Sanofi, Quetigny : sixième semaine de grève

Brève
09/12/2014

Les travailleurs de Sanofi Quetigny près de Dijon entamaient lundi 8 décembre leur sixième semaine de grève. Ils sont encore un noyau dur de soixante personnes déterminées. Cela sans compter le soutien des travailleurs ayant repris le travail, comme le montre le fait que bon nombre d'entre eux fassent un débrayage de deux heures tous les jours. Une telle ténacité est un exemple.

Lors de la semaine précédente, les nerfs de chacun ont été mis à contribution. Des cadres, envoyés par la direction chaque matin, sont venus inciter les grévistes à reprendre le travail. Ils expliquaient que c'était leur intérêt et qu'ils devraient bien se rendre compte que « la grève ne leur rapporterait rien ». Ce petit jeu a duré toute la semaine, jusqu'à ce que les grévistes les envoient balader vendredi, en leur disant : « Ou vous faites grève, ou vous dégagez ! »

Décidés à ne pas rester sur place sans rien faire, la plupart des grévistes ont pris la décision de quelques actions visant à s'adresser à la population, d'une part, en rédigeant des tracts expliquant leur lutte, et d'autre part en organisant une manifestation dans la ville de Quetigny le mercredi 3 décembre. Les résultats ont dépassé les espérances, car il y a eu beaucoup de marques de solidarité de la part des passants, notamment des soutiens financiers. Suite à cette journée, des retraités de Quetigny ont mis en place un collectif de soutien. Cela a été très bien reçu. Ils ont pu permettre aux grévistes d'avoir des salles municipales, des soutiens financiers, et ont fait des distributions de tracts pour eux.

La sixième semaine de grève s'annonçait rude et les marques de solidarité sont appréciées. Personne n'aurait pu prévoir que la grève dure si longtemps, mais les travailleurs de Quetigny ont conscience que leur grève est un véritable symbole aux yeux de l'ensemble des travailleurs de Sanofi, menacés dans leur emploi et dans leur salaire, alors même que leur employeur est un des riches patrons de France.

Sanofi, Quetigny : « S'il le faut on est repartis pour un mois ! »

Brève
03/12/2014

Les travailleurs de Sanofi Quetigny, en Côte-d'Or, ont entamé le 1er décembre leur cinquième semaine de grève. Celle-ci a commencé à l'annonce du rachat de l'usine par un sous-traitant pharmaceutique, Delpharm, qui voulait supprimer leurs primes Sanofi, qui constituent pour l'instant entre un tiers et un quart de leur salaire. Ils ont déjà obtenu 15 000 euros, soit un peu moins de deux ans de primes, mais ils estiment que ce n'est pas une garantie suffisante.

La nouveauté de la semaine a été le retrait du directeur local, dans les négociations, au profit d'un de ses supérieurs hiérarchiques de Paris. Dans le fond, rien n'a changé, la direction étant passée dans ses propositions de 15 000 euros net à 20 000 euros brut... ce qui revient au même. Conscients que la direction les roulait, les travailleurs ont répondu comme il se devait. Ils ont bénéficié de nombreux soutiens de l'extérieur : klaxons de voitures devant le piquet en signe d'encouragement, dons envoyés aux grévistes et soutien de la part des autres sites.

Le patron a tenté de provoquer les grévistes. Il a engagé des équipes tournantes de vigiles et un huissier, pour tenter de faire s'échauffer les esprits. L'huissier a voulu s'amuser à faire un album photo, prenant les grévistes en train de décharger des combustibles pour le feu du piquet, mais les ouvriers l'ont empêché de le compléter, en organisant un barrage.

Sur un ton plus humoristique, les grévistes ont décidé de s'amuser un peu en testant la nervosité de la direction, certains allant se promener du côté du déchargement des camions, pour voir comment elle allait réagir. Toute la cavalerie a rappliqué dare-dare : l'huissier avec sa dragonne pendouillante, les six vigiles essoufflés et un directeur on ne peut plus désemparé. Ensuite eut lieu un jeu de ping-pong téléphonique entre la direction et les représentations syndicales, la direction devenant complètement chèvre. Cette histoire aura au moins donné un instant de détente et de franche rigolade à l'assemblée générale du soir de l'ensemble des grévistes.

