Ce qui nous attend avec le déconfinement

Brève
23/04/2020

Le gouvernement a décidé de déconfiner le 11 mai. Ce jour-là, des millions de travailleurs retourneront au travail. Et comme le gouvernement a aussi annoncé la réouverture   des écoles, des millions d’enfants retourneront dans leurs classes. Les hôpitaux auront sûrement été désengorgés mais le virus sera toujours là. Et selon la  communauté scientifique, une deuxième vague de l’épidémie est à craindre. Mais face au risque sanitaire, les problèmes du patronat et ceux des travailleurs ne seront pas du  tout les mêmes.

La reprise mais à quel prix ?

Le patronat dit que, dans les entreprises, le travail va être adapté pour respecter les gestes barrière. Mais il est certain qu’on ne pourra pas lui faire confiance. D’abord,  personne ne peut croire que toutes les entreprises fonctionneront comme avant, en sortant la même production qu’avant, tout en respectant les critères sanitaires  nécessaires. Et puis, s’il y avait sûrement des mesures protectrices prises au début, le naturel patronal reviendrait au galop : la nécessité de produire au moindre coût fera  qu’une bonne partie de ces mesures passeront à la trappe.

Quant au gouvernement, il ment comme un arracheur de dents depuis le début de l’épidémie. Il l’a fait sur les  stocks de masques, sur le nombre de personnes dépistées ou encore sur le nombre de morts dans les EHPAD. Et s’il a bien une chose dont il a fait la preuve, c’est qu’on ne pouvait pas lui faire confiance.

Leurs intérêts et les nôtres

Le déconfinement va donc s’imposer. Mais il n’y a pas de raison que les travailleurs l’abordent en victimes soumises. Leurs préoccupations ne sont pas celles du patronat. Ils  voudront avant tout prendre garde à leur santé et à celle de leurs proches, par exemple, en prenant garde à comment le virus pourrait se propager dans les ateliers ou les  vestiaires d’une entreprise. Ceux qui ont des enfants seront soucieux de comment on se protège de la contamination dans les écoles. Et pour tous ces problèmes, rien ne  vaudra une organisation collective des travailleurs concernés pour contrôler ce qui se passe dans un atelier, dans un service ou même dans un quartier où il y a une école.

Il  n’y aura pas de solution satisfaisante pour régler ces problèmes sanitaires car pour cela il faudrait que la société soit profondément différente et profondément organisée sur  une base collective, c’est-à-dire débarrassée du capitalisme. Mais il n’empêche que les travailleurs devront être vigilants car personne ne le sera à leur place.

Amazon Sevrey (près de Chalon-sur-Saône)

Le parasite du coronavirus

ou comment profiter d'une épidémie

Brève
08/04/2020

Amazon est accusé de ne pas respecter les mesures nécessaires dans leurs entrepôts comme les gestes barrière, de ne pas annoncer publiquement quand il y a des cas de travailleurs contaminés. Les syndicats ont bien raison d’attaquer en ce moment. Le faire c’est significatif, car c’est s’attaquer au grand géant de la distribution.

Avec la fermeture des boutiques, tout le monde est dans une situation où il n’a pas d’autre choix que d’acheter via Amazon. Et ils profitent de la situation pour jouer au sauveur, « notre entreprise peut aider à la collectivité ». En réalité, ils utilisent le fait que les gens n’aient pas d’autre moyen pour récupérer des parts de marché et faire exploser leurs profits sur le dos des gens confinés.

Mais sous leurs airs de modernité, ils traitent les ouvriers comme des chiens, corvéables à merci, tant qu’ils tiennent le coup, et qu’ils pourront remplacer immédiatement. Ce sont surtout des jeunes, peu qualifiés, à qui on demande d’exécuter des tâches répétitives, qui demandent le moins de réflexion possible, car seul compte le quota final. Ce sont des opérations de manutention, à la chaîne, en sortie de camion ou sur tapis roulant. Bravo la modernité.

Et ils nous font venir travailler pendant le confinement, sans aucune mesure de sécurité. Pour une usine qui se dit moderne, le sauveur de l’humanité, le minimum aurait été de mettre en place les mesures sanitaires pour qu’on y travaille sans risquer sa vie.

Dijon

la cerise sur le gâteau

Brève
01/04/2020

Chez un pâtissier-chocolatier renommé de Dijon, après cinq jours de confinement, le patron a appris qu'il n'aurait pas le chômage partiel payé par l'état. Du coup, il a fait revenir les employés au boulot. Il y a même encore des apprentis.

Il donne des masques aux employés, mais même pas un par jour, et leur a dit de les repasser pour tuer le virus ! Ou de les passer au four, ou au sèche-cheveux...

 

Des échos du bulletin Gates (Nevers) (2)

Brève
27/03/2020

Portes ouvertes

Toutes les portes sont ouvertes pour qu’on n’ait plus à toucher les poignées ! Mais laisser les usines fonctionner c’est « la porte ouverte » à la contagion. Tous les médecins le disent !

Et pourquoi pas avec les pieds !

Pour ouvrir le tourniquet (qui permet un contrôle) , on nous a demandé de le pousser avec le coude. On aurait pu aussi rentrer a une autre porte (mais là plus de contrôle possible)

Le virus est prié de s’écarter

Au fumoir, un panneau annonce « 1m de distance ». Au réfectoire, tables et chaises ont été écartées et les horaires de repas décalés pour ceux qui travaillent dans les bureaux. Comme si le virus était discipliné et allait slalomer entre nous !

Un cas à l’usine Jacquet à Clamecy

Une travailleuse de l’usine Jacquet à Clamecy a été détectée positive au covid-19. La direction aurait préféré que cela ne sorte pas de l’usine … mais elle se déclare pour la transparence ! Elle ne veut pas s’exprimer davantage et assure que toutes les mesures de protection ont été prises, comme si on pouvait leur faire confiance!

Des échos du bulletin Gates (Nevers)

Brève
27/03/2020

Des courroies, des courroies, des courroies…

A Gates, la production continue. Le virus ? Ce n’est pas un problème. Les courroies et les clients, c’est bien plus important. Tout ce que la direction laisse entendre, c’est puisqu’on a le droit de continuer … on continue ! La santé et même la vie des travailleurs, ce n’est pas le souci de la direction…

Une amende ne suffit pas !

Le gouvernement nous confine et demande de ne pas entrer en contact avec plus de 5 personnes par jour. Mais comment faire pour ne pas se croiser ? A 4400, à Ubag, aux grinders, on ne peut pas marcher au plafond pendant que les autres restent au sol ! Pour Gates, l’amende pour non respect du confinement avec récidive quotidienne devrait être salée…

Pin-pon ; pin-pon…….

On n’ose y croire mais nous devrions venir à l’usine et prendre des risques pour notre santé parce qu’il faut absolument des courroies de rechange pour les ambulances… Il est urgent qu’une ambulance vienne le chercher.

Horaires spéciaux

Pour ne pas se croiser à la pointeuse, la direction a inventé un savant micmac d’horaires. On a droit à 12 minutes par jour, soit 6 à l’entrée et 6 à la sortie ; ou 4 à l’entrée et 8 à la sortie ; ou encore 2 à l’entrée et 10 à la sortie. Il faut au moins bac + 8 pour inventer ça. Et supprimer la pointeuse, ça serait pas plus simple !