Bretagne :  Valérie Hamon, la voix des « travailleurs » bretons

Article de presse
01/12/2015

Valérie Hamon sur le marché de Sainte Thérèse de Rennes

Les candidats en campagne. En Bretagne, elle est la seule femme chef de file d’une liste. Celle de Lutte ouvrière, pour défendre, encore et toujours, les intérêts des salariés.
 
Mercredi, une pluie fine tombe sur les stands du marché Sainte-Thérèse, à Rennes. Un marché hebdomadaire très couru qui s’étale à travers les rues, les places, au pied des petites maisons et des immeubles HLM d’un quartier à la fois populaire et résidentiel. Entre un poissonnier, un fromager et des marchands de légumes, Valérie Hamon et ses camarades de Lutte ouvrière (LO) ont posé leurs panneaux surmontés d’un drapeau rouge. La distribution de tracts peut commencer. À 42 ans, cette conductrice de trains express régionaux se présente pour la deuxième fois aux élections régionales au nom de son parti, « sur des jours de congés sans solde ».
 
« Pour prendre la parole »
 
La tête de liste de LO sait bien qu’elle aura du mal à trouver beaucoup de lecteurs pour sa prose révolutionnaire. Mais cette présence sur les marchés fait partie des tâches régulières des militants. Encore plus en période électorale. « Les élections ne changent rien au sort des travailleurs, affirme Valérie Hamon. Nous sommes un courant minoritaire. Les régionales nous permettent de prendre la parole. » Son discours sur la lutte de classes est bien rodé. C’est celui qui a fait les beaux jours d’Arlette Laguiller, la très médiatique porte-parole de LO de 1974 à 2007. Un discours binaire, diront les mauvaises langues, mais qui a le mérite de la clarté. « Pour faire baisser le chômage, il faut que les patrons embauchent et il faut interdire les licenciements. Or le patronat fait l’inverse. » Et le rapport avec les régionales ? « La Région aide les entreprises au nom de l’emploi. Or, celles-ci ne font qu’en supprimer. Comme chez PSA à La Janais, près de Rennes. J’y travaillais il y a quinze ans : on était 12 000 contre 4 500 aujourd’hui. » Honnêtement, ce jour-là, à Rennes, la pêche aux électeurs de LO n’est pas très fructueuse. Quelques sympathisants, des connaissances, un ou deux curieux… Qu’importe, Valérie Hamon garde le sourire et reprend son analyse de l’actualité. Les attentats de Paris ? « L’horreur est montée d’un cran. Nous sommes unis dans l’émotion, mais attention au piège qui consiste à emboîter le pas au FN. Et surtout, il ne faut pas qu’on en profite pour faire taire les travailleurs. » Les migrants ? « Ils fuient la terreur quotidienne chez eux. Ils finiront par s’intégrer. » Les régionales ? « S’abstenir, c’est se taire. Nous prônons la colère sociale. Les travailleurs doivent voter pour leur propre camp. » Valérie Hamon n’en démord pas : « Le futur président de Région n’aura pas les mains libres. Ce n’est pas à son niveau que les choses se décident. Le vrai pouvoir est ailleurs. » Sous-entendu, dans les mains du capital, mais aussi dans celles des travailleurs.
 
Philippe GAILLARD.

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