Lorsque les cadres de Paris sont venus négocier le vendredi 28 novembre pour « mettre fin au conflit », ils ont été chaleureusement accueillis par le débrayage total de l'usine pendant deux heures. C'est le signe que les 120 grévistes ont le soutien de l'ensemble des 350 salariés du site. Soutien bien plus large d'ailleurs, puisque le lundi suivant une cinquantaine de syndiqués sont venus d'autres sites du groupe apporter leur solidarité. Ce geste a été le bienvenu, d'autant que c'est cette union des travailleurs qu'a le plus à craindre le groupe Sanofi, qui veut faire à d'autres ce qu'il fait à Quetigny.

Cette cinquième semaine de grève est plus dure pour les grévistes, mais un noyau solide s'est constitué dans la lutte, voyant plus loin que la grève en elle-même et expliquant que, même après la reprise, « maintenant qu'on est solidaires, plus rien ne sera jamais comme avant ». Cela sera vrai si d'autres travailleurs de Sanofi ou d'ailleurs, à leur tour, les rejoignent.

GATES – Nevers

La direction parle de sécurité après…l’accident : révoltant !

Brève
25/11/2014

Lundi 17 novembre, un grave accident s'est produit à l'usine Gates où sont fabriquées des courroies, notamment pour l'automobile.

À la Calandre, un travailleur a été happé dans la machine. Et les sécurités n'ont servi à rien, ni le bouton d'arrêt d'urgence sur le tableau de commande que le travailleur ne pouvait atteindre, ni le câble d'arrêt. Heureusement que malgré le bruit, un camarade qui badgeait pour sortir l'a entendu crier... Il lui doit sans doute la vie.

La responsabilité de la direction est entière, d'autant que le problème avait été signalé. Et il aura fallu ce grave accident pour qu'elle envisage maintenant d'installer des sécurités réelles. Cela coûtera dans les 20 000 euros, une bagatelle au vu des profits de l'entreprise.

Cette semaine, suite à l'arrêt de la machine, entre un et trois jours de chômage ont été décrétés pour les secteurs qui travaillent en aval. Le comble, c'est que la direction en profite pour licencier vingt camarades en intérim, c'est-à-dire la quasi-totalité de ceux qui sont encore dans l'usine en cette période de fin d'année, bien qu'ils travaillent dans d'autres secteurs. Elle leur promet de les reprendre dès que possible. Mais entre temps, elle aura économisé la prime de 13e mois que ces travailleurs vont perdre sur leur salaire de novembre.

Beaucoup de travailleurs ont été choqués par l'accident de leur camarade et vraiment écœurés par l'attitude de la direction qui fait payer aux travailleurs les conséquences de son incurie.

Sanofi-Quétigny : la grève continue

Brève
20/11/2014

La grève des travailleurs de Sanofi, lancée sur le site de Quétigny (près de Dijon), le mardi 4 novembre, pour protester contre le rachat de leur site par Delpharm, et pour protéger leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail, continue. Le moral est au beau fixe, les travailleurs étant bien déterminés à faire plier la direction.

Pour faire face à cette grève qui a éclaté en dehors des syndicats, la direction a réuni un Comité d'Entreprise extraordinaire le 12 novembre, avec les directions de Sanofi et Delpharm, et les délégués du personnel CGT, CFDT et CGC, ceux-là même qui s'étaient opposés à la grève. Mais comme il fallait s'y attendre, ce fut sans le moindre effet sur les grévistes, surtout au regard des faibles concessions accordées. Aussi le lendemain, la direction s'est vue obligée d'envoyer ses cadres locaux aidés par 2 cadres nationaux du groupe, au piquet de grève afin de convaincre les grévistes qu'il fallait reprendre le travail et avec de nouvelles concessions. Mais c'était si peu qu'au bout de 2 heures de discussion en plein vent, ils sont partis et la grève a continué.

