Rennes (35) :  Municipales à Rennes. Valérie Hamon, une vie militante bien remplie

Article de presse
02/02/2020

Valérie Hamon - tête de liste Lutte ouvrière à Rennes photo Ouest-France

Valérie Hamon, 48 ans, cheminote, fille d’ouvriers, emmènera la liste « Lutte ouvrière – faire entendre le camp des travailleurs » aux prochaines municipales. PORTRAIT.

Une mère ouvrière d’usine, un père ouvrier du bâtiment, Valérie Hamon, 48 ans, a grandi à Pommeret, un petit village près de Lamballe, dans les Côtes-d’Armor. « J’en ai entendu à la maison, sur les cadences, les pauses pipi, les accidents du travail, les salaires bas, les fins de mois difficiles… » se souvient-elle.

Sa mère a travaillé au Joint français, à Saint-Brieuc, puis dans l’agroalimentaire avant de garder des enfants. « Mon père et ma mère ont été licenciés, ont connu le chômage. Forcément, ça marque. »

En intérim pendant huit ans

Le bac en poche, Valérie Hamon arrive à Rennes, à l’université Rennes 1 pour des études de biologie. « Je travaillais pour payer mes études, en intérim. J’ai fait plein de petits boulots, dans l’agroalimentaire, l’automobile, l’électronique… On était une bande de filles à travailler ainsi avec des missions à la semaine, à la journée. Ça a duré huit ans, entre-temps j’avais arrêté les études. »

À l’époque Valérie Hamon n’est pas syndiquée, « parce que dans les usines où je travaillais, il n’y avait pas de syndicat. Je gardais mes idées pour moi, comme tout le monde, mais ça n’empêchait pas la révolte contre l’exploitation, les humiliations infligées par les petits chefs. »

Les injustices la révoltent. Dans les années 1990, éclate la première guerre du Golfe. Dans la cité où elle habite, Valérie Hamon croise des étudiants irakiens, puis des militants Lutte ouvrière : « Ça m’a ouvert l’esprit. »

Elle adhère au parti trotskiste en 1995. « Je m’y suis retrouvée dans ma vie, dans mon entourage composé d’ouvriers et petits paysans. C’est à ce moment que je me suis intéressée à la politique, autour de cette idée que la classe ouvrière n’est pas le camp des résignés, mais un camp qui conteste. »

Huitième fois qu’elle se présente

En 2000, Valérie Hamon décroche un contrat CDI, comme cheminote. D’abord conductrice de trains, elle est aujourd’hui employée dans des ateliers de maintenance, « et comme les collègues, j’en ai assez d’entendre dire qu’on est privilégiés ».

En 2004, elle se présente pour la première fois à un scrutin, aux élections régionales. Puis enchaîne, en 2007, aux législatives, en 2008 et 2014, aux municipales rennaises, en 2017, aux législatives, en 2009 et 2019 aux Européennes…

Aux municipales, en 2014, elle avait obtenu 1,69 % des voix. En parallèle, Valérie Hamon, inlassable militante, qui aime aussi, sur son temps libre, lire, nager et partir en vacances en camping – « que des bonheurs simples » – n’arrête jamais le combat, contre les projets de réforme des retraites, la loi Travail…

Elle a fait grève en 2007, 2010, 2014, 2016, 2018, et 2019, bien sûr, « On apprend beaucoup. Pour moi, Lutte ouvrière, qui défend les idées communistes, c’est une continuité de ce combat, au jour le jour. Convaincre les collègues qu’il faut s’organiser, agir collectivement, que c’est toute la société, et ceux qui ont le pouvoir, qu’il faut renverser. »