Des échos du bulletin Gates (Nevers)

Brève
27/03/2020

Des courroies, des courroies, des courroies…

A Gates, la production continue. Le virus ? Ce n’est pas un problème. Les courroies et les clients, c’est bien plus important. Tout ce que la direction laisse entendre, c’est puisqu’on a le droit de continuer … on continue ! La santé et même la vie des travailleurs, ce n’est pas le souci de la direction…

Une amende ne suffit pas !

Le gouvernement nous confine et demande de ne pas entrer en contact avec plus de 5 personnes par jour. Mais comment faire pour ne pas se croiser ? A 4400, à Ubag, aux grinders, on ne peut pas marcher au plafond pendant que les autres restent au sol ! Pour Gates, l’amende pour non respect du confinement avec récidive quotidienne devrait être salée…

Pin-pon ; pin-pon…….

On n’ose y croire mais nous devrions venir à l’usine et prendre des risques pour notre santé parce qu’il faut absolument des courroies de rechange pour les ambulances… Il est urgent qu’une ambulance vienne le chercher.

Horaires spéciaux

Pour ne pas se croiser à la pointeuse, la direction a inventé un savant micmac d’horaires. On a droit à 12 minutes par jour, soit 6 à l’entrée et 6 à la sortie ; ou 4 à l’entrée et 8 à la sortie ; ou encore 2 à l’entrée et 10 à la sortie. Il faut au moins bac + 8 pour inventer ça. Et supprimer la pointeuse, ça serait pas plus simple !

ET LE DEPISTAGE ?

Brève
25/03/2020

Les recommandations de l’OMS sont de dépister le plus de gens possible, pour confiner absolument les cas positifs le plus strictement possible. Or dans tout le pays actuellement on ne dépiste quasiment plus personne, pas même les soignants tant qu’ils n’ont pas tous les signes typiques de la maladie.

Pas assez de tests ? de réactifs ? de laboratoires aptes à effectuer l’analyse ? Difficile de démêler le vrai du faux, mais en tout cas on n’est pas dans les clous, sans doute faute de moyens. A force d’économiser sur la santé et de ne faire que ce qui rapporte… ce sont nos vies et celles des malades qui se retrouvent en danger, tout ça pour leurs profits ! Cela juge cette société.

CHU Dijon

Comme neige au soleil

Brève
25/03/2020

Dans les réas et les médecines « covid-19 + », le matériel fond comme neige au soleil : on n’a presque plus de surblouses, on essaie d’économiser les masques car là aussi, la pénurie guette.

La conséquence c’est qu’il faut si possible porter la tenue complète pendant 4h, sans se moucher, boire, tout ce qui obligerait à toucher son masque évidemment, ou se défaire de la surblouse pour aller faire pipi. Avec la chaleur qu’il fait sous l’équipement complet, nous aussi on va fondre.

Mais surtout, on fera quoi, ensuite ? quand économiser ne suffira plus ? Les gouvernements successifs ont organisé la pénurie, à force de ne faire que ce qui était profitable aux financiers, et maintenant, c’est nous qu’on envoie, au front, et sans armes !

Il va falloir qu’on trouve des solutions, il en va de notre santé et de celle des patients. Et surtout, dans la santé comme ailleurs, si on veut empêcher que les décisions soient prises en fonction des seuls intérêts des capitalistes, il faudra tôt ou tard leur en contester le droit.

Dijon

Une semaine à l’usine TPC de Saint-Apollinaire

Brève
24/03/2020

Il y a d’abord eu le télétravail

Comme quoi, toutes les théories sur la sécurité, la peur des hackers, la protection des données sont autant de discours qui ne tiennent à rien.

Pour s’en convaincre il n’y avait qu’à voir le nombre de collègues qui sont partis avec leur PC sous le bras et qui plus est, avec toutes les infos « secrètes » qu’ils contiennent.

 

Les lampistes de la production.

Le but du télétravail est d’éviter les déplacements et par là, le développement du corona. Sous-entendu, il est plus dangereux pour soi et les autres de venir au travail que de rester chez soi.

Merci pour ceux qui restent, les lampistes de la production.

Mais, virus ou non, c’est quand même à l’usine qu’on a le plus de chance d’y rester soit en ayant un accident soit en respirant des produits nocifs.

Et il n’y a en général pas grand monde pour s’en offusquer.

 

Pour la direction, pas question de fermer l’usine

Dès mardi, malgré toutes les absences de personnel, les fournisseurs en chômage, les personnels étrangers à TPC, interdits d’entrée, pour la direction, il n’était pas question de fermer l’usine.

Entre le discours de la direction servi aux délégués et ceux du gouvernement, pas de différence.

