Saint Brieuc :  Alain Le Fol. Toujours en lutte

Article de presse
09/03/2014

Pour la quatrième fois, Alain Le Fol défendra les idées de Lutte ouvrière aux municipales. Depuis près de 40 ans, l'ancien ouvrier métallurgiste repart au combat à chaque élection pour faire entendre la voix des travailleurs.

Réussir à convaincre Alain Le Fol de parler de sa vie n'est pas un mince exploit car le candidat de Lutte ouvrière apprécie peu l'exercice. Il serait pourtant faux de croire que l'homme est distant. C'est l'exact contraire. Alain Le Fol est un personnage affable, ouvert à la discussion. Serait-il alors pudique ? C'est une possibilité. Mais la vraie raison c'est qu'il n'aime pas parler de lui tant la cause qu'il porte depuis bientôt 40 ans lui paraît bien plus digne d'intérêt. Cette cause, c'est celle des travailleurs qu'inlassablement il défend à chaque élection. « Je n'ai jamais spécialement cherché à me mettre en avant. Ce n'est pas la personne qui compte, ce sont les idées », martèle ce militant qui a troqué depuis longtemps le « je » contre le « on ».

Indigné bien avant l'heure

Depuis 1975, date de son adhésion à Lutte ouvrière, l'ancien de Chaffoteaux, aujourd'hui préretraité amiante, se bat contre « l'injustice, le fait que la société tourne autour d'une minorité de gens et que la population voit sa qualité de vie se dégrader. C'est une constante depuis que je me suis engagé. » Alain Le Fol est intarissable sur le sujet qu'il porte - et qui le porte - depuis tant d'années. Un moteur qui continue à le faire avancer car, se désole-t-il, « la situation ne s'améliore pas dans le monde du travail, elle s'aggrave ! Depuis 30 ans, on a eu pratiquement toutes les combinaisons politiques possibles ! La politique de la gauche sur le terrain social étant la même que la droite, ça a déboussolé les ouvriers. » Le calme apparent d'Alain Le Fol masque un bouillonnement intérieur qu'on imagine intense. Il suffit d'aborder le sujet de la pauvreté croissante à Saint-Brieuc pour l'enflammer. « 179 personnes paient l'ISF et moins de la moitié de la population paie des impôts car les revenus sont trop faibles », constate-t-il avec amertume. Sa capacité d'indignation n'a pas faibli avec le temps. Il s'inquiète aujourd'hui de voir « les réactionnaires dans la rue et le monde ouvrier ne s'exprime pas ». Il craint plus que tout que « la démoralisation dans les quartiers populaires » profite au Front national et il demeure convaincu que « les ouvriers qui seraient tentés de voter pour le FN se tireraient une balle dans le pied ».

« Les problèmes ne peuvent pas se régler localement »

Interdiction des licenciements, réquisition des logements vacants pour les mal logés, indexation des salaires sur le coût de la vie, contrôle de l'argent public et des comptes des entreprises... sont quelques-uns des thèmes qu'il défend à chaque élection. L'aspect local est volontairement mis de côté dans son discours de campagne. Ce qui peut sembler curieux dans le cadre d'une élection municipale est un choix assumé et revendiqué. « Ce n'est pas qu'on manque d'idées, c'est que les problèmes qui touchent la population ne peuvent pas se régler au niveau local. Ceux qui disent le contraire sont des menteurs ! » Il a peu de chance d'être élu ? Il le sait et s'en moque, sa motivation n'est pas là. « On est pour que tous les courants s'expriment. Les élections, c'est le moment où on offre le choix le plus large possible. »