Le Creusot

Aux EHPAD du Creusot, les embauches sont plus que nécessaires

Brève
25/03/2019

Aux Reflets d'Argent, les employées sollicitent de plus en plus leur hiérarchie pour qu'elle s'explique sur le manque de personnel et les heures supplémentaires non payées. La charge de travail est de plus en plus importante, à tel point que les aides-soignantes ont l'impression de jeter les personnes âgées dans leur lit vers la fin de leur journée de travail. Cette situation s'explique par le fait que la direction, ancienne comme nouvelle, n'a ni embauché, ni remplacé les départs en retraite.

La quantité d'heures supplémentaires peut aller jusqu'à 15 h / mois, et la direction joue sur les repos compensatoires, ou sur les repos hebdomadaires, pour ne pas les verser à temps aux employées. Du coup, bon nombre d'entre elles enchaînent des semaines à plus de 35 heures alors qu'elles sont payées au SMIC horaire. D'ailleurs, la direction cherche à normaliser les journées de travail de 12 heures. Et il ne faut donc pas s'étonner si les employées se retrouvent avec des accidents de travail graves... que la direction ne veut pas reconnaître.

Dans ces conditions, les employées préféreraient être plus nombreuses à travailler avec des salaires décents, et ne pas enchaîner les heures supplémentaires. Et personne ne croit un mot des justifications de la direction qui avance soit des problèmes d'argent, soit des statuts nouveaux pour expliquer qu'elle ne peut pas embaucher.

Le Creusot

Objets Roulants Non Identifiés

Brève
25/03/2019

Samedi 16 mars après-midi, a eu lieu un défilé du carnaval du Creusot sur le thème "objets roulants non identifiés".

On a vu les travailleurs des espaces verts de la mairie conduire leur camionnette de fonction qu'ils ont transformée en char fleuri jusqu'aux pneus, des enfants installés dans un bateau à voile tracté par une voiture, etc.

En tout, plusieurs centaines de personnes ont défilé dans les rues en diffusant leur bonne humeur dans tout le Creusot qui résonnait de bruits de klaxons, de tam-tam ! Et on pouvait croire qu'ils étaient le double tellement on les entendait !

L'après-midi s'est terminée par un bal dans la salle de spectacle de l'Alto, où le goût de danser ensemble et de partager un repas avec ses amis, ses collèguesn ses voisins, était au rendez-vous.

Les Gilets Jaunes à Jeanne-Rose

Brève
25/03/2019

Tout près du Creusot, la mobilisation des gilets jaunes se poursuit au rond-point Jeanne-Rose. Loin de se laisser décourager par les peines rendues par le tribunal, condamnant certains habitués du rond-point à des peines allant de 200 € d'amende à deux semaines de prison avec sursis pour entrave à la circulation, les gilets jaunes étaient une quarantaine samedi 16 mars, dont certains ont participé à la manifestation pour le climat de Montceau-les-Mines avant de rejoindre le rond-point.

Hôpital de Decize

Decize (Nièvre) : manifestation pour défendre l'hôpital

Brève
12/01/2019

Mercredi 9 janvier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Decize pour protester contre la menace de fermeture du plateau chirurgical de l’hôpital. Cette menace fait suite à un démantèlement continu de cet hôpital.

Ce fut d’abord la maternité en 2010 puis la stérilisation. Si maintenant le plateau technique est fermé, tout le monde sait que cela entraînera la fermeture de la chirurgie ambulatoire et des urgences, comme cela est arrivé dans d’autres hôpitaux de proximité.

L’hôpital de Decize est en déficit et l’ARS (l’Agence Régionale de Santé) dit que « l’activité chirurgicale est trop faible ». Alors il faut « évoluer » pour être « plus attractif » !

L’ambulatoire serait maintenu mais adosser à l’hôpital de Nevers (30km). Qu’est-ce que l’ARS veut dire, elle qui est là pour faire des économies par tous les bouts sur la santé ? Elle peut bien dire ensuite que l’hôpital de Decize a de moins de moins de patients ! Si elle lui enlève encore des moyens ce n’est pas comme cela qu’ils vont revenir !

