Lannion (Côtes d'Armor) :  Lutte ouvrière distribue des tracts dans la rue toute l'année

Article de presse
17/03/2014

Réunion de campagne de Lutte ouvrière (LO), un soir, à Savidan.

Trois affiches jaunes sont scotchées au mur : « Lutte ouvrière, contre la bourgeoisie et ses serviteurs politiques, faire entendre le camp des travailleurs. » La table est recouverte d'une nappe rouge. Yann Guéguen lit un discours durant 1 h 30 et dans un grand silence. Ce mutisme n'est pas une consigne, c'est le discours qui intéresse. Il est question de lutte des classes, d'Afrique, du Front national, de réaction, de travailleurs qui se ressaisissent.

À Lannion, comme dans 203 autres communes où il se présente aux municipales, LO ne tient pas de discours adapté au local, même si Yann Guéguen a répondu à nos questions sur Lannion (voir nos précédentes éditions). Ce discours différent est une des marques de fabrique du « petit parti de gauche » qui veut plus convaincre que plaire et s'inscrit dans une démarche historique.

Ce soir-là à Savidan, au moment du débat qui suit le long discours, une employée de l'hôpital témoigne de ses conditions de travail et de la qualité des soins qui se dégradent en raison de restrictions budgétaires. Un moment, un homme maugrée son dépit : « On en distribue des tracts et voyez combien on est, on n'est jamais très nombreux. » Il y a là une trentaine de personnes, dont des colistiers. Yann Guéguen, lui répond : « Oui, mais ce n'est pas grave. Le jour où ça viendra, notre programme sera prêt et nous aurons participé à la prise de conscience. »

À la sortie de la réunion, un participant fait part de ses impressions : « Je suis venu parce que ma femme est sur la liste, je suis aussi déçu des autres partis. J'ai été surpris du discours qui se positionne en contribution d'idées. » Avec tout de même une idée bien arrêtée et martelée par Yann Guéguen : « C'est toujours par les grandes luttes, juin 36, mai 68, que les travailleurs ont gagné. »

Pour faire connaître ses idées, les militants de LO distribuent des tracts régulièrement, et ce même en dehors des périodes électorales. Ils ne donnent pas simplement des tracts, ils cherchent à converser avec les passants. Ces échanges durent parfois longtemps, les jeudis du marché, quai d'Aiguillon. Parfois, c'est plus difficile : un après-midi, à Ker-Uhel, Yann Guéguen arrive avec ses tracts ; tous les jeunes viennent le saluer, « je les connais, je leur ai donné des cours de musique », explique le candidat ; au moment d'engager le dialogue, ils s'en vont : les discours politiques ne les intéressent pas.

Extrait du journal Ouest-France Lannion du 15 mars 2014