Chez Michelin comme ailleurs

Aux travailleurs de mettre les « accords de compétitivité »... à la poubelle !

Brève
06/02/2018

Les ouvriers de Michelin lors d'une manifestation à Bourges

Le journal « Les Echos » annonce que le « pacte d’avenir » signé voici moins de deux ans à l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon en Vendée était suspendu.

Annoncé à l’époque à grand renfort de publicité, la presse présentait la signature d’accords de compétitivité chez Michelin comme un tournant du groupe vers le dialogue social, ce que Macron vantait encore la semaine dernière lors de sa visite dans les usines de Clermont-Ferrand.

Ce soi-disant dialogue social consistait à créer des groupes de travail pour faire des propositions... à la direction ! Evidemment, les dés étaient pipés. La direction faisait miroiter un plan d’investissement, une production qui allait monter en flèche, des créations d’emplois, et surtout que, faute d’accord, tel ou tel site risquait de fermer.

Ce chantage à la fermeture n’avait d’autre but que celui de faire accepter plus de flexibilité. A l’usine de La Roche-sur-Yon, les ouvriers se sont vu imposer des horaires en 4x8, au lieu des 3x8, avec obligation du travail le week-end.

Aujourd’hui, la direction s’asseoit sur sa signature pour ouvrir de nouvelles négociations. Avec quelles menaces à la clé ? Licenciements ? Fermeture de l’usine ? Et en exigeant quels nouveaux sacrifices sur les horaires ou les salaires pour les ouvriers ?

Et que n’entendrait-on pas de sa part, si ce n’était pas elle qui remettait en cause l’accord ?

Il se trouvera sans doute encore cette fois certains représentants syndicaux pour jouer le jeu de la négociation avec la direction et défendre les arguments de celle-ci.

Mais l’objectif des travailleurs, à La Roche comme dans les autres usines du groupe, est de dénoncer à l’avance toute forme de chantage à l’emploi et de s’opposer à toute nouvelle dégradation de leurs conditions de vie et de travail.