À Decize, il se passe la même chose que dans beaucoup d’autres hôpitaux, petits et grands. La politique de financiarisation de la santé, engagée depuis plusieurs années, se continue. Dans beaucoup de villes, la population descend régulièrement dans la rue pour défendre son hôpital. C’est nécessaire pour éviter que la situation ne se dégrade encore plus.

Mais tout le monde sent bien que c’est une lutte d’ensemble qu’il faudra mener. La dégradation continuelle des offres de soins est une conséquence directe de la crise dans la laquelle notre société est enfoncée depuis plusieurs dizaines d’années. L’argent de l’Etat est donc de plus en plus pompé par les grandes entreprises capitalistes aux dépens des services publics. C’est à tout le système qu’il faut s’attaquer si on veut résoudre les problèmes de la santé !

Tour d'horizon du mouvement des Gilets jaunes en Bourgogne

Brève
20/11/2018

Les "gilets jaunes" sur la rocade de Dijon

Le mouvement de protestation des Gilets jaunes a regroupé environ 300 000 personnes en France. En plus de ce chiffre, on peut dire que cette journée est un succès aussi parce que le mouvement a touché plusieurs petites villes. C’est en tout cas vrai en Bourgogne, où des villes comme Dijon et Auxerre ont bien sûr connu des mouvements, mais également des villes plus petites comme, Autun, Montbard, Arnay-le-Duc, et même Pouilly-en-Auxois !  

Au delà de la mobilisation des partis politiques, qui essayaient de s’imposer comme des dirigeants des Gilets jaunes, bien des manifestants présents dans les rues le 17 novembre n’avaient encore jamais manifestés et étaient peu marqués politiquement.

 

Voici un tour d’horizon du mouvement par villes :

            À Auxerre, quelques 300 personnes se sont regroupées sur le rond-point de Paris, à 9h. Au fil des heures, ce sont jusqu’à 1500 personnes qui se sont organisées pour étendre le blocage du centre-ville à la rocade. Les travailleurs étaient les plus nombreux : salariés et retraités des urgences, des postes ou de la zone industrielle donnaient le ton face aux routiers et conducteurs de bus. La plupart des automobilistes soutenaient le mouvement et les rares accrocs ont été réglés par la force du nombre, ou par l’intervention des policiers. Dans une ambiance bon enfant, les démarrages en trombe de motards venus en nombre se sont succédé aux cris de « Macron, démission ! »

Des ambulanciers en grève depuis dix jours étaient présents en gilets jaunes, venus se joindre au mouvement. Un petit groupe, portant drapeaux tricolores et déguisement gaulois a fait son apparition, sans pour autant parvenir à entraîner grand monde.

Certains manifestants espéraient que la mobilisation se poursuive ou change de forme, d’autres qu’elle « servirait à Macron d’avertissement » et que la colère « serait entendue ».

            A Dijon, la mobilisation a réuni plus de 6000 personnes, un des chiffres les plus élevés de France, en pourcentage de la population. La préfecture et les organisateurs avaient convenu à l’avance d’un trajet partant du Zénith pour aller à la rocade. Initialement, seul ce blocage – d’une rocade déjà fermée par les policiers - était prévu, mais devant le nombre de manifestants, les gilets jaunes ont finalement décidé de transformer le rassemblement en manifestation. Guidés par un groupe de motards, ils ont alors pris la direction du centre-ville.

Les manifestants sont venus dire leur ras-le-bol de Macron, des augmentations des taxes et de la baisse du pouvoir d’achat. La manifestation arborait des drapeaux tricolores. Quelques slogans ont retenti contre Macron ainsi que le chant de la Marseillaise, sans vraiment se maintenir longtemps. 

Une fois la foule arrivée à proximité des premières places du centre-ville, les CRS ont tiré des gaz lacrymogènes et ont reçu en retour des réactions de colère des manifestants : « On est des citoyens ! On est pacifique ! On a le droit !». En retour, un CRS, visiblement dépassé n’a pu que bégayer que les manifestants n’avaient pas le droit de manifester au centre-ville.

La manifestation a ensuite investi plusieurs rues du centre-ville, bloquant la circulation et le tramway. La préfecture, elle, a été complètement entourée de CRS, et la manifestation ne s’y est pas attardée. Un peu plus tard, les rails de la gare SNCF ont aussi été bloqués un court moment.