Le virus est dangereux mais si vous savez vous laver les mains pas de problème.Trop facile !

 

Direction et gouvernement ont les mêmes buts.

Mercredi, nous comprenons que nous serons sacrifiés. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas facile à accepter. C’est à la haute fiab que les collègues réagissent le plus, jusqu’à faire descendre le DG.

Il s’accroche à ses certitudes malgré tous nos arguments qui valent bien les siens.

A ce jour, seul le confinement total à la chinoise a fait ses preuves ; tout le reste va contre la volonté de vaincre le virus rapidement, en jouant avec nos vies pour ne pas mettre en péril la bourse.

C’est pour défendre ces mêmes intérêts que les hôpitaux ont été vidés de leurs moyens

 

Jeudi, la cour est pleine.

Cette fois bien décidés à dire ce que nous avions sur le cœur, il ne nous aura fallu qu’une dizaine de minutes pour nous nous retrouvions, l’ensemble du personnel, dans la cour pour interpeller qui le DG, qui la RH, qui l’infirmière.

C’était chaud, une vraie colère.

Le DG n’entend rien, mais profite de ce que nous soyons tous là pour nous expliquer les gestes barrière, qu’il faut se laver les mains, garder nos distances etc… tout ce que nous savons déjà. Limite insultant !

 

Sans illusion.

Une chose est certaine après cette altercation avec la direction : quand il s’agit de nos intérêts propres, il ne faut pas s’attendre à ce que la direction soit d’accord avec nous.

La meilleure solution est de prendre nos responsabilités et de faire ce qui nous semble bon pour nous.

Cela a un prix mais il faudra en passer par là si on ne veut pas être les éternels sacrifiés

Chalon-sur-Saône

Débrayage à Amazon

Brève
21/03/2020

Lundi 17 mars, depuis 8h du matin, nous avions appris qu’une ouvrière de l’entrepôt avait été déclarée positive au test du covid-19. Tout le monde se faisait passer le mot, certains en montrant sur leur téléphone l’article du JSL qui racontait le fait, d’autres en prévenant les autres autour de lui. On se demandait qui c’était, quand est-ce qu’on avait pu la croiser ? Et surtout : pourquoi est-ce-que ça n’a pas été discuté au brief de 5h40 avec les managers ?

Certains disaient « on peut crever pour Amazon, ils s’en foutent » ; « ce qui compte c’est leur argent, en ce moment les commandes de vente en ligne décollent ». D’autres voulaient que l’entrepôt ferme immédiatement. Ce qu’on ressentait surtout, c’était l’injustice de devoir continuer à travailler dans un nid à microbes comme ici, malgré toutes les procédures mises en place pour protéger les autres, à l’échelle du pays.

Et surtout, le matériel dans l’entrepôt est largement insuffisant : pas de masque, pas de gants, pas de gel hydroalcoolique sur notre poste. Tout ce qu’il y avait c’était surtout des scotchs posés au sol, dans chaque cellule, dans les salles de pause, pour garder une distance d’un mètre entre nous.

A 10h, des syndiqués de la CGT ont commencé à faire le tour des cellules, en appelant à débrayer jusqu’à la fin de poste de 12h50 sur le parking du site, pour demander les 15 jours de confinement pour toutes les équipes. Ils ont été suivis par environ 70 travailleurs, dont une dizaine d’intérimaires. Tout le monde est allé débadger et s’est rendu sur le parking.

Tout le monde discutait par groupes les uns avec les autres, y compris avec des collègues qu’ils n’avaient encore jamais croisés. Plusieurs avaient de la famille ou des amis dans d’autres entreprises du coin qui ont fermé leurs portes, comme Euromaster, B2S, etc… Certains habitués d’autres grèves disaient qu’il n’y avait jamais eu autant de monde qui était sorti ensemble.

Le directeur est descendu nous voir pour dire qu’ils avaient tout mis en place pour l’hygiène, renforcé les contrôles sanitaires. Il s’est fait interpeller par une ouvrière, qui lui a proposé de venir travailler avec nous dans des locaux sans matériel et de voir ce que ça fait. Il a fini par dire « c’est votre droit de débrayer » et est parti téléphoner.

Des syndiqués avaient contacté des équipes de l’après-midi pour qu’elles débrayent derrière nous dès leur début de poste, et ça discutait de reprendre le lendemain si aucune mesure n’avait été prise. Deux sont montés dans les bureaux de la direction, et sont redescendus en disant qu’on devait attendre des nouvelles, et qu’une deuxième réunion se ferait dans l’après-midi.

Petit à petit tout le monde s’est séparé, en se disant qu’on restait en contact et qu’on attendait de voir demain, et que si besoin on n’hésiterait pas à recommencer.