Bourges (Cher)

L’accueil des migrants, c’est retour en Italie !

Brève
06/02/2018

Manifestation de demandeurs d'asile

Dans le journal « Le Berry républicain » du 6 février, Mme la Préfète du Cher adresse une lettre ouverte à une habitante de Bourges qui, la veille, avait revendiqué publiquement héberger à son domicile un jeune Guinéen sans papiers et sans statut de réfugié, donc illégalement et qui déclarait : « Le président de la République ne veut plus de SDF dans la rue. Mais en même temps, il fabrique des sans-papiers. Il faut arrêter cette hypocrisie. »

Eh bien, l’hypocrisie n’est pas en voie de s’arrêter. Dans sa lettre, Mme la Préfète renvoie aux accords de Dublin qui stipulent que les demandes d’asile doivent être traitées dans le premier pays d’Europe où les réfugiés sont entrés, l’Italie dans le cas de ce jeune. Mais ce sont précisément ces accords que les travailleurs migrants contestent à juste titre, ce qu’ils ont fait savoir en manifestant jusqu’à la préfecture fin novembre. Aujourd’hui, c’est une nouvelle fin de non-recevoir pour ce jeune alors que le français est sa langue maternelle.

Et Mme la Préfète va jusqu’à écrire : « En l’aidant à se maintenir illégalement en France, vous obligez Mr T. à une vie de “sans papiers”, sans logement, sans emploi ».

Un comble : oser faire porter la responsabilité du sort réservé à ce jeune à la personne qui l’héberge.