Vers 16 heures, la manifestation a quitté le centre-ville en direction de la Toison d’Or pour rejoindre la rocade et la bloquer. A 18 heures, la plupart des manifestants s’est dispersé et il restaient des petits groupes tenant des piquets ou des barrages filtrants à certains rond-points.

            A Montbard, environ 600 manifestants étaient stratégiquement répartis aux six intersections principales de la ville. Les traditions ouvrières de la ville ont entraîné l’implication de nombreux travailleurs, anciens et plus jeunes, et cela a sans doute beaucoup contribué à faire de cette journée une réussite.

Depuis sept heures du matin jusqu’à 18 heures, les barrages filtrants organisés par les manifestants se sont tenus sans interruption, dans le calme et la bonne humeur, même si un accident léger est à déplorer, ce qui a permis de mettre en évidence un certain manque d’organisation.

Café, nourriture, braseros ont été fournis et amenés sur place par les travailleurs au fur et à mesure que le besoin s’en faisait sentir.

Plusieurs groupes d’ouvriers présents ont dit leur envie de prolonger et renforcer le mouvement. Ils ont profité de la journée pour discuter entre eux de leur colère contre la baisse du pouvoir d’achat et les attaques du gouvernement.

            A Chalon, les manifestants avaient été appelés par Colère 71, un collectif d’automobilistes initialement formé contre le passage aux 80 km/h sur les routes nationales. Des manifestants venus de Chagny, Tournus et Lux étaient également venus en renfort. Différents rond-points à l’entrée de la ville ont été bloqués : le rond-point à l’entrée de la RCEA, celui de l’aérodrome, et le péage de Chalon Nord. Cette dernière action a d’ailleurs fait l’objet de quelques hésitations de la part d’une des organisatrices du mouvement, qui craignait les amendes en cas de blocage du péage. La situation a été tranchée lorsqu’un ouvrier s’est écrié « l’autoroute c’est par là ! », suivi par l’ensemble des gilets jaunes.

En termes de participation, le pic de la journée a été de 1 300 personnes, un chiffre important pour une ville comme Chalon. Les automobilistes ont montré des signes de sympathie, la plupart arborant un gilet jaune sur leur pare-brise à la demande des manifestants.

            Dans la région du Creusot, la route express qui relie les différentes villes était bloquée en quatre endroits : au niveau du Creusot, à l’entrée et à la sortie de l’agglomération de Montceau-les-Mines et un peu plus loin, à Génelard. On comptait jusqu’à 500 personnes au Creusot, 400 à Montceau et 150 à Génelard. Les blocages étaient très populaires avec une proportion non négligeable d’ouvriers.

Les blocages se sont déroulés sans incident et dans une ambiance assez calme. Des slogans contre Macron étaient parfois lancés, une Marseillaise aussi, mais chacun constatait qu’il était là pour bien plus que la hausse des carburants, et ce qui revenait souvent, c’était le problème des salaires. Le soir, certains se disaient « On n’aurait pas dû écrire nos pancartes en français, tous les routiers sont étrangers… c’est bien, ils nous ont filmé et ça fera parler de nous dans leurs pays. »

Dans l’après-midi, un rassemblement proche du centre-ville de Montceau-les-Mines s’est transformé en petite manifestation, avant de revenir à son point de départ, mais par hésitation sur le carrefour à bloquer.

Plusieurs personnes se demandaient quelle suite donner au mouvement, environ 70 personnes sont restées le soir à Montceau, et ont continué de filtrer les automobiles tout en distribuant des tracts le dimanche.

            Dans bien des villes, sur bien des points de blocage, la volonté de continuer le mouvement s’est exprimée, et le caractère à la fois populaire et spontané de ce mouvement s’est fait sentir. Ce qui est certain c’est que d’autres blocages auront lieu. Quant à l’impact que le mouvement aura, y compris sur les forces sociales qui le composent, cela dépendra de sa profondeur, mais aussi de l’apparition des revendications de classe des travailleurs, comme l’indexation des salaires sur le coût de la vie, pour contrer la baisse du pouvoir d’achat.