Métropole et ville de Tours

Les grévistes peuvent être fiers de leur mouvement

Brève
16/02/2018

Les grévistes devant Citya, 3ème réseau français de l'immobilier, propriété de leur patron, président de Tours-Métropole

Depuis plusieurs années, des agents sont transférés depuis leur commune d’origine vers Tours-Métropole, avec bien des disparités quant aux congés et aux primes. Par souci « d’harmonisation », la direction de la Métropole avait annoncé qu’il n’y aurait désormais plus de congés d’ancienneté. Pour les anciens de Tours, les plus nombreux, cela voulait dire jusqu’à cinq jours de congé en moins.

Lors d’un rassemblement de 800 personnes en heure d’info syndicale, la grève a été décidé. Celle-ci a duré une semaine, du 8 au 15 février. Tous les jours, malgré la neige et le froid, 200 à 300 grévistes se sont retrouvés pour faire le point, discuter de la suite et participer aux actions. Le matin, plusieurs dizaines d’entre eux ont fait des piquets de grève à 5 h et demie à l’entrée des différents dépôts de la collecte des ordures ménagères. Ensuite ils se répartissaient entre la Propreté urbaine et le service des égoutiers.

Lundi, ils sont allés devant le siège de Citya, 3ème réseau français immobilier, dont le propriétaire, Philippe Briand, est en même temps président de Tours-Métropole. Celui-ci est en plus classé par le magazine Challenge comme faisant partie des plus grandes fortunes de France. Que ce soit justement ce propriétaire de grande fortune qui veuille s’en prendre à leurs congés est une véritable provocation pour les agents dont les salaires sont au niveau du Smic ou à peine au-dessus.

Au bout d’une semaine, la direction de la Métropole a reculé : tous les agents de la Métropole ont droit désormais aux cinq jours d’ancienneté. Les agents des 22 communes qui dans l’avenir seront transférés à la Métropole, y auront droit aussi. Une ombre au tableau cependant, les nouveaux embauchés n’y auront plus droit.

À cette annonce, les grévistes rassemblés devant le siège de la Métropole ont discuté ensemble, échangé leurs points de vue. Ils sentaient que pour aller plus loin, obtenir que les nouvelles recrues aient les mêmes avantages, il aurait fallu plus de force, être plus nombreux. Ils ont alors décidé de suspendre la grève.

Le mouvement a changé beaucoup de choses dans les têtes. La résignation a fait place à l’idée qu’on n’est pas obligés de se laisser faire, qu’ensemble on a les moyens de se défendre.