La Nouvelle République - Poitou-Charentes :  "Je fais partie de la France qui se lève tôt"

Article de presse
19/02/2010

Adhérent depuis 1988 à Lutte ouvrière, Patrice Villeret, ouvrier ajusteur aux Fonderies du Poitou, est candidat sur la liste soutenue par Arlette Laguiller.

J e me lève à 4 h 30 du matin pour aller travailler et je débauche tard. Je fais partie de la France qui se lève tôt. Pour 1.500 € nets par mois, Patrice Villeret, ouvrier aux Fonderies du Poitou, est usé. Prématurément.

Comme tous les travailleurs qui connaissent ce que c'est le boulot. « Pas besoin de Sarkozy pour le savoir », lâche-t-il avant d'ajouter : « qu'il n'y a que les bourgeois, les politiques et les gros capitalistes qui ne savent pas que pour fabriquer leurs chaussures, leurs smokings et leurs voitures, des ouvriers se lèvent dès potron-minet pour exécuter ces tâches ».

Patrice Villeret a voté Mitterrand, « un idéal », en raison de fortes «espérances avec la gauche» et quand on n'a « connu que la droite »...

" Renverser cette société "

Méfiant quand même, le jeune homme de l'époque regarde le monde avec distance. Et vit mal, dans les années quatre-vingt, « l'externalisation des entreprises chez Renault, le plan acier de Mauroy ». Désillusions d'un trop grand espoir marqué par l'arrivée d'une gauche qui n'a pu faire de miracle. Alors, quand LO (Lutte ouvrière) lui tend la main en 1988, il la prend « pour renverser cette société », milite pour les cantonales, les législatives, les municipales, « après le boulot » sur son « temps personnel ». L'ouvrier des Fonderies pose, pendant les campagnes, des congés. Sans solde. « Maintenant, je ne peux pas et, en plus, les patrons nous imposent nos congés. » Il fait alors « des sacrifices » sur son temps de loisirs « pour animer les activités politiques ». « Le parti ne paie pas de permanent. » Pour les déplacements, il mutualise, partage les frais d'essence : « On ne prend pas l'avion pour une distribution de tracts, notre engagement est individuel. »

Patrice Villeret, 4e sur la liste de Lutte ouvrière, pour ces élections régionales dénoncera « la politique du gouvernement et du grand patronat qui font payer la crise aux travailleurs », proposera de mettre sous contrôle « les financiers et les actionnaires » afin d'éviter la spéculation. Parce qu'il a « urgence ».

Didier Monteil