syndicat des pharmaciens, 9,5 millions de doses ont déjà été administrées en 3 semaines au lieu de 2 mois. Il devrait y avoir au bout du compte, 13 millions de personnes vaccinées contre la grippe. C’est plus que les 11 millions de l’an dernier, mais pas les 15 millions de doses promises par le gouvernement.

Des extraits du bulletin de liaison Bourgogne

Auxerre Hermès Métal : 27 arrêts liés au COVID

Brève
17/11/2020

À Hermès Métal, les collègues n’ont que deux masques par jour. Le travail salissant avec la soudure
ou les meuleuses fait qu’on a besoin d’au moins 4 masques sur les 8h de travail. Il n’y a même pas de
gel hydroalcoolique pour se désinfecter les mains sur les postes de travail, alors que nous partageons
des outils et touchons des armoires.
On est d’autant plus inquiet qu’il y a déjà 27 arrêts maladie liés au Covid, et que ces collègues ont
travaillé dans l’usine sans les protections adéquates. On fait attention, mais à ce niveau-là c’est
irresponsable de la part de la direction.