Nièvre

L'usine tue

Brève
15/11/2012

Deux ouvriers sont morts mercredi 14 novembre dans l'atelier d'Aperam, filiale de Mittal, aux Aciéries d'Imphy à côté de Nevers.

Plusieurs incidents avaient eu lieu la semaine dernière sur ce four récent de l'Aciérie 2, entraînant son arrêt et une opération de maintenance. Un gaz lourd, de l'argon, avait été injecté deux jours avant, puis le four avait été laissé ouvert. Les deux ouvriers sont intervenus ce matin et y sont morts.

Problème de ventilation ? Réaction chimique non prévue ? Il fallait que le four soit réparé et redémarre, c'est ce qui comptait. Tous les ouvriers sont choqués et veulent que la lumière soit faite après ce drame. Il est inadmissible d'aller au travail pour y trouver la mort.

Côte d'Or

Répartition du travail entre tous

Brève
25/09/2012

Les chiffres du chômage en Haute-Côte d'Or sont tombés : l'augmentation du nombre de chômeurs est de 50 % entre 2008 et 2012. Cette hausse est, entre autres, due aux nombreuses fermetures de petites entreprises dans le département.

Les travailleurs payent ici comme partout le prix de cette économie folle, incapable de faire face à sa propre crise. Le moindre ralentissement des commandes condamne de plus en plus de travailleurs au chômage, alors que les autres voient s'accélérer leur rythme de travail.

Pour combattre le chômage et obtenir des conditions de travail acceptables, nous devrons imposer au patronat de répartir le travail entre tous les bras disponibles, quitte à prendre sur les profits des grands groupes.

Cercy-La-Tour (Nièvre)

Faurecia : bénéfices en hausse, pouvoir d’achat en baisse

Brève
04/06/2012

À l'usine Faurecia de Cercy-la-Tour, la direction vient d'annoncer 32,8 jours de chômage d'ici fin 2012. Cela fait une semaine par mois sans travailler jusqu'à décembre.

Les prévisions de chiffre d'affaires pour le 2ème semestre 2012 seraient en baisse d'1 million d'euros. Mais pourquoi les travailleurs devraient-ils payer pour les soubresauts du marché automobile ?

La direction dit qu'elle met en place le chômage pour éviter un plan de licenciements.

Mais pas question pour elle de diminuer le rythme de travail qui est maintenu au plus haut. Il faut accélérer les cadences, travailler jusqu'au dernier moment pour faire leur fameux PDP (Production de Pièces Produites par heure).

Faurecia a été félicité par Peugeot pour ses 84 % de bénéfices en plus en 2011, elle a donc largement de quoi maintenir nos salaires. Il n'y a aucune raison que le pouvoir d'achat des travailleurs soit amputé.

Dijon

En France, en Espagne ou ailleurs les travailleurs n’ont pas a payer la crise

Brève
16/05/2012

TAU Ceramica (Espagne) est le premier fournisseur en carrelage des enseignes Aubade, que l'on trouve notamment chez les marchands de matériaux Pagot Savoie à Dijon, ou encore Comafranc à Besançon.

En mars 2012, Tau a licencié 150 personnes (sur 800). En Espagne, les indemnités de licenciement sont généralement l'équivalent de 40 jours de travail par année travaillée. Mais, sous prétexte qu'il s'agit d'un licenciement collectif, les licenciés n'ont touché que l'équivalent de 24 jours.

Il est bien difficile de définir quels sont les critères qui ont motivé les licenciements. Par exemple, au service exportation France, deux personnes sur quatre ont perdu leur emploi, alors que les ventes vers la France n'ont pas baissé. Et, comme le témoigne une des deux personnes licenciées : « ce sera dur de retrouver du travail et si j'en retrouve, ce ne sera pas au niveau de salaire actuel mais plutôt à 8 ou 900 euros par mois ».

Travailleurs de tous les pays, unissons-nous tous contre l'interdiction des licenciements !