Alors les syndicats CGT, CFDT, et CGC, initialement opposés à la grève parce « faire grève, c'est se condamner », ont tenté de s'imposer comme direction du mouvement en créant une intersyndicale totalement déconnectée du contrôle des ouvriers grévistes initiateurs de la grève. Lorsque les grévistes ont demandé à pouvoir y assister notamment en envoyant des syndiqués FO (syndicat créé pour les besoins du mouvement en l'absence d'autres syndicats combatifs), l'intersyndicale a refusé. Considérant que si aucun des leurs n'y était associé, cette intersyndicale n'avait aucune légitimité, et les grévistes ont donc préféré l'ignorer et continué comme ils faisaient avant.

Pour couronner cette journée riche en événements, les travailleurs ont eu le droit à la visite d'un Front de Gauche, en particulier des militants du PCF, venu applaudir la député socialiste Kheira Bouziane pour un discours fait devant eux. Les travailleurs, écœurés de cette opération de recyclage, ont expliqué aux organisations présentes qu'ils n'aspiraient pas à ce que des politiciens viennent se faire se mousser sur leur mouvement.

Ce lundi 17 Novembre, les ouvriers de Sanofi-Quetigny entamaient leur neuvième journée de grève, toujours aussi déterminés à ne pas cesser le mouvement tant que la direction de Sanofi ne se sera pas pliée aux exigences des salariés. Ça commence à devenir dur mais ils sont quand même un exemple pour l'ensemble du groupe Sanofi.

QUETIGNY(21) - SANOFI : LA PILLULE NE PASSE PAS

Brève
11/11/2014

Depuis le 4 novembre, 150 des 350 salariés de l'usine Sanofi, à Quetigny près de Dijon, sont en grève afin de s'opposer au plan de rachat du site par le groupe Delpharm. Delpharm est une société spécialisée dans la sous-traitance pharmaceutique. Ce que les travailleurs savent, c'est que ce rachat se fera au détriment de leurs intérêts : conserver leur salaire, leurs conditions de travail, leurs emplois.

C'est à l'initiative d'une cinquantaine de salariés que le mouvement a été lancé, ceux-ci très vite rejoints par les syndicats et 100 de leurs camarades. En effet, les travailleurs de Sanofi Quetigny, attachés au fait que ce mouvement soit « le leur », sont excédés. Et il y a de quoi, car cela fait 2 ans que Sanofi leur promet le maintien des emplois et des salaires en échange « d'efforts » : augmentation des cadences, gel des salaires, c'est-à-dire réduction du pouvoir d'achat. Pourtant, par le biais du Canard Enchaîné, les travailleurs ont appris le 9 juillet qu'une note interne à Sanofi prévoyait la cession de 4 sites du groupe, dont celui de Quetigny, projet présenté début mai 2014 au Comité d'Investissement du groupe. Après avoir longtemps nié ce fait, la direction a convoqué l'ensemble des salariés pour leur annoncer officiellement la nouvelle, expliquant que « cela n'aurait pas d'impact en terme d'emplois ». Lorsque les salariés sont allés demander des comptes à Delpharm, celle-ci a répondu qu'elle ne s'était engagée « sur rien, devant personne ». Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est cette absence d'engagement car cela laisse la quasi certitude que ce sont des licenciements qui attendent les travailleurs.

C'est donc aux mots d'ordre du « maintien des salaires, des primes et mutuelles, ainsi que de l'emploi » que sont entrés en lutte ces travailleurs. Cette phrase résume bien leur état d'esprit : « On n'arrêtera pas la grève tant que l'accord avec nos revendications ne sera pas signé », ou encore « De toute façon, on n'a plus rien à perdre ». Pourtant, la seconde place boursière du CAC 40 a amplement les moyens de garantir les emplois et les salaires pour tous !