Finistère :  Brest - LO "Faire entendre le camp des travailleurs"

Article de presse
10/03/2014

Comme en 2001 et en 2008, Lutte ouvrière entend faire entendre la voix des travailleurs lors de cette campagne municipale à Brest. « Tous les grands partis voudraient rester sur des sujets communaux, faire du local. Ça les arrange bien. Nous, on préfère parler d'autres sujets, plus importants », explique la tête de liste André Cherblanc.

Infatigable pilier de Lutte ouvrière (LO) à Brest depuis des lustres, André Cherblanc, 65 ans et les mêmes convictions toujours solidement chevillées au corps, conduit, pour la troisième fois d'affilée, une liste de Lutte ouvrière aux municipales à Brest. En 2008, elle est baptisée « Faire entendre le camp des travailleurs ». Le parti trotskiste avait totalisé un appréciable 4,74 % en 2001, dans la cité du Ponant, mais avait dû se contenter d'un maigrelet 1,65 % en 2008. Pas de quoi décourager le militant et ses camarades : « On ne se présente pas pour le score ! Mais les élections sont un moment privilégié pour exprimer son opinion politique. C'est l'occasion de dire non à tous ceux qui, dans le camp d'en face, s'en prennent aux travailleurs ». Le « camp d'en face », c'est-à-dire « les grands capitalistes qui détiennent la réalité du pouvoir ou les gouvernements qui se succèdent, qu'ils soient de droite sous Sarkozy ou de gauche avec Hollande ».

« Les idées ont besoin d'être visibles »

Lutte ouvrière considère depuis longtemps que la révolution qu'elle appelle de ses voeux ne s'accomplira pas au travers du vote mais que c'est néanmoins là une occasion à ne pas négliger pour faire se faire entendre. « Les idées sont importantes, rien que par leur existence. Mais elles ont besoin d'être visibles. Si les élections permettent la résurgence de celles que nous défendons, tant mieux ! », commente André Cherblanc qui, après des années de luttes et d'engagements, n'a visiblement abandonné ni une once de sa fougue ni un pouce de ses certitudes. La liste « Faire entendre le camp des travailleurs », dont la moyenne d'âge est de 47 ans, est, de loin, la plus « ouvrière » des six qui se présentent à Brest à l'occasion de ces municipales. Pas moins de 20 de ses candidats travaillent ou ont travaillé dans le secteur secondaire. Des candidats qui, souvent, sont bien placés pour savoir ce que signifie jongler avec les petits boulots et les revenus modestes. Sans surprise, l'argumentaire de la liste ne porte pas directement sur les enjeux municipaux : « Tous les grands partis voudraient rester sur des sujets communaux, faire du local. Ça les arrange bien. Nous, on préfère parler de sujets plus importants, particulièrement actuellement avec ce "pacte de responsabilité" qui, au final, ne reviendra qu'à donner encore plus d'argent au patronat. Ça fait deux ans que Hollande est au pouvoir. Il a trompé les électeurs et laissé le chômage exploser. Non seulement, le gouvernement fait cadeau sur cadeau au patronat mais il l'a même aidé à aggraver la compétitivité ! ».

« Nous sommes différents »

Reste qu'en 2008, la présence des listes de Lutte ouvrière et du Parti des travailleurs (environ 4 % à elles deux) avait empêché celle de « gauche radicale » (l'expression consacrée, à l'époque) de « La gauche debout » de franchir les 10 %, ce qui lui aurait permis de se maintenir au second tour et d'obtenir des élus à Brest. En 2014, la présence de LO pourrait porter tort cette fois à la liste « Colère de Brest ! ». Pas de quoi faire sourciller André Cherblanc : « C'est la règle du marché électoral. On exprime chacun des choses différentes. Leur liste est disparate, entre des écologistes gestionnaires, des décroissants, des communistes... Pour quelle politique au final ? Nous sommes différents ». Une différence qui, selon le porte-parole de Lutte ouvrière, est « bien reçue dans les quartiers, comme on le constate à l'occasion des discussions que nous avons depuis deux mois avec les Brestois que nous rencontrons au cours de notre campagne. L'accueil est sympathique et encourageant ».

Le Télégramme de Brest