Dijon

Un internaute nous écrit

Brève
23/04/2012

Tétra Pak est un groupe suédois employant 22 000 personnes dans le monde, spécialisé dans l'emballage alimentaire, par exemple, les briques de lait. L'usine de France, située dans la banlieue de Dijon, compte 350 salariés, dont un tiers d'administratifs. Depuis plusieurs années, les conditions de travail se dégradent, ces deux dernières années notamment, près de 20 personnes sont parties sans être remplacées.. La direction a multiplié l'usage des ruptures conventionnelles, ce qui fait que chaque départ pouvait paraître comme un arrangement à l'amiable, qui de la personne qui avait trouvé un meilleur emploi, qui de celle qui pouvait partir avant l'âge de la retraite.

Une des dernières ruptures a fait parler d'elle : l'employée, de retour de congé maternité s'est fait expliquer que ses fonctions avaient été redistribuées et qu'elle n'avait donc plus rien à faire. Après plusieurs jours, elle a été convoquée à la va-vite, un vendredi après-midi par le RH et le responsable pour signer une rupture de contrat qui « n'engageait à rien... puisqu'elle avait 15 jours pour réfléchir »... Un peu perdue et dégoûtée, elle a fini par accepter de partir. Comme à chaque départ, un communiqué a été passé par mail et affichage à tout le personnel, avec les formules consacrées : « d'un commun accord, untel a décidé de donner un nouveau tournant à sa carrière »...

Sans parler de faire partir les gens, il y a une multiplication de convocations, de réflexions, de reproches, de pressions qui font que les gens se sentent de plus en plus mal à l'aise, tandis que la quantité de travail augmente. Chacun doit participer à des groupes de travail, remplir de multiples tableaux et autres rapports, tout ça pour que la direction puisse présenter des résultats auprès des organismes d'audit et de la direction générale du groupe.

La dernière attaque, et qui a choqué nombre d'entre nous, c'est la convocation pour un entretien préalable à une sanction de l'infirmière. Choquée par la méthode au bout de 20 ans chez Tétra Pak, elle a d'ailleurs eu un malaise lors de l'entretien. Un nouvel entretien a eu lieu après son arrêt maladie, pour lequel les syndicats avaient appelé à un rassemblement de soutien. La direction avait fixé le lundi 26 mars, jour où la production ne tournait pas mais nous étions tout de même une soixantaine à être présents pour lui marquer notre soutien.

Le mercredi 4 avril, notre collègue a reçu sa lettre de licenciement. La direction lui reproche d'avoir tenu des propos hostiles à l'entreprise dans le cadre de réunions avec les salariés, comme en auraient témoigné certains cadres.

Pour marquer le coup, les syndicats ont appelé à la grève le 5 et 6 avril, pour que tous les postes (3 X 8, journée et VSD) puissent débrayer. Près de 90 % du personnel ont participé et se sont retrouvés au piquet de grève. La copie de la lettre de licenciement a fait beaucoup réagir : 6 pages pour finalement reprocher à notre collègue de ne pas systématiquement défendre la direction. Et surtout ces fameuses citations qui lui sont reprochées qui nous faisaient dire : « mais ça, j'ai dû le dire au moins 10 fois par jour ! Ça veut dire que ça peut tomber sur n'importe lequel d'entre nous »...

Devant le fait accompli, la direction a demandé pourquoi, il y avait grève, puisqu'il n'y avait pas de revendication !.. Et effectivement, certains disaient qu'ils n'étaient pas là pour réclamer 20 ou 30 euros, mais pour dire qu'on n'en peut plus ! Et puisque la direction nous demandait des revendications, c'est parti dans tous les sens, sur tous les problèmes concrets de chaque poste. La demande première étant la réintégration de notre collègue infirmière.

Les médias régionaux ont relaté les faits, et ça faisait plaisir de voir ça, un an après la campagne que s'était offert Tétra Pak, pour les 40 ans de l'usine et la présentation d'une nouvelle machine pour 23 millions d'euros : l'occasion de, pour la direction, à nouveau faire sa pub sur Tétra pak, une industrie qui investit, qui innove, avec un personnel engagé et